vendredi, janvier 18, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE ! (44)


En  1917, pendant la période révolutionnaire, les Alliés, on le sait, furent partagés entre un espoir et une crainte : d'abord l'espoir que Kérenski restât à leurs côtés dans la guerre; ensuite la  crainte que les Bolcheviques ne signassent une paix séparée, permettant aux Allemands de passer à l'offensive sur le front ouest avec le renfort des troupes rapatriées de l'Est. "Or les Juifs avaient joué un rôle important dans la Révolution. Peut-être pourraient-ils infléchir celle-ci dans un sens favorable à l'Entente, si une contrepartie satisfaisante leur était offerte. Balfour déclarait au mois de mai :"Le judaïsme mondial, généralement froid et même hostile à la cause alliée, renversera son attitude, maintenant que le tsarisme est aboli en Russie, si les Alliés se prononcent en faveur du Sionisme". ("La Déclaration Balfour - J.P. Alem).
"La défection prévisible, puis probable de la Russie, ne pouvait être compensée que par l'entrée en guerre des États-Unis. Mais le Président Wilson répugnait à engager directement son pays dans la tragique aventure européenne. Il fallait, pour vaincre cette répugnance, disposer d'un moyen de persuasion puissant. Balfour pensa que les Juifs pouvaient fort bien constituer ce moyen-là." (idem)
"En ce printemps 1917, d'autre part, l'Angleterre perçut une menace : celle d'être prise de vitesse par son ennemie l'Allemagne, ou son alliée, la France. Berlin intensifiait sa propagande dans les milieux sionistes et multipliait ses interventions en faveur des Juifs de l'Empire ottoman; les conversations de Sokolov (l'un des chefs de l'organisation sioniste venu en Angleterre appuyer les efforts de C. Weizmann) avec des hommes politiques français avaient abouti à des résultats prometteurs. Balfour comprit qu'il était temps de conclure des négociations qui duraient depuis plus de deux ans. Il reçut Lord Rothschild et Weizmann et les invita à lui proposer un texte de déclaration qu'il pût soumettre à son gouvernement".

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE ! (43)


"Ne pouvant aller au-delà d'actions ponctuelles, car la Palestine faisait partie du territoire de la Turquie, qui était leur alliée, les Allemands firent toutefois savoir aux sionistes de Berlin qu'après leur victoire, ils leur donneraient en Palestine un gage de leur bonne volonté.
Au mois de décembre 1915, les représentants de l'Exécutif juif à Berlin exprimèrent leur gratitude au sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères et, désormais, les sionistes allemands et des membres importants de l'Exécutif, dont le Russe Tschenelov, soutinrent la thèse que l'établissement d'un foyer national juif en Palestine ne pourrait être qu'un des éléments, approuvé par tous les belligérants, de la paix négociée.
"La situation aux États-Unis n'était guère plus favorable aux Alliés. Les trois millions de Juifs qui vivaient dans ce pays étaient en majorité d'origine allemande ou russe et donc hostiles à l'Entente. Les 12.000 Sionistes partageaient en majorité ces sentiments... La germanophilie de certains éléments juifs étaient renforcée par l'action du conseiller pour les affaires juives à l'Ambassade d'Allemagne à Washington, Isaac Strauss, qui fonda en 1916 le journal The American Jewish Chronicle. Il est à signaler qu'Isaac Strauss, dont la sincérité ne peut être mise en doute, était membre de l'Organisation sioniste.
Le résultat de tous ces facteurs se résume dans les messages que l'ambassadeur anglais à Washington, Sir Cecil Spring-Race, adressait à son gouvernement : en 1914, la majorité des Juifs américains était pro-allemande".
En 1916, en pleine guerre, les Anglais et les  Français avaient signé un accord secret (les Accords Sykes-Picot) lequel prévoyait qu'à la fin de la guerre, l'Empire ottoman, en particulier la Syrie et l'Irak, serait partagé entre Londres et Paris. Le sort de la Palestine resta en suspens, la France "gardienne des Lieux saints" comptant bien imposer un condominium avec l'Angleterre. La Russie et l'Italie espéraient également y avoir leur part. Les britanniques étaient furieux contre leur  représentant, Mark Sykes, qui en bon catholique,  n'avait pas dit NON aux Français. Coûte que coûte, Londres voulait s'emparer du pays pour renforcer son bastion "égyptien" autour du canal de Suez. "Le principe de la création d'un foyer national juif pouvait servir de prétexte à une révision : si les Juifs demandaient - avec la force de persuasion qu'on leur connaissait - que ce foyer fût placé sous la protection de la seule Angleterre, tous les autres compétiteurs seraient évincés". (in "La déclaration Balfour" - J.P. Alem). 

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE ! (42)


1917 fut une année singulière, où trois grands événements survinrent presque simultanément pour renverser le cours de la guerre jusque là favorable aux Empire centraux et à l'Empire ottoman. Le premier est l'entrée en guerre des États-Unis ( 6 avril 1917), le deuxième est la Révolution russe ((février 1917 suivi du putsch d'octobre), le troisième, c'est la fameuse "Déclaration Balfour", du 2 Novembre 1917, en réalité la "lettre ouverte"  adressée par le ministre des Affaires étrangères à Lord Rothschild, celui-ci ayant été choisi par la Fédération sioniste comme étant "le juif le plus universellement connu" afin que chaque juif, où qu'il se trouve, comprenne bien qui était dorénavant leur allié, et qui était leur adversaire ! C'était, en effet, extraordinaire... Voici ce qu'écrit Jean-Pierre Alem dans son ouvrage "La Déclaration Balfour - Aux sources de l'État d'Israël" paru dans la collection poche des éditions Complexe :
"Lorsqu'éclata la Première guerre mondiale, la majorité des Juifs, et même des Juifs sionistes, était favorable à la cause allemande. Les pogromes d'Europe orientale, particulièrement féroces au début du siècle, avaient provoqué la haine des Juifs russes pour le gouvernement du tsar qui les avait tolérés et pour le peuple russe qui les avait perpétrés. Ces Juifs souhaitaient donc la défaite de la Russie, et par conséquent celle de ses Alliés, et par conséquent encore la victoire de l'Allemagne. Ils la souhaitaient et la jugeaient certaine : ils étaient bien placés pour ne pas croire à la légende "du rouleau compresseur russe"; quant aux alliés occidentaux, ils ne leur accordaient pas grand crédit; pour eux, comme l'écrit Weizmann, l'Europe s'arrêtait au Rhin.
"Les Juifs allemands, nombreux et influents, étaient de bons citoyens allemands. Le Q.G. du Comité exécutif Sioniste siégeait à Berlin en 1914, et, même lorsqu'il fut transporté à Copenhague, les relations avec le ministre allemand des affaires étrangères demeurèrent régulières. Le représentant de l'Agence juive à Constantinople avait, quoique étranger, un passeport diplomatique allemand et pouvait utiliser la valise diplomatique allemande. Le gouvernement allemand usa de son crédit auprès du Sultan de Constantinople pour protéger les Juifs de Palestine et évita l'emprisonnement et l'expulsion à plusieurs d'entre eux...
"Ce n'est sans doute pas à l'insu du gouvernement allemand que Kurt Blumenfeld, du Bureau sioniste de Berlin, publia en novembre 1915 un article soulignant l'intérêt pour l'Allemagne et la Turquie de la renaissance d'une vie juive en Palestine. Les Juifs parlant en majorité une langue proche de l'allemand formeraient, dans cette partie du monde, un bastion germano-turc face au bastion anglais d'Égypte..." suivra
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ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (41)


Entre Lénine et Trotski, les divergences étaient considérables. Et pour cause ! La "révolution" de février (1917) avait renversé le tsarisme, et porté au pouvoir Kérenski, un représentant de la bourgeoisie, favorable à la poursuite de la guerre contre l'Allemagne. Les Allemands prirent contact avec Lénine, réfugié en Suisse, et lui proposèrent un marché : on vous aide à rentrer en Russie, et à prendre le pouvoir, et en échange vous signez avec nous une "paix immédiate" qui nous permettra de ramener toutes nos troupes du front est sur le front ouest. Lénine accepta, et avec quelques autres, traversa l'Allemagne dans un "train plombé" (!) mis à sa disposition par le Kaiser, chargé en outre "d'un trésor de guerre" nécessaire pour financer son" coup d'État" (notamment acheter des officiers de l'ex-armée impériale). Tout se passa comme prévu, malgré l'opposition de Trotski favorable "à une guerre révolutionnaire"...
"Le traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918) était désastreux pour la Russie, qui perdait toute la Pologne, la Lituanie, les pays Baltes, cédait Batoun, Kars et Ardahan à la Turquie, reconnaissait l'indépendance de la Finlande et de l'Ukraine, se voyait ainsi privée de 90% de sa production houillère, de 70% de sa métallurgie, de 55% de ses richesses agricoles. L'œuvre menée depuis trois siècles par les tsars semblait anéantie et la Russie des soviets était désormais, en Europe, plus petite que la Moscovie à l'avènement d'Ivan le Terrible".
"Cette paix, qui permettait à quarante divisions austro-allemandes d'être distraites du front oriental et dirigées vers l'Ouest, fut naturellement regardée comme une trahison par les Alliés, qui allaient désormais apporter leur soutien à toutes les forces contre-révolutionnaires. La révolution d'Octobre avait d'ailleurs provoqué une stupeur en Occident, où elle était unanimement dénoncée. Fidèle à son radicalisme, Lénine semblait tourner le dos au reste du monde. Le transfert de la capitale à Moscou (12 mars 1918) parut, aux yeux de l'Occident, le symbole d'une régression de la Russie. (in le petit Mourre). suivra

jeudi, janvier 17, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (40)


Le 16 août 1903, Londres offre officiellement l'Ouganda à Theodor Herzl ! Le 23 août s'ouvre à Bâle le VIe Congrès sioniste, et c'est son ami et "bras droit" Max Nordau, un Autrichien comme lui, qui est chargé d'en faire l'annonce aux congressistes, incrédules... et bientôt révoltés ! Naturellement, ce sont les Russes et les Allemands qui sont le plus démontés, et révulsés. Herzl intervient lui-même et propose l'envoi d'une mission d'étude dans la colonie britannique pour calmer les esprits. Sa motion est adoptée par 292 voix contre 176 et 143 abstentions... Mais les opposants ne désarment pas, et finissent par quitter la salle. Herzl tente de les faire revenir. Alors une étudiante russe lui lance dans un silence glacial :" Monsieur le Président, vous êtes un traître !". "Traître ! traître !" Le mot, repris en écho par quelques opposants, fait blêmir le visage d'Herzl, déjà miné par la maladie (in "le siècle d'Israël", page 127). 
Cardiaque et syphilitique, le "fondateur" du sionisme, mourra l'année suivante à quarante quatre ans. Au congrès suivant, le 7e, en 1905, le "projet Ouganda" est unanimement rejeté. La présidence du mouvement reviendra ensuite à des allemands : Wolffsohn, Warburg... Mais un "Anglais", Chaïm Weizmann, originaire de Biélorussie, qui a fait ses études (de chimiste) en Allemagne et en Suisse, naturalisé anglais en 1910, a eu le temps de dire à Herzl, l'année précédente :" Je vote contre le projet Ouganda bien qu'il soit "anglais", parce que je suis convaincu que c'est l'Angleterre qui nous donnera la Palestine... lorsqu'elle aura besoin de nous !" Weizmann a deviné que dans un futur proche un vaste conflit opposera l'Allemagne à l'Angleterre et que, de même qu'elle eut besoin des Rothschild pour vaincre Napoléon, elle devra faire alliance avec la finance juive pour briser l'Allemagne ! L'empire ottoman sombrera, corps et biens en Méditerranée et au Moyen-Orient, la place sera libre pour y installer "les petits juifs" d'Europe de l'Est, en Palestine même ! "Patience, sa Majesté finira par venir manger dans notre main !"
Weizmann n'avait pas tort... Il n'est pas question ici de dresser l'historique de la 1ère guerre mondiale (14-18). Simplement, on se rend compte que c'est bien l'année 1917 qui fut décisive, aussi bien dans l'Empire ottoman où les Arabes et les sionistes, forts d'une "double promesse" (intenable évidemment), furent utilisés contre le Sultan de Constantinople, qu'en Russie où un putsch (dont Trotski fut le maître d'œuvre) aboutit, sur la directive de Lénine, au retrait de la Russie de la guerre,  permettant ainsi  à l'état-major allemand de lancer une vaste offensive sur le front français... suivra
  

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (39)


Ainsi, on voit fort bien que les juifs du continent sont devenus une puissance politique, et plus seulement financière, et que si, par malheur, ils font alliance, d'une part avec l'Allemagne, en réussissant à lui adjoindre la Russie au sein d'un ensemble socialiste, d'autre part avec l'Amérique du Nord comme du Sud (où le financier franco-bavarois Maurice de Hirsch expédie les juifs de l'Est vers l'Argentine !) l'Angleterre y perdrait son Empire pour se retrouver assiégée, dans son île, comme elle le fut face à Napoléon au temps du blocus ! L'alerte est venue... de l'Alaska, lorsque le tsar Alexandre II, vendit cette immense territoire aux Américains en 1867 pour sept millions de dollars. Craignant une attaque britannique, en provenance du Canada (la Russie et l'Angleterre sont en conflit ouvert en Afghanistan !) le tsar, fauché comme les blés, fait une offre... aux États-Unis, et le secrétaire d'État américain, William Seward, déclare "qu'il paraît judicieux d'aider la Russie contre l'Angleterre" en rappelant que durant la "guerre de sécession"  qui vient de s'achever (1861-1865), la Russie avait été un "allié de valeur" tandis que l'Angleterre avait "presque ouvertement soutenu l'ennemi". L'ex-colonie "américaine" avait désormais sa propre ambition qui ne coïncidait plus forcément avec celle de l'ex-métropole...

Au tournant du siècle, l'Angleterre va se creuser les méninges 1) pour isoler l'Allemagne (en dressant contre elle la France et la Russie 2) pour séparer les juifs d'un pays dynamique, qui ne cachait plus ses ambitions mondiales avec Guillaume II.
On sait comment Édouard VII, le fils aîné de la reine Victoria, a procédé avec la France pour la retourner (comme une crêpe) - en 1904 ! Mais les juifs, c'est une autre affaire ! Ils sont Allemands (ashkénaze signifie allemand), leur patrie, au centre du continent, pète le feu, et l'Empereur Guillaume II, ce cher Guillaume, accorde toute sa "sympathie au projet de Monsieur Herzl" ! Au contraire, en Russie on y déplore des pogroms, et la France verse dans un antisémitisme primaire en accusant ce  pauvre Dreyfus de trahir au profit de l'Allemagne ! C'est un fait : en Russie, les juifs sont anti-tsaristes; ils ont créé un parti, le Bund (1897) qui revendique des droits égaux pour les juifs, et l'année suivante, à Minsk,  participent à la création du parti social-démocrate; aux États-Unis, ils organisent, pendant et après le procès Dreyfus, des manifestations anti-françaises, soutenus par l'Ambassade d'Allemagne !
Mais une opportunité, qu'elle va s'empresser de saisir, s'offre à l'Angleterre : après le refus du Sultan de lui vendre la Terre sainte, Herzl se sent désemparé; il ne sait pas comment annoncer son échec au prochain Congrès sioniste qui va se tenir à Bâle, où il a lieu chaque année depuis 1897.  Il retourne en Angleterre, y rencontre Lord Nathaniel Rothschild, le chef de la branche anglaise qui l'introduit dans les sphères gouvernementales, et lui obtient notamment un entretien avec Joseph Chamberlain, le secrétaire d'État aux colonies, champion de l'impérialisme britannique... Après avoir espéré en vain des réponses favorables pour des territoires proches de la Palestine (El Arich, Chypre, le Sinaï) longues à lui parvenir pour cause d'enquêtes diligentées par Chamberlain, celui-ci, au retour d'un voyage en Afrique, le reçoit une nouvelle fois le 23 avril 1903 :
- J'y ai vu, lui dit-il, un pays qui pourrait mieux  convenir à votre entreprise : c'est l'Ouganda. A l'intérieur, le climat y est excellent, même pour   des Européens. On peut y cultiver le sucre et le coton. Je me suis dit : voilà une terre pour le Dr Herzl... (in "le siècle d'Israël", page 116).

L'Ouganda ! Comment va réagir le mouvement sioniste ? Theodor n'en dort plus. Sa Majesté britannique, l'Empire britannique !, le considère déjà comme un Chef d'État ! Comme un  autre Sir Cecil Rhodes, cet illustre colonisateur britannique (qui vient de disparaître - 1902) et qui rêvait de relier toute l'Afrique orientale, du Cap au Caire... via l'Ouganda ! Se voit-il déjà  dans la peau d'un Disraeli, ce Premier Ministre qui a fait proclamer la Reine Victoria "impératrice des Indes" (en 1876), laquelle vient également de disparaître (1901), après avoir régné sur l'Empire depuis 1837 - un long règne qui a marqué l'apogée de la puissance mondiale de l'Angleterre, et qui  incarne -   plus que jamais - la domination de l'homme blanc sur le monde, cet "homme blanc" (en particulier celui des "Cinq Nations" britanniques) qui doit apporter, selon Rudyard Kipling, la civilisation aux "Autres" ! 
  

mercredi, janvier 16, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (38)


Pour Marx, les juifs n'ont pas intérêt à choisir une Nation, surtout pas l'Allemagne ! Bizarrement il ne pense pas aux États-Unis. Certes, lorsqu'il publie son Manifeste en 1848, les révolutions "nationales" se déroulent en Europe, les États-Unis sortent d'une guerre contre le Mexique, et partent à la conquête de l'Ouest. C'est sa première erreur : il ne prévoit pas la prodigieuse ascension de la nouvelle puissance américaine ! En cela, c'est bien un Européen, mi-anglais, mi-allemand, assis, pourrait-on dire, le cul entre deux chaises. Il ne voit que l'Allemagne en train de s'unifier, et les "masses juives" au sein de l'Empire tsariste, prolongement, pense-t-il de la puissante communauté juive d'Allemagne. Il ne se doute pas, semble-t-il, que ces "juifs" de l'Est ne sont pas plus juifs que le Pape ! (Il faudra attendre la fin du siècle pour que des chercheurs, juifs, s'interrogent sur l'origine de ces "juifs" du yiddishland... de purs aryens venus du Caucase !). Ce qui est sûr, c'est que les rabbins "polonais" ne veulent pas entendre parler d'intégration (ils sont à l'intérieur de l'Empire tsariste). 
Pour Marx, la solution qui s'impose (pour apporter une solution à la "question juive") c'est que les juifs  deviennent tout simplement les propagandistes d'une révolution conduisant au "communisme" sans classes, sans État, sans Nations. Mais, pour arracher les jeunes juifs aux rabbins et à leur religion "exclusive" (élitiste), il faut leur tenir un langage religieux : opposer à leur religion une autre religion - le communisme ! Tout en condamnant la religion  "opium du peuple" ! Mais les juifs ne sont qu'une petite minorité, il faut mettre des "masses" en mouvement. Mais où sont-elles ces masses ? Chez les paysans ? Non, la révolution industrielle est en train de les arracher à leurs terres pour en faire des ouvriers. Lui va en faire des "prolétaires", c'est-à-dire des hommes et des femmes qui n'ont pour vivre que leur force de travail qu'ils doivent vendre aux capitalistes contre un salaire. Cette "classe ouvrière", qui n'a pas de patrie (tiens, tiens !) a une mission, et ce sont les "révolutionnaires professionnels" qui vont devoir lui apporter sa "conscience de classe". C'est absolument, totalement une entreprise d'inspiration religieuse. Et c'est pourquoi juifs, chrétiens, athées, vont se retrouver ensemble, communier dans un mouvement "communiste" qui va rebâtir un monde juste et donnera naissance à un homme nouveau : la classe ouvrière, terre de mission  ! Marx ne s'est pas trompé : les jeunes rabbins, bientôt suivis par des prêtres "anti-capitalistes" vont se transformer en "missionnaires" et prôner la dictature du prolétariat acceptant même cette effroyable règle "la fin justifie les moyens"...
Marx va lui-même fonder la Ière Internationale à Londres en 1864. Quelques sections vont se constituer en Europe, mais  alors qu'elle combat la guerre, toutes les guerres, dans celle qui va opposer la France à l'Allemagne en 1870, elle se prononcera... en faveur de l'Allemagne "sous prétexte que celle-ci menait une guerre de défense contre une agression" ! La IIe Internationale, bien que fondée à Paris en 1889,  passera rapidement sous le contrôle du puissant parti social-démocrate allemand. Et re-belote : en 1914, les ouvriers allemands, comme les autres, gagnèrent les casernes en chantant... pour aller combattre le "méchant d'en face". L'internationalisme ne résista pas au patriotisme allemand... suivra  

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (37)


En découvrant le rôle majeur joué par la finance juive dans l'expansion du capitalisme au 19e siècle, Karl Marx et son ami Engels en redoutent les conséquences pour les juifs eux-mêmes, le capitalisme primitif s'imposant par une exploitation brutale des masses paysannes jetées sur les chantiers, dans les mines et autres manufactures. Déjà, sous le régime féodal, les paysans, en temps de crise, s'en prenaient aux propriétaires terriens qui détournaient leur colère contre les usuriers "juifs". Cette fois, la révolution industrielle affirmait le triomphe juif dans le cadre du capitalisme ! Comment éviter un nouveau mouvement populaire anti-juif ? Car, inévitablement les théoriciens du socialisme qui se multiplient tout au long du 19e siècle, développent une idéologie fortement "antisémite", à tel point que certains d'entre eux vont jusqu'à confondre leur combat dans une double dénonciation, celle de l'argent juif, et  celle de l'argent tout court ! En Allemagne, Ferdinand Lassalle, pourtant juif, ne dissimule pas son "antisémitisme" ! Marx va encore plus loin : il qualifie, on l'a vu, le judaïsme  de "religion de l'argent" ! 
Un autre danger se présente : les juifs allemands sont de plus en plus tentés de s'intégrer dans cette Allemagne flamboyante et victorieuse, bâtie par un Bismarck, dont le banquier personnel n'est  autre que l'un des leurs, ce Bleichröder qui a su le conseiller lors de la réalisation de l'unité des États allemands au moyen d'une Union douanière (zollverein), une sorte de "marché commun" qui a assuré le triomphe de la Prusse contre l'Autriche et la France, bastions du catholicisme en Europe ! Marx sait que l'Angleterre, après Napoléon, ne tolérera pas qu'une nouvelle puissance continentale lui dispute son leadership désormais affirmé sur la terre entière ! Et il n'ignore pas que les juifs sont enclins à être tout naturellement supra-nationaux, qu'ils sont, au fond, "mondialistes", et que cette nouvelle puissance au cœur de l'Europe pourrait bien les assimiler ! Des juifs éminents d'ailleurs préconisent un syncrétisme judeo-chrétien dans le protestantisme allemand ! Tout comme Bismarck, il devine une brutale réaction anglaise qui saura peut-être même, qui sait ?, non seulement mobiliser l'Europe tout entière contre l'Allemagne, mais adjoindre dans sa coalition anti-allemande  la nouvelle puissance américaine ! Installé à Londres,  Marx pressent un nouveau conflit "napoléonien" opposant cette fois les deux puissances "germaniques"... suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (36)


Une franc-maçonnerie activiste dans quasiment tous les pays ? Pourquoi se demandera le citoyen lambda ? Tout simplement, parce que l'Angleterre est parvenue à constituer le plus vaste empire colonial de tous les temps, et qu'elle a besoin pour étendre et conforter son influence, d'un relais politique. Elle n'a accouché ni d'une idéologie (donc pas de parti-relais supra-national), ni d'aucune religion (son Église anglicane n'est guère exportable !). Elle va par conséquent "tenir" ses possessions coloniales par des réseaux regroupant des personnes ou des groupes influents dans les pays "dominés" ou potentiellement adverses : la franc-maçonnerie devient donc son bras "occulte" - à Moscou, à Paris, à Pékin, à Tokio, et même à Washington où cependant, elle deviendra vite américaine, en raison de la montée en puissance  de ce nouveau pays qui ne tardera pas à supplanter les "anciens" pays européens. 
Mais la révolution industrielle, on l'a vu, dont la conséquence première est l'unification des États allemands dans une seule Nation, a pour résultat de libérer et d'émanciper les communautés juives en Europe - qui n'ont ni patrie ni État- mais dont la dispersion favorise l'activité commerciale et "communicante". Implantées dans tous les pays en cours d'industrialisation, donc dominants, ces communautés, qui n'ont pas de droits politiques dans un monde chrétien, vont s'efforcer tout au long du 19e siècle, de résoudre "leur" problème, car le "problème juif", c'est d'abord le problème des juifs ! Au sein du monde féodal, ils sont devenus les financiers des monarques et autres grands chefs féodaux. D'où le fameux constat de Marx : le judaïsme est la religion de l'argent ! Sans doute faudrait-il remonter plus loin, jusqu'au delta du Nil, mais ça n'est pas l'objet de ce petit livre !  Voici les juifs contraints de choisir une Nation ! Le premier pays à leur accorder les mêmes droits politiques qu'aux autres citoyens, ce sont les États-Unis, dès la Déclaration d'indépendance de 1776... En Europe, en revanche, leur émancipation politique est plus lente, alors que le 19e siècle est  - financièrement- le siècle des Rothschild ! Ils seront nombreux à participer aux grands mouvements révolutionnaires de 1848. Beaucoup préféreront convertir leurs enfants au christianisme, choisissant alors la voie de l'assimilation totale, (notamment dans les pays protestants). Ce fut le cas, en Allemagne, entre autres, des familles de Heinrich Heine, Karl Marx, Julius Stahl, en Angleterre de Disraeli... Avec Marx, un autre juif, Ferdinand Lassalle occupe un rôle majeur dans la "fabrication" du socialisme en Allemagne. En 1863, il fonde l'Union générale des ouvriers allemands, premier grand parti socialiste d'Europe. En 1875, au congrès de Gotha, lassalliens et marxistes, dont les thèses étaient cependant assez éloignées, se réunirent pour fonder le parti socialiste allemand, le plus influent d'Europe. 
C'est que l'Allemagne, nouvelle Nation au cœur de l'Europe, en pleine ascension, montait par la force des choses "à la tête" des juifs de ce pays, fiers de lui appartenir. Si bien que se dessinait une formidable alliance (économique et politique) entre les deux pays les plus dynamiques d'Occident, les États-Unis d'Amérique et la nouvelle Allemagne dont Bismarck était le champion, une alliance dont les juifs, avec leurs fabuleux financiers (germano-américains) constituaient le lien le plus puissant. D'autant que les deux pays s'affirmaient "anti-colonialistes" (anti-européens par conséquent, c'est-à-dire anti-britanniques, anti-français etc.). Les Américains s'opposaient, à ce moment-là, de toutes leurs forces au projet des Français de construire le canal de Panama, sur le modèle du canal de Suez, tandis que Bismarck imposait son "arbitrage" à toute l'Europe. Alors, les banques protestantes alimentèrent aux États-Unis une campagne  "antisémite" en pleine émigration allemande (fin du 19e siècle), au même moment l'Affaire Dreyfus, en France, dressait l'opinion contre  les juifs et l'Allemagne ! Si bien, et cela nous surprend aujourd'hui !, qu'au début du XXe siècle l'Allemagne apparaît comme la grande protectrice des Juifs, et l'alliée principale des États-Unis d'Amérique ! Mais peut-être ceci explique-t-il cela? (La décision outre-manche de mettre fin à des siècles de conflit... avec la France !) suivra  
 

mardi, janvier 15, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (35)



L'anecdote a peut-être le mérite de révéler en quelques mots l'une des causes, sinon la cause du ratage historique commis à l'orée du XXe siècle , que nous n'avons toujours pas su corriger, si l'on en juge par les péripéties de notre diplomatie et de nos engagements militaires, tant en Libye qu'au Mali !
Et pourtant ! La franc-maçonnerie est bourrée de "bonnes intentions", mais elle a fini par être annexée  par l'Angleterre qui l'utilise pour défendre ses intérêts exclusifs... En sont-ils conscients à Paris ? Pourquoi l'aveuglement de nos dirigeants qui se laissent mener par le bout du nez au point de mettre notre pays au service de l'impérialisme britannique ? Parce que, comme l'a constaté mon père "Ils ne font que bouffer du curé là-dedans" ! Dans leur combat contre l'Église catholique et le Vatican, il leur faut des alliés, et le principal d'entre eux est à Londres ! Leur "république", difficilement imposée dans les années 70-80, toujours menacée d'une restauration monarchique ou bonapartiste, est complètement isolée en Europe : tous les autres pays, sur le continent, ont des régimes monarchiques ! Berlin, Rome, Madrid sont anti-républicains. Ils ont fait alliance avec le tsar de toutes les Russies, eux les Républicains, dès 1892, accueilli l'année suivante la flotte russe à Toulon, enfin le tsar lui-même Nicolas II à Paris, en 1896, par hostilité à l'Allemagne bien sûr (Alsace-Lorraine oblige). 
L'année 1898 fut une année décisive. Non seulement Guillaume II affirmait le "rêve allemand" (weltpolitik) jusqu'en Palestine, mais à Fachoda au Soudan, le capitaine Marchand avait devancé Kitchener, à la tête de 20.000 anglo-égyptiens, et Londres exigeait le rappel de Marchand par Paris. Une explosion de haine souleva l'opinion en France contre l'Angleterre, et nous fûmes à deux doigts d'entrer en guerre contre la "perfide" Albion, d'autant qu'au Transvaal les Anglais étaient en butte à la révolte des Boers ! Ce qui avait entraîné une alliance de fait entre la France et l'Allemagne, et le ministre français des Affaires étrangères, Gabriel Hanoteaux, non seulement apportait son soutien au capitaine Marchand, mais prônait un rapprochement diplomatique avec l'Allemagne !
Imaginez la hantise du gouvernement de Londres ! Et la "mise en action" d'une franc-maçonnerie entièrement mobilisée contre cette perspective désastreuse pour l'Angleterre. Hanoteaux fut éliminé et remplacé par un politicien "radical" (suivez mon regard) de l'Ariège, Théophile Delcassé, et celui-ci, malgré l'hostilité de l'opinion, donna entière satisfaction à Londres ! En échange, les Français allaient obtenir, en 1904, non seulement le Maroc que convoitait également Guillaume II, laissant l'Égypte et son canal aux Anglais, mais, dans le domaine intérieur, nos gouvernants pouvaient voter, en 1905, la loi séparant l'Église (catholique) de l'État, ce qui n'était pas pour déplaire au gouvernement (protestant) de Londres confronté durant tout le siècle à la révolte (catholique) des Irlandais ! L'Entente "cordiale" était dirigée non seulement contre l'Allemagne, mais contre le catholicisme partout dans le monde : tout comme au Canada où les catholiques se voyaient priver de tout soutien français. En 1904, nos "chers frères", par haine de l'Église ("ils ne font que bouffer du curé là-dedans") ont bien mis la France au service de l'Angleterre, "à l'insu de leur plein gré", si j'ose dire. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (34)


J'aimerais comprendre ce grand ratage du XXe siècle, spectaculaire, qui nous interpelle, spécialement nous, Français. En 1898, un jeune homme de vingt ans (mon père), a vu  l'Empereur d'Allemagne, Guillaume II, faire son entrée dans Jérusalem, à la tête d'un splendide attelage, par la porte de Jaffa ouverte par les Ottomans, les occupants alors de la grande Syrie. Venant de Constantinople, via Damas, l'Empereur, l'allié du Sultan, est entré à cheval dans Jérusalem comme un conquérant. Son voyage en Terre sainte a été préparé et organisé par Thomas Cook, le petit-fils du fondateur de la célèbre agence  Cook ! A cette occasion, le Sultan a programmé de grands travaux, dont la construction d'une monumentale gare à Jérusalem. (L'année suivante, les Allemands obtiendront le contrat pour réaliser la ligne de chemin de fer reliant Bagdad à Berlin !). Le retentissement de ce voyage est immense, dans la région comme en Europe. Les Français ont construit le canal de Suez, inauguré en 1869 par l'impératrice des Français, Eugénie de Montijo. Voici le train ! Bientôt le pétrole... Et Theodor Herzl que l'Empereur reçoit publiquement en prenant soin toutefois de ne rien officialiser. Prend-t-il conscience de la complexité du problème ? Que les Anglais vont inévitablement réagir ? Que les Arabes veulent s'émanciper du "joug" ottoman ? Sans doute préférerait-il qu'Herzl négocie sa Chartered Company avec le Sultan, sans compromettre son prestige que le voyage a renforcé auprès des uns et des autres...
C'est au lendemain de cette chevauchée impériale allemande que mon père débarque à Paris. Il vient  en France poursuivre ses études commencées à Antoura,  le premier établissement d'enseignement français fondé en 1834 par les Jésuites, dans la montagne libanaise, à 20km de Beyrouth. Les Jésuites ont un établissement à Gentilly, en région parisienne, où il sera pensionnaire. Il est fasciné par Paris, ville-lumière, la Seine, Notre-Dame, la Tour Eiffel ! Il éprouve physiquement l'impression d'entrer dans le XXe siècle, tandis que ses parents, restés à Saint-Jean d'Acre, dans l'Empire ottoman, vivent encore au Moyen-Âge... Comment atterrit-il sur les bords de Seine, avenue de Versailles, chez de bons bourgeois, les Crié, originaires du Mans, et dont le chef de famille est le directeur d'une société de transports urbains (l'ancêtre de la RATP !), en ce temps-là des calèches tirées par des chevaux qui sillonnent la Ville-Lumière, mais où apparaissent les premières lignes du tramway et bientôt le métro que l'ingénieur breton, Fulgence Bienvenüe, le bien-nommé, entreprend de creuser sous la Seine ! Sans doute sont-ils allés en Terre sainte où ils ont fait la connaissance de ses parents, chargés d'accueillir les pèlerins à Saint-Jean d'Acre ? En tout cas, devant ce jeune homme instruit et ambitieux, M. Crié lui dit, tout de go :"
- Jeune homme, si vous voulez servir efficacement votre pays (la Syrie), il vous faut adhérer à la franc-maçonnerie. Ils en sont tous, du Président de la République au garde-champêtre de Pougastel-Daoulas ! (c'est moi qui cite "Plougastel-Daoulas" ! C'est le moment, en effet, où culmine en Bretagne l'affrontement entre les deux écoles, la laïque et la religieuse. La franc-maçonnerie, qui a pris le pouvoir à Paris,  a fait de l'école son champ de bataille dans l'Ouest).
Le jeune homme adhère, parrainé par son puissant mentor... et il en ressortira en courant six mois plus tard en marmonnant :"Ils ne font que bouffer du curé là-dedans..." (C'est ma mère qui me l'a raconté). suivra

lundi, janvier 14, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (33)


1900 - l'entrée dans le 20e siècle - a vu, contrairement aux "prévisionnistes heureux", l'avènement du siècle "le plus terrible de l'histoire", le siècle de la Guerre Mondiale qui se poursuit de nos jours - jusqu'à l'extinction de l'espèce humaine ? Il n 'est pas impossible que nous soyons les derniers représentants de l'espèce humaine, je veux dire, de l'homme humain, les autres, nos descendants devenant peu à peu, mais de plus en plus rapidement, à l'issue d'une 3e guerre mondiale, ou avant ?, des hommes robotisés  - l'homme robot - fabriqués sur commande et vendus à crédit par des laboratoires agréés... Ces êtres-là, pour moi, ne seront plus des hommes comme nous l'avons été, et le sommes encore. Ils seront différents, autres, peut-être s'en iront-ils, à bord d'avions-fusées, à la découverte de l'infini, de grain de sable en grain de sable, que nous appelons, nous, pompeusement "planète"... Leur destin, à vrai dire, ne m'intéresse pas ! Je m'en fous de savoir comment ils vivront, et ce qu'ils feront... Leur finalité ? Le néant...
Non, ce qui m'intéresse, moi, et ceux qui m'entourent, s'ils se posent les mêmes questions, c'est le devenir de cette planète-ci, que nous habitons, et que nous aimons un peu comme une patrie... En quoi pouvons-nous la servir ? Peut-elle devenir, sinon un paradis, du moins un havre de paix, où il fait bon vivre, où tout le monde, indépendamment de la couleur de sa peau, ou de    ses convictions, religieuses ou non, trouve sa place, le temps... de faire connaissance, avant de s'en aller, l'esprit apaisé, et sans regret excessif... Est-ce  possible ? N'est-ce pas le seul et vrai défi qu'il faille tenter de relever ?
Vous allez me dire "Oh, là, nous sommes bien loin de nos préoccupations terriennes, je veux dire prosaïques, banales, quotidiennes, hollandaises, pour tout dire ! Même si ce françois-là n'est pas le capitaine Flanby d'un pédalo corrézien qui a appris à scander :" La Corrèze avant le Mali" ! Et pourtant, il faut bien se poser des questions si nous ne voulons pas finir idiots !

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (32)


Avec le recul (qui ouvre souvent les yeux des historiens, soumis, comme nous tous, aux influences dominantes du moment), l'URSS et le communisme ayant disparu, il nous faut bien essayer de comprendre un siècle... qui fut celui de l'expansion de l'URSS et du communisme, avant leur disparition soudaine (en 1991) ! 
Voici mon avis, et je sais qu'il va surprendre ! Même si de Gaulle a émis ce jugement qui nous paraît très juste :" la Russie boira le communisme comme le papier buvard boit l'encre" et l'on sait - ce qui faisait rire les "grands experts" du Quai d'Orsay - qu'il s'obstinait à nommer Russie un pays que nos experts appelaient "Union soviétique" ! 
En fait, nous voyons très bien qu'au tournant du siècle (19e/20e) la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon font problème... aux Anglais et aux Américains, alliés et concurrents, les uns soucieux de maintenir leur Empire colonial mondial, les autres de conquérir de vastes marchés pour écouler leurs marchandises qu'il leur faut imposer au détriment de ceux produits par la "vieille" Europe encore industrielle (Allemagne, France, Italie...) 
Ce qui est également remarquable, c'est le rôle joué par la franc-maçonnerie devenue, à l'instigation de l'Angleterre, l'instrument N°1 de ses grandes manœuvres à l'échelle mondiale. Son Chef, le Roi Edouard VII, dont le neveu (Guillaume II) ne cache plus ses ambitions mondiales à Berlin, vient à Paris séduire nos "républicains" par des pitreries et des bons mots tellement "parisiens"  que nos "républicains" en viennent à crier "Vive le Roi", le soir de sa réception à la Comédie française ! 
Ainsi "l'entente cordiale" (sic) est-elle signée en 1904 par des "francs-macs" bien de chez nous, et le Japon est-il incité l'année suivante à agresser la Russie en coulant dans la rade de Port Arthur sept bâtiments russes, sans déclaration de guerre ! C'est que la Russie tsariste, après la construction du transsibérien, et son installation à Port Arthur, atteint le Pacifique, chasse gardée des Japonais et des Anglo-Américains ! Dans le même temps, aux États-Unis, de puissants banquiers juifs d'origine allemande sont entrés en conflit  avec les banques protestantes, dont la célèbre banque Morgan. L'un d'eux, Jacob Schiff, qui a réussi l'union de deux banques d'affaires les plus renommées au monde, d'un côté et de l'autre de l'Atlantique, Kuhn Loeb et Warburg, a fondé de nombreuses associations  d'entraide juive. Voici ce que Jacques Attali écrit dans son livre, fort intéressant, à propos de Schiff, ("les Juifs, le monde et l'argent"- éditions Fayard, page 444) :" Mais l'essentiel de son combat concerne le sort des Juifs russes : en 1905, après un pogrom à Odessa, il obtient que le président Théodore Roosevelt proteste solennellement auprès du tsar - en vain."
" C'est alors que le Japon, frustré de ses conquêtes en Chine, attaque la Russie. Si, à la stupeur des Européens et des Américains, l'Empire du soleil levant se révèle être une puissance militaire moderne, il ne peut battre l'armée tsariste sans acheter des armes. Schiff accepte alors d'organiser pour lui un colossal emprunt de 200 millions de dollars. Il obtint le soutien des Warburg et des Morgan. Le placement est difficile, mais Jacob le réussit. Au même moment, il refuse de participer à un prêt organisé à Wall Street pour le compte de la France, car il craint que cet argent n'aille en définitive aux Russes, très emprunteurs à Paris à cette époque. La colère russe contre les financiers américains ne fait qu'aggraver les pogroms. Le 11 juillet 1906, alors que la guerre tourne à son avantage, le Japon lance à Londres un nouvel emprunt de 30 millions de livres sterling. Kuhn Loeb, à New York, et MM. Warburg, à Hambourg, le placent dans plusieurs autres banques. Cette fois, la demande est dix fois supérieure à l'offre : le sort des armes ne fait plus de doute."
"La victoire du Japon est bientôt totale... Max Warburg et Jacob Schiff deviennent alors les financiers attitrés du Japon. Schiff effectue même un voyage triomphal dans l'archipel, à la grande fureur des Russes..." (Je signale que des  chercheurs - "antisémites" bien entendu -  ont prétendu que Schiff avait reçu Trotski et financé la "révolution" en Russie). Néanmoins, il est avéré que la franc-maçonnerie et la finance juive ont déployé - autour de 1900 - ce que l'on peut appeler une intense "activité"... Pour en terminer avec Jacob Schiff, il est également établi qu'il nourrissait le projet de faire venir aux États-Unis les "petits juifs" de Russie. Avait-il en tête un "État juif" aux States, comme d'autre rêvaient (et rêvent encore) d'un État "noir" ? C'est probable... suivra

dimanche, janvier 13, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (31)


"La croissance continue des exportations allemandes obligeait l'Allemagne à avoir enfin une politique navale :" Notre avenir est sur l'eau" proclamait Guillaume II, en 1898, et les diverses lois navales obtenues par l'Amiral Tirpitz entre 1898 et 1908 engagèrent le Reich dans une course aux armements maritimes qui effraya justement la Grande-Bretagne et poussa celle-ci à se rapprocher de la France". 
Et nous voici revenus en 1898, à Constantinople où Guillaume II, en route vers la Terre sainte, reçoit Theodor Herzl, la veille de son entretien avec le Sultan.
- Mais dites-moi d'un mot ce que je dois lui demander.
- Une Chartered Company sous protectorat allemand.
- Bien, bien, une Société reconnue par une Charte... Communiquez, avant notre départ demain pour la Palestine, un mémoire à Bülow. (in  le Siècle d'Israël - page 105).
Une Charte ! On a vu que la colonisation s'exerçait depuis deux siècles par l'entremise de Chartes accordées à de grandes Compagnies privées, telle que la Compagnie des Indes, et que l'Allemagne de Guillaume II s'était mise, depuis une vingtaine d'années, à acheter des "colonies" à tour de bras, toutes les terres étant déjà entre les mains des autres puissances ! Le Sultan étant ruiné, c'est avec lui que devait se négocier l'achat d'une "terre pour les petits juifs" d'Europe de l'Est - Vos banquiers sont encore plus riches que les nôtres avait lancé Guillaume II à Herzl, pour l'encourager à poursuivre ses démarches auprès de Rothschild, de Hirsch et de quelques autres...
Et l'Empereur qui se doutait bien qu'il se heurterait à l'opposition de la France, "gardienne des Lieux saints", à l'Angleterre bien entendu sur le qui-vive dans la région, et au Vatican qui ne pouvait tout de même pas baptiser un "royaume juif" à Jérusalem !, en froid avec le tsar (qu'il espérait bien neutraliser), était ravi d'apparaître comme un protecteur des juifs au moment où, en Russie, ceux-ci étaient victimes de pogroms, et en France d'une campagne "antisémite" nourrie par l'Affaire Dreyfus ! Ce "projet de Charte", c'était du pain bénit, et arrivait à point nommé pour accroître son emprise sur le Sultan, tombé sous la coupe des Anglo-Français qui venaient de fonder une Banque pour administrer sa "dette" ! 
Ainsi, il nous faut reconnaître en toute honnêteté que l'entreprise de Herzl est apparue dans un contexte hyper-impérialiste et ultra-colonialiste où toutes les grandes puissances sont impliquées et rivales, y compris les États-Unis d'Amérique, et dans le moment où les peuples colonisés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine sont entrés dans un grand mouvement de revendication et de libération nationale en riposte à cette frénésie d'intérêts commerciaux générateurs d'expéditions et autres interventions tous azimuts ! Et dans la période où l'Allemagne se découvre un appétit monstre pour  des colonies ! En 1898,  il n'est nullement question de "shoah" ou de génocide, mais de calculs et d'intérêts commerciaux où sont sollicitées les plus grandes banques de la planète. Un point c'est tout. Telle est la mondialisation en 1900 : une rivalité brutale entre grandes puissances qui s'exerce au détriment des plus faibles. C'est le darwinisme sans aucune entrave appliqué à l'économie ! 

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (31)


Le système hispano-portugais de l'administration directe (d'un territoire) se révélant coûteux (car, aux meilleurs moments, l'Amérique ne fournit jamais plus qu'un quart environ des ressources totales de la couronne espagnole) Anglais, Hollandais, Français recoururent plus volontiers à la formule des compagnies à charte qui, moyennant l'octroi de grands privilèges commerciaux, parfois d'un monopole absolu, assuraient, à l'aide de fonds privés, l'établissement, le peuplement et la mise en valeur d'une colonie. Telles furent, avec quelques autres, les nombreuses Compagnies des Indes... La plus florissante de toutes fut, au XVIIe siècle, la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Au siècle suivant, la Compagnie anglaise des Indes orientales, réorganisée en 1709, s'engagea dans la conquête territoriale de tout le subcontinent indien, qu'elle devait gouverner jusqu'à la révolte des Cipayes (1858). 
L'Allemagne n'entra que tardivement dans la compétition coloniale, et du fait d'initiatives privées, alors que, répétons-le, Bismarck redoutait les entreprises outre-mer, estimant que l'Allemagne n'avait pas une flotte suffisante pour protéger ses colonies, ni une bureaucratie assez souple pour les administrer. Dès 1882, cependant, avait été créée une Ligue coloniale. En 1883, un négociant de Brême (Lüderitz), jeta les bases du Sud-Ouest africain allemand, et, l'année suivante, Karl Peters achetait, pour le compte d'une société allemande, les premiers territoires de l'Afrique-Orientale allemande. La même année, Nachtigal établissait le protectorat allemand sur le Cameroun et le Togo. De même dans le Pacifique, ils achetèrent de nombreuses îles aux Espagnols, entre autres. Ils avaient occupé, on l'a déjà dit, le port chinois de Kiao-tcheou où l'empire mandchou leur accorda un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans...
"Tout changea à l'avènement de Guillaume II (1888/1918) : dès mars 1890, Bismarck dut se retirer et le nouvel empereur, impétueux, romantique, quelque peu déséquilibré, jeta l'Allemagne dans une politique mondiale (Weltpolitik)... L'Allemagne, qui, selon l'expression  de Lénine, était venue s'asseoir à la table capitaliste après que les meilleures places eurent été distribuées, réclamait, par la voix de Bülow (chancelier) sa "place au soleil". suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (30)


On sait que c'est seulement au lendemain de la 2e guerre mondiale que l'Inde, divisée en deux États, accéda à l'indépendance, le 15 août 1947. Ces deux États étaient le Pakistan (musulman) et l'Inde (à majorité hindouiste).
Le partage de l'ancien empire des Indes provoqua des massacres et des transplantations massives de population. Entre 1947 et 1950, 7 millions et demi de musulmans fuirent l'Inde vers le Pakistan, tandis que 10 millions d'hindous et de sikhs se réfugiaient en Inde; la plupart de ces personnes déplacées devaient connaître un sort lamentable. En de nombreuses régions, musulmans et hindous s'entre-tuèrent, et l'on estime à quelque 400.000 morts le bilan du seul été 1947. Gandhi, qui s'était désespérément efforcé d'empêcher la cassure de l'Inde en deux nations ennemies, fut assassiné par un fanatique hindou (30 janv.1948).

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Ce récapitulatif historique n'aura pas été vain, car il nous permet de comprendre - et j'en suis moi-même étonné - le déroulement des deux derniers siècles qui nous conduisent, inexorablement, vers "un règlement de comptes" à l'échelle planétaire entre les peuples ex-colonisés et leurs colonisateurs européens, si nous n'intervenons pas en proposant à tout le monde une coexistence pacifique, non plus à sens unique, mais partagée... La fameuse question Guerre ou Paix ? s'impose à nous tous comme jamais, d'autant que les moyens de destruction massifs dont disposent les États ne laisseront probablement pas de survivants à l'issue d'un conflit qui sera cette fois réellement mondial (aucun pays ne pouvant se déclarer neutre... les nuages radioactifs ignorant les pétitions et autres traités de papier !).
Ainsi, de la guerre de Sept Ans (fin du 18e siècle) qui a vu triompher l'Angleterre impériale, à la fin du 19e siècle (voyage de l'empereur d'Allemagne, Guillaume II, en Terre sainte -1898), le monde fut la proie des puissances devenues impérialistes sous l'impulsion du capitalisme, système économique particulièrement vorace (en matières premières et en main d'œuvre). 
Bismarck (1815/1898), le chancelier de Guillaume Ier, on l'a dit, était hostile à l'édification d'un empire colonial. "Toujours prudent, il avait freiné autant qu'il avait pu les tentatives d'expansion coloniale allemande, écrit le Mourre, pour ne pas éveiller la méfiance de l'Angleterre, et ce furent des initiatives privées (Lüderitz, Nachtigal, Peters) qui donnèrent successivement à l'Allemagne le Sud-Ouest africain (1884/87), le Togo et le Cameroun (1884/90), une partie de la Nouvelle-Guinée et diverses possessions du Pacifique (1883/99). suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (29)



Le nationalisme indien fut en grande partie une création des Britanniques. L'administration anglaise avait réussi une œuvre que n'avaient pu accomplir ni les Grands Mogols ni les empires plus anciens : l'unification politique de l'Inde.  Elle imposa à tous un même système judiciaire et des mêmes lois (code pénal,1860; code de procédure civile et criminelle,1861). La centralisation, les communications plus rapides, la diffusion de la langue anglaise rapprochèrent les divers peuples indiens, jusqu'alors séparés. L'éducation occidentale, distribuée dans les universités, fit connaître aux intellectuels de l'Inde les principes du parlementarisme britannique, du libéralisme et du nationalisme européens.
L'agitation politique ne mit que très tardivement en cause la domination britannique elle-même : elle revendiqua d'abord une plus large participation des Indiens à l'administration et au gouvernement. L'organe de  cette prise de conscience politique fut le Congrès, qui se réunit pour la première fois à Bombay, en 1885. Pendant les vingt premières années de son existence, le Congrès adopta une attitude parfaitement loyaliste à l'égard des Anglais...

"La crise éclata à la suite des imprudences commises par Lord Curzon, vice-roi de 1899 à 1905 : son projet de partition du Bengale (1905) souleva une opposition considérable... Cependant, à l'exception de quelques extrémistes, l'Inde manifesta un parfait loyalisme à l'égard de l'Angleterre de 1914 à 1918... Aussi beaucoup d'Indiens espéraient-ils que l'Angleterre, à la fin des hostilités, accorderait l'autonomie interne à l'Inde. Le Congrès - dont l'un des principaux animateurs était désormais Gandhi, arrivé d'Afrique du Sud -, se rapprocha de la Ligue musulmane, qui avait été fondée dès 1906 : hindous et musulmans conclurent le pacte de Lucknow (nov.1916). En août 1917, Montagu, secrétaire d'État pour l'Inde, promit une participation accrue des Indiens au gouvernement local afin que puisse être institué le plus rapidement possible un gouvernement indien au sein de l'Empire britannique... Mais en 1919, à la suite de grèves et de diverses manifestations révolutionnaires, les autorités anglaises firent brutalement machine arrière et promulguèrent des mesures d'exception. Gandhi répliqua en appelant les Indiens à observer l'hartal, c'est-à-dire la suspension de toute activité pendant un jour. Une manifestation de protestataires non violents fut brisée par le général Dyer, qui provoqua le massacre d'Amritsar en ordonnant à ses soldats gurkhas de tirer sur la foule, ce qui fit 379 victimes (13 avr.1919). Cet incident, dont la portée ne fut pas comprise par les observateurs européens de l'époque, provoqua une rupture irréparable entre les Britanniques et les nationalistes.
Gandhi s'efforça de rapprocher hindous et musulmans en apportant son appui au mouvement du Califat, lancé par les musulmans pour protester contre le traitement du sultan ottoman par les Alliés... Mais à côté du mouvement de Gandhi commençaient à s'affirmer des tendances plus radicales... Dès la fin des années 20, la revendication de l'indépendance absolue, et non plus seulement de l'autonomie interne, passa au premier plan des revendications nationalistes... En janv.32, les autorités britanniques tentèrent un coup de force en déclarant le Congrès illégal et en arrêtant une fois de plus Gandhi.

samedi, janvier 12, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (28)


Vers 1840, le grand problème, pour l'Angleterre, était d'assurer la frontière du N.O., voie traditionnelle des invasions. La rivalité anglo-russe provoqua la première guerre afghane (1839/42), qui fut un échec. Jusqu'alors, les interventions anglaises en Inde avaient été plus ou moins justifiées par des raisons défensives, par la nécessité d'imposer la paix entre les États princiers. L'époque victorienne (1837/1901) vit le passage à une politique impérialiste qui ne s'encombra plus de justifications. De nombreux États furent annexés qui constituèrent le vaste ensemble indien sous pavillon britannique.
La construction des premiers chemins de fer (1853), la création de la poste et du télégraphe (1853/54), la fondations des universités de Madras, Bombay et Calcutta, l'autorisation donnée aux veuves de se remarier (1856) soulevèrent l'opposition des milieux traditionalistes. Ces facteurs furent à l'origine de la plus grave crise qu'ait eu à connaître la domination britannique en Inde, la Grande Mutinerie ou révolte des Cipayes de 1857. 
Les Cipayes étaient des soldats recrutés en Inde dès le début de la pénétration européenne par les compagnies rivales; ils constituèrent ensuite, dans l'armée britannique des Indes, de véritables régiments, encadrés par des officiers métropolitains; leur nombre atteignait 190.000 en 1857. Soumis par leurs chefs à une propagande chrétienne assez maladroite, ils furent encouragés à la rébellion, dans le Bengale, par de nombreux princes indiens qui craignaient, vers 1857, de se voir confisquer leurs terres. La révolte des cipayes prit pour prétexte la distribution aux soldats de cartouches enduites de graisse de vache et de porc que les soldats devaient mordre pour les décapsuler - acte révoltant pour un hindou qui a le culte de la vache et pour un musulman sur qui pèse l'interdiction religieuse de la consommation de porc; la révolte commença à Meerut le 24 avr.1857, se développa dans toute l'Inde centrale et du Nord, fut marquée par la prise de Delhi (11 mai 1857), d'Allahabad (6 juin 1857) et par le massacre des Européens à Cawnpore. Toutefois, les cipayes de l'armée de Bombay restèrent fidèles. En mars 1858, les Anglais avaient complètement rétabli leur domination sur l'Inde. La mésentente des révoltés et l'absence d'objectifs clairs furent les  principales causes de l'échec de la mutinerie.
La révolte des Cipayes fut suivie d'une réorganisation administrative et le régime colonial prit alors ses traits définitifs... La Compagnie des Indes fut supprimée (1858) et l'autorité passa entièrement à la Couronne... Pendant quarante ans, l'Inde allait être gouvernée par une série de vice-rois... L'armée fut complètement réorganisée après la révolte des Cipayes; elle cessa d'être une milice locale pour être intégrée, comme une force impériale, sous l'autorité directe de la Couronne, au sein de l'armée britannique.
A l'extérieur, cette période fut dominée par la rivalité anglo-russe en Asie centrale : après la seconde guerre afghane (1878/1880), un conflit direct entre l'Angleterre et la Russie ne fut évité que de justesse par Gladstone en 1885, mais un accord durable fut trouvé avec l'agrément du Pamir (1895). L'Afghanistan était passé en fait sous protectorat britannique. A l'est, la Birmanie fut complètement annexée en 1886. L'établissement définitif de la domination britannique sur le vaste espace indien fut symbolisé par le titre "d'impératrice des Indes" que Disraeli fit attribuer à la reine Victoria le 1er janv. 1877. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (27)


"Les bases de la domination anglaise en Inde furent posées par Clive, qui remporta sur le nabab du Bengale la grande victoire de Plassey (1757) à la suite de laquelle la Compagnie britannique, tout en laissant au Nabab une autorité nominale, se fit attribuer le diwani, c'est-à-dire l'administration financière du Bengale. Mais Clive ne fut pas mieux compris de ses compatriotes que Dupleix ne l'avait été en France : l'Angleterre encore très mercantile du XVIIIe s. ne se souciait guère de colonisation mais seulement de commerce... Désavoué et rappelé en 1767, Clive devait finir par se suicider.
"On décida de nommer un gouverneur général, et le premier titulaire de ce poste fut Warren Hastings (1772/85). Menacés par les Marathes, qui se posaient en successeurs des Mogols, et par le Mysore, dont les souverains musulmans, Haïder Ali et Tipou Sultan, recevaient l'aide des Français, les Anglais se trouvaient dans une position difficile, au moment même où ils devaient mener la guerre contre les colonies américaines, alliées de la France. Hastings réussit à redresser la situation en réformant les finances... et la paix de Versailles priva Tipou Sultan, le plus redoutable adversaire des Anglais, de l'appui de la France. 
"La domination anglaise se trouva de nouveau remise en question par les victoires européennes de la Révolution française. L'expédition de Bonaparte en Égypte esquissait une menace française vers les Indes. Aidé de son frère, Wellington, le futur vainqueur de Waterloo, Wellesley, employant les armes, l'intimidation ou la diplomatie, imposa le protectorat britannique au sultan du Mysore... et commença le démembrement de l'empire des Marathes (1802/03). En 1805, l'Inde britannique s'étendait déjà sur tout le Bengale, la vallée du Gange et la plus grande partie de la côte orientale et de l'ouest du Dekkan".
Mais toutes ces conquêtes avaient coûté cher. Le gouverneur fut rappelé par la Compagnie, qui se trouvait au bord de la ruine, son déficit ayant presque doublé de 1797 à 1806.
Cependant le XIXe s. allait voir se poursuivre l'oeuvre d'unification... La seule puissance redoutable que l'Angleterre trouvait encore en face d'elle était celle des sikhs (secte religieuse, fondée par Nanak, au 15e s., réformateur religieux qui voulait unir les croyants de l'Inde, hindous et musulmans, dans une foi monothéiste non idolâtre,  laquelle s'est transformée au fil du temps en une redoutable théocratie militaire). suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (26)



Sans doute peut-on faire débuter la mondialisation en 1492 lorsque Colomb "découvre l'Amérique", puisque, deux ans plus tard, en juin 1494, les rois catholiques d'Espagne et du Portugal signent le traité de Tordesillas, à Valladolid, qui fixe les lignes de démarcation de leurs futures possessions outre-mer : le Nouveau Monde, que l'on ne fait que deviner par-delà les Océans, est censé leur appartenir ! Mais les Hollandais, les Anglais et les Français... vont immédiatement combattre leur monopole, en se dotant d'une marine conquérante. Et les conflits vont se multiplier jusqu'à cette guerre de Sept Ans qui va donner la primauté à l'Angleterre, dans le contexte d'une révolution industrielle qui a commencé chez elle. 
Le monde est "connu", et il faut maintenant se le "partager". En Asie, il n'y avait pas que la Chine ! L'Inde, plus "proche", plus accessible, et peut-être moins "mystérieuse" ?, a donc vu essaimer les "comptoirs" européens sur ses deux flancs. Le Mourre écrit :" La division politique rendait l'Inde vulnérable, non seulement à la convoitise des colonisateurs occidentaux, mais aussi à celle des conquérants nomades descendus de la haute Asie..."
"Au milieu du XVIIIe s., la présence européenne en Inde n'avait encore que très peu d'incidences dans l'histoire indienne. L'échec de l'évangélisation forcée et la rivalité hollandaise avaient empêché l'expansion de l'impérialisme portugais. Les Hollandais, apparus en Inde dès le début du XVIIe s., fondèrent des comptoirs sur la côte orientale, et surtout à Ceylan. La Compagnie anglaise des Indes orientales fut fondée des 1600, mais les Anglais se contentèrent longtemps d'une activité purement commerciale dans leurs comptoirs. De même les Français, après la fondation de la Compagnie des Indes par Colbert.
L'insécurité résultant de la décadence de l'empire Mogol (fondé par Baber, descendant direct de Tamerlan et de Gengis Khan, cet Empire fondé à Delhi en 1526, qui favorisa la réconciliation des musulmans et des hindous, avait atteint son apogée au XVIIe s ) et la répercussion en Asie des luttes franco-anglaises en Europe furent les raisons principales de l'intervention européenne dans les affaires intérieures indiennes. Dupleix, gouverneur de Pondichéry et directeur général des comptoirs de l'Inde à partir de 1742, fut sans doute le premier qui ait eu l'idée de fonder en Inde un empire européen :  profitant d'une querelle de succession survenue à la mort du nizam d'Hyderabad (1748), il se posa en arbitre dans la péninsule et établit une brève hégémonie française dans le Dekkan (1748/54), mais se heurta aux Anglais qui imposèrent leur protégé, Mohammed Ali, comme nabab du Carnatic." (Comme rappelé précédemment, vaincu par les Anglais (1752), et incompris en France, Dupleix fut rappelé en 1754. Le traité de Paris (1763) ne laissa à la France que les 5 comptoirs, dont Pondichéry, Chandernagor etc.) suivra

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Pour fonder et motiver une nouvelle politique de grande envergure, à dimension mondiale, il fallait bien remonter aux sources de la mondialisation ! Et l'on découvre, pour s'en tenir à l'époque moderne, c'est-à-dire la nôtre, qu'en effet cette mondialisation-là a bien commencé avec la guerre de Sept Ans : l'affrontement en Amérique (entre  la France, l'Angleterre, l'Espagne, la Hollande etc.) concernait également l'Inde, dont la richesse économique excitait l'imagination des Européens. Les Portugais furent les premiers à atteindre les rives de cette immense péninsule avec Vasco de Gama en 1498. Ils y établirent des comptoirs, et toutes les grandes puissances européennes en firent autant. Des grandes Compagnies commerciales furent créées, dont les fameuses Compagnies des Indes (orientales et occidentales),  la française, sous Louis XIV et Colbert, en 1664, qui donna naissance, deux ans plus tard,  au port de Lorient ! Alors que dans les autres pays, il s'agissait souvent de compagnies privées, en France "l'initiative privée se révélant défaillante, seul l'État, sous l'impulsion de Colbert, fut capable de mettre sur pied de puissantes compagnies françaises, aptes à rivaliser avec les compagnies britanniques et hollandaises. (in le petit Mourre). "Ces compagnies à monopole et privilège, où les actionnaires n'avaient aucune part dans la direction des affaires et devaient se contenter de percevoir des dividendes, souffrirent toujours d'une insuffisance de capitaux et de fonds de roulement". 
"Sur le modèle de la Compagnie française des Indes orientales (1664) furent créées successivement : la Compagnie des Indes occidentales (1664); la Compagnie du Nord (1669), qui tenta de supplanter les commerçants hollandais dans la Baltique, mais dût être dissoute en 1684; la Compagnie du Levant (1670), la Compagnie de la Chine (1698); la Compagnie de Guinée (1701). (Au 18e s. un financier écossais, John Law, fut autorisé, en 1716, par le régent de France à fonder une banque privée dont les billets furent admis comme espèces dans toutes les caisses publiques... Devant le succès de l'entreprise, il eut le tort de lier sa banque à la Compagnie d'Occident qu'il fonda et qui, entre autres monopoles, eut celui de la refonte et de la fabrication des monnaies et du recouvrement des impôts directs (1717/18). En 1718, la banque privée devint banque d'État. La spéculation effrénée dont furent l'objet les actions de la Compagnie, devenue Compagnie des Indes, amena Law, trop confiant dans son système, à émettre une quantité de billets largement supérieur aux avoirs réels de la banque. Face à la hausse inconsidérée des titres de la Compagnie des Indes, les porteurs pris de panique, réalisèrent leurs billets. Law, qui était devenu contrôleur général des finances en janv.1720, ne put rembourser et son système s'effondra en déc. Il dut alors s'exiler et mourut dans l'indigence.
"Cette expérience, si elle permit de résorber une part importante de la dette publique, eut des conséquences psychologiques désastreuses; elle fit naître dans l'opinion publique française une prévention invincible contre toute forme de papier-monnaie et retarda les progrès du système bancaire française".

vendredi, janvier 11, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (24)


"Comprenant la vanité de tout recours à la force, Yuan Che-k'ai, travaillant désormais pour lui-même, préféra devancer les républicains du Sud. Il contraignit à l'abdication l'empereur enfant P'ou-yi (12fév.1912), et trois jours plus tard, institua le régime républicain à Pékin. Par souci d'union nationale, Sun Yat-sen s'effaça et, dès mars 1912, Yuan Che-k'ai était reconnu comme président de la nouvelle république dans tout le pays. 
Aucun accord durable n'était possible entre les démocrates du Kouo-min-tang et Yuan Che-k'ai, car celui-ci ne songeait qu'à confisquer la révolution à son profit. Il se sentit assez fort pour éliminer les députés du Kouo-min-tang, dissoudre le Parlement et supprimer les assemblées régionales (mars 1914).
Dès août 1914, les Japonais, qui attaquaient le territoire allemand de Tsing-tao, avaient violé la  neutralité chinoise et occupé la région du Chang-toung. En janvier 1915, le gouvernement de Tôkyô présenta à Yuan Che-k'ai ses "Vingt et une demandes", qui n'impliquaient rien de moins qu'une colonisation économique de la Chine. Pékin dut céder partiellement à l'ultimatum japonais, mais celui-ci eut pour résultat de susciter dans tout le pays, surtout dans le Sud, un puissant mouvement patriotique, qui devait avoir des conséquences durables. Entrée en guerre aux côtés des Alliés en août 1917 (allié de l'Angleterre dès le  30 janv.1902, le Japon, lui, s'était joint aux Alliés dès 1914, et vint à Versailles en 1919 récolter le prix de sa participation, à savoir les colonies ex-allemandes du Pacifique !) la Chine espéra obtenir de la Conférence de la paix, l'abolition de l'exterritorialité, la rétrocession des territoires cédées à bail, la restitution des possessions ex-allemandes du Chang-toung et la liberté de fixer ses droits de douane. Mais la France et l'Angleterre, qui proclamaient contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ne songeaient nullement à rendre à la Chine son indépendance économique.
Aussi les délégués chinois refusèrent-ils de signer le traité de Versailles (imitant en cela les États-Unis). Mais cet acte symbolique avait été précédé par une démonstration populaire de beaucoup plus grande portée : le "mouvement du 4-Mai" (qui prit son nom de la grande manifestation patriotique des étudiants de Pékin, le 4 mai 1919), de caractère antijaponais et antioccidental, constituait l'affirmation d'une volonté à la fois nationale et moderniste tournée vers une Chine nouvelle, intérieurement régénérée et capable de faire respecter sa dignité par toute puissance étrangère.
Le radicalisme révolutionnaire commença à conquérir la jeunesse intellectuelle. Dès le printemps 1918 avait été fondée à l'université de Pékin une société pour l'étude du marxisme, avec Chang Kouo-tao, Li Ta-chao et son bibliothécaire, Mao Tsé-toung. Dès le 1er juill.1921, le parti communiste chinois avait été formellement organisé dans la concession française de Chang-hai". suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (23)



"La guerre russo-japonaise de 1904/1905 - qui n'avait d'autre enjeu que la province chinoise de Mandchourie - et l'annexion par les Japonais, en 1910, de la Corée, séculaire protectorat chinois, illustrèrent de nouveau le déclin de la Chine. Réduite à la dernière extrémité, l'impératrice Ts'eu-hi elle-même, aussitôt après la crise des Boxers, se rallia à la politique réformatrice. En dépit de l'opposition persistante du clan mandchou rétrograde, elle appela auprès d'elle l'énergique ministre Yuan Che-k'ai : l'armée fut réorganisée à l'européenne; les traditionnels examens de fonctionnaires  furent supprimés (1906); plus de 30.000 écoles d'État furent ouvertes entre 1901 et 1910 et, par l'édit du 27 août 1908, la Chine s'orienta vers un régime de monarchie constitutionnelle.
Mais l'impératrice Ts'eu-hi et l'empereur Kouang-siu moururent à quelques jours d'intervalle (nov.1908), et le trône passa à un enfant de trois ans, P'ou-yi. La régence fut exercée par son père, le prince Tch'ouen, tout acquis au parti traditionaliste, et dont un des premiers actes fut de renvoyer Yuan Che-k'ai : la tentative de réforme impériale était désormais condamnée et l'initiative passait aux révolutionnaires du Sud, à la fois nationalistes et démocrates, qui se groupaient dans le kouo-min-tang, fondé en 1900 par Sun Yat-sen. Alors qu'à Pékin le régent multipliait les manœuvres dilatoires... la révolution éclata à Wou-tch'ang, dans le Ho-pei (10 oct.1911). La cour impériale, affolée, rappelait Yuan Che-k'ai, mais le mouvement révolutionnaire s'étendait rapidement à quatorze des dix-huit provinces chinoises, qui réclamaient une république.
Le 30 déc.1911, une Assemblée nationale, réunie à Nankin, proclamait Sun Yat-sen président de la république. suivra

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