mardi, mai 20, 2008

LES MARINS PÊCHEURS AU FESTIVAL DE CANNES ?

A Cannes, domaine des Mecs de Mao 68, la pauvreté ne fait pas recette, déclare le cinéaste Philippe Diaz, auteur du film "La fin de la pauvreté ?". J'ai tout naturellement remplacé "domaine des stars" par "Mecs de Mao 68" parce qu'ils sont bien là, à Cannes ! Jeudi, 22 mai, la grève sera générale dans les transports, entre autres, contre la "réforme des retraites". Pourquoi les marins pêcheurs n'iraient-ils pas faire un tour à Cannes ce jour-là ? "22, v'la les marins pêcheurs !" crieraient les ex de Mai 68, recyclés dans le show-biz. Après tout, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement. Ça n'est pas Jean-Luc Godard cette fois qui lancerait "la fête est terminée, messieurs les festivaliers", mais les gars de Guilvinec ! Allez, tous à Cannes, à pied, à cheval et en voiture ! Sarko, tu tiens tes promesses, ou tu dégages !

lundi, mai 19, 2008

LE GRAND HANDICAP DE DELANOË

Le parti socialiste contrôle quasiment toutes les Régions de France, à l'exception d'une seule ! Dans ces conditions, le Maire de Paris va devoir négocier avec leurs représentants. Mais pourquoi ceux-ci accepteraient-ils d'offrir l'Élysée à celui qui incarne, à leurs yeux, la toute-puissance parisienne ? Ségolène Royal, du Poitou-Charente, est naturellement mieux placée pour les séduire. Je l'ai déjà dit, une alliance entre Paris et une province de poids va s'imposer, la Bretagne sans doute, avec Jean-Yves Le Drian (ou son rival nantais, Jean-Marc Ayrault, président du groupe parlementaire socialiste). Cela sera-t-il suffisant pour entraîner le gros de la troupe ? D'autres seront tentés de jouer la carte provinciale, ou l'alliance avec Delanoë, le parisien. En fin de compte, si le Maire de Paris veut éliminer Ségolène, à coup sûr sa rivale la plus dangereuse, il devra s'efforcer d'incarner la "modernité" face à une candidate qui aura tendance, elle, à jouer "la mère de famille". Ainsi le "duel" opposerait deux candidats, non pas sur des positions politiques réellement différentes (ils sont tous les deux condamnés à faire du "centrisme") mais, sur ce qu'on appelle depuis Giscard d'Estaing des "choix de société", principalement l'égalité entre les sexes, incluant l'adoption de la morale libérale en vigueur dans les pays nordiques. La social-démocratie réduite en somme au "sexe".
Sans doute, les deux candidats pourraient-ils s'opposer sur la politique française au Proche-Orient, d'autant qu'elle est, avec Sarkozy, totalement inféodée à Washington. Delanoë, à Paris, est trop entouré par les descendants des khazars, que sont venus renforcer les "sephs" d'Afrique du Nord (ceux-là même qu'on a vu délirer dans le Quartier Latin en Mai 68) pour qu'il prenne le risque de se démarquer de la "khazarie" implantée sur les bords du Jourdain. Ségolène Royal fera, elle aussi, très attention à ce qu'elle dit, même s'il lui arrive parfois d'invoquer "l'exemple du général de Gaulle".
Les dirigeants du PS pensent succéder "en douceur" à Sarkozy... lorsque celui-ci sera "carbonisé"! C'est donc de la "droite", et notamment des élus UMP, qui n'ont aucune envie de se rendre à l'abattoir, qu'une opposition, plus musclée, devrait surgir "incessamment sous peu"...

dimanche, mai 18, 2008

L'URSS : UN ÉTAT KHAZAR ?

La publication de nouveaux ouvrages sur les Khazars nous ouvre un abîme de réflexions ! Et il est réjouissant et réconfortant tout à la fois de voir que ce sont des Juifs qui s'engouffrent dans la piste ouverte, il y a plus de cinquante ans, par d'autres Juifs éminents, tels que Arthur Koestler et A.N. Poliak, professeur d'histoire juive à Tel Aviv, longtemps mis à l'index. Des livres aux titres explicites, "Histoire des Khazars : la nation juive de Russie et d'Ukraine" de l'américain Kevin Allan Brook, et "Quand et comment fut inventé le peuple juif ?" de l'israélien Shlomo Sand, tous deux récemment publiés, le premier déjà traduit en français, le second le sera en septembre, ont de quoi faire vaciller des certitudes - s'il en existe dans ce domaine !
Le vaste Empire Khazar, judaïsé, s'étendait entre la Caspienne et la Mer Noire. Il fut détruit par les Russes d'Ukraine. Les Khazars se répandirent alors vers l'Ouest. On nous assure maintenant qu'ils sont à l'origine de la création de la ville de Kiev, et de la Moscovie qui supplanta l'Ukraine ! Des historiens nous disent aujourd'hui que les peuples d'Ukraine et de Russie, et de Biélorussie, sont fortement imprégnés de ce passé jamais complètement digéré, et qu'il expliquerait "l'antisémitisme" viscéral des populations. Allons plus loin : Cet Empire khazar jadis dominant plus à l'Est, les "juifs" n'auraient-ils pas été tentés (inconsciemment) de le reconstruire plus à l'Ouest à partir de la Moscovie sous le sigle à la fois "barbare et moderne" d'URSS ? Du coup, leur alliance (et leur rivalité) avec les "juifs" sionistes en deviendrait naturelle. N'oublions pas que les maîtres du Kremlin furent des types qui venaient du Caucase (Staline, Ordjonikidze, Beria et Cie) et que les principaux dirigeants du sionisme oriental (les Ben Gourion, Golda Meir, Jabotinsky etc) étaient originaires de ces régions de l'Est où la Khazarie s'était éparpillée. En somme, comme le dit Marc Ferro, ces pays pourraient avoir été le théâtre d'un formidable antagonisme (ressentiment revanchard) entre les slaves et les descendants des khazars... Il ne s'agit là que d'un élément, parmi d'autres faits historiques, qui expliciterait cet incroyable rejet des "juifs" considérés comme des "étrangers", rejet naturellement amplifié par la "création" de l'État "soviétique", ressenti comme une "domination" étrangère. D'ailleurs, l'écrivain russe Soljenitsyne parle d'une entreprise "étrangère" lorsqu'il évoque les débuts de l'URSS, et l'on a dit qu'il n'osait pas dire "les juifs", mais qu'il y pensait bien entendu. Mais n'est-ce pas tout simplement les Khazars qui revenaient dans son subconscient ?
En tout cas, si les sionistes sont des "khazars", il nous faudra admettre qu'ils se sont emparés de la Palestine, soutenus par l'immense Empire khazar "soviétisé" en 1917, et que les chefs "khazars" du Kremlin attendaient beaucoup de leurs congénères au Proche-Orient !
Ce constat peut faire sourire... Mais je crois que le moment est venu de reconnaître qu'au-delà du "communisme" il y avait autre chose qu'une simple idéologie, qui a d'ailleurs disparu. Les Slaves, les Germains, les Khazars, eux, sont toujours là !

samedi, mai 17, 2008

ARTHUR KOESTLER ET LES KHAZARS

Arthur Koestler, "juif" hongrois, né en 1905, mort à Londres en 1983, fut l'un des plus grands esprits du siècle dernier. Il a traversé le siècle en le prenant à bras le corps. Communiste, il appartint au PC allemand, participa à la guerre d'Espagne, fut prisonnier des franquistes, s'engagea dans la Légion étrangère. Quitta le "communisme" pour rejoindre le "sionisme", tout en conservant sa liberté d'esprit (critique). Il a publié des livres qui ont fait date ("le zéro et l'infini", le "yogi et le commissaire" etc.). Ayant rejoint Israël avec sa femme dans les années 50, il fut frappé par la diversité des "juifs" regroupés dans ce pays. Biologiste, il se passionnait pour la recherche génétique. Et c'est sans doute ce qui le mit en contact avec des chercheurs, y compris israéliens. Un beau jour, il quitta Israël, rejoignit l'Angleterre où il obtint la nationalité britannique. Son départ fut considéré comme une "trahison". Lorsqu'il publia la "13e tribu", ce fut le silence, ou la moquerie.
Alerté par un article de Claude Bourdet publié par Le Matin, au lendemain de la mort de Koestler (atteint d'une grave maladie, il s'est suicidé avec sa femme), qui signalait aux lecteurs du journal l'existence de ce livre quasiment censuré, je me suis précipité pour l'acheter. Il existe en livre de poche-Hachette N°5158, paru en 1976. On me dit qu'il est quasiment introuvable. L'ouvrage fut d'abord publié chez Calmann-Lévy (un éditeur "antisémite" probablement !).
Que nous apprend Arthur Koestler ? Citons-le brièvement, en vous conseillant de commander son ouvrage en livre de poche chez votre libraire...
"A l'époque où Charlemagne se fit couronner empereur d'Occident, l'extrémité orientale de l'Europe entre le Caucase et la Volga était dominée par un État juif, connu sous le nom d'empire khazar. A son apogée, du 7e au 10e siècle, cet État joua un rôle assez important pour contribuer à façonner la destinée de l'Europe médiévale - et moderne par conséquent... Le pays des Khazars, peuple d'ethnie turque, occupait une position stratégique entre la Caspienne et la Mer Noire sur les grandes voies de passage où se confrontaient les puissances orientales de l'époque...
"... Sans doute vers l'an 740, le roi (Bulan), sa cour et la classe militaire dirigeante se convertirent au judaïsme, qui devint la religion officielle des Khazars... En tout cas, si les sources diffèrent sur quelques points de détail, les grands faits sont indiscutables.
"Ce qu'on peut discuter, en revanche, c'est le sort des Khazars juifs après la destruction de leur royaume, au 12e ou 13e siècle. A ce sujet, les sources sont très maigres. Elles mentionnent cependant plusieurs établissements khazars à la fin du Moyen Age en Crimée, en Ukraine, en Hongrie, en Pologne et en Lituanie. De renseignements fragmentaires ressort un tableau d'ensemble : celui d'une migration de tribus et de groupes khazars dans les contrées d'Europe orientale - Russie et Pologne surtout - où précisément on allait trouver à l'aube des temps modernes les plus fortes concentrations de Juifs. D'où l'hypothèse formulée par plusieurs historiens, selon laquelle une bonne partie sinon la majorité des Juifs d'Europe orientale - et par conséquent des Juifs du monde entier - seraient d'origine khazare, et non pas sémitique.
"Les conséquences d'une telle hypothèse iraient très loin, et ceci explique peut-être les précautions que prennent les historiens en abordant le sujet - quand ils ne l'évitent pas carrément. L'un des avocats les plus radicaux de l'origine khazare des Juifs, A.N. Poliak, professeur d'histoire juive du Moyen Age à l'université de Tel Aviv, demande dans l'introduction de son livre intitulé Khazaria, publié en hébreu en 1944, puis en 1951 "que l'on aborde dans un esprit nouveau aussi bien le problème des relations entre la juiverie khazare et les autres communautés juives que la question de savoir dans quelle mesure on peut regarder cette juiverie (khazare) comme le noyau des grands établissements juifs en Europe... Les descendants de ces établissements, ceux qui sont restés sur place, ceux qui ont émigré aux États-Unis et dans d'autres pays, et ceux qui sont allés en Israël, constituent aujourd'hui la grande majorité des Juifs du monde entier"...
"Cela voudrait dire que les ancêtres de ces Juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l'on a vu le berceau de la race aryenne; génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours, aux Magyars, plutôt qu'à la semence d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. S'il en était bien ainsi, le mot "antisémitisme" n'aurait aucun sens : il témoignerait d'un malentendu également partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure qu'elle émerge lentement du passé, l'aventure de l'empire khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l'Histoire ait perpétrée."
Sans doute Arthur Koestler qui était d'origine magyar se sentait-il lui-même un peu khazar ! Je ne pense pas qu'il serait horrifié à l'idée d'effectuer des recherches sur l'origine des populations "juives" à l'aide de l'ADN... Bien au contraire : c'était un esprit scientifique.


jeudi, mai 15, 2008

POURQUOI PAS L'ADN AU SECOURS DU PEUPLE PALESTINIEN ?

En Italie, pour résoudre le "mystère" étrusque, les scientifiques et les biologistes ont recours, depuis quelques années, à l'ADN dans la recherche des origines de ce peuple qui vivait notamment en Toscane, quelques siècles avant JC. Plusieurs villages font l'objet de ces recherches, et les premiers résultats ont été récemment publiés. Ainsi, il apparaît que les Étrusques seraient venus d'Anatolie . D'autres résultats sont annoncés. Lorsque Arthur Koestler publia, dans les années 50, son ouvrage iconoclaste, "la 13e tribu", dans lequel il démontrait que les "juifs" d'Europe orientale étaient en réalité des descendants des Khazars, un peuple turcophone originaire du Caucase (donc des aryens, et non des sémites), le livre fut quasiment passé sous silence. Aujourd'hui, Marek Halter a repris l'histoire pour en faire un roman ("le vent des Khazars"). Du temps de Koestler, l'ADN n'existait pas. Pourquoi ne pas aujourd'hui effectuer des recherches sur l'origine de toutes ces communautés juives, qui n'ont visiblement rien à voir entre elles ? Celles de l'Est, celle d'Allemagne, celles du monde arabe etc. Nous voyons bien, à l'oeil nu, que tous ces gens que l'on appelle "juifs", ne constituent ni un peuple, ni une ethnie. De même, il n'a jamais été démontré que les Hébreux, après la conquête romaine, se seraient "dispersés", les uns vers le Maghreb, les autres vers la Baltique etc. etc. De plus en plus, on estime que, tels les Khazars, ce sont des populations qui se sont converties au judaïsme à un moment donné, en fonction des événements, ou des invasions. Koestler expliquait que des ethnologues juifs qui étaient arrivés à la même conclusion que lui, se virent interdire de publier leurs travaux au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour une raison fort compréhensible : les Ben Gourion, les Golda Meir, les Shamir ( des khazars !) revendiquaient la terre de Palestine en prétendant que c'était la "terre" de leurs "ancêtres", et ce, bien entendu, soutenus par les maîtres de l'URSS, ces grands amoureux de la "vérité historique" ! Le petit juif de Pologne, disait-on, ne répétait-il pas en se levant chaque matin, depuis des siècles "l'an prochain à Jérusalem" ? En vérité, ceux qui émigraient gagnaient les États-Unis et non la Palestine ! Là encore, avec l'aide des soviétiques, les sionistes les expédièrent en Palestine pour y combattre "l'impérialisme britannique" que Staline espérait bien expulser de la région.
Imaginons les chrétiens de Chine, du Japon ou de Corée exigeant le "retour à Rome" et en Italie - le pays de leurs "ancêtres" - simplement parce qu'ils sont catholiques ? Même à l'ONU ils seraient obligés de rigoler !
Pourquoi ne pas proposer - à l'occasion du 60e anniversaire de la Naqba - à la communauté scientifique internationale, de mettre en place un institut de recherche, sous le parrainage de l'ONU ou de l'UNESCO, qui ferait toute la lumière, avec les moyens modernes d'investigation, sur les origines de ces communautés juives, tellement différentes les unes des autres, qu'elles n'ont en commun, probablement, que la religion. La science au service de la politique et de la connaissance ? Voilà qui nous changerait du "bourrage de crâne", et nous aiderait à sortir du désespérant statu quo.

lundi, mai 12, 2008

LE LIBAN MENACÉ DANS SON EXISTENCE MÊME

Chacun sait qu'au Proche-Orient, les frontières des États sont mouvantes, fragiles par conséquent. Au gré des événements, et des rapports de force (entre grandes puissances régionales et internationales) ces frontières évoluent. Les "dominants" du moment en profitent pour "reformater" des "États" à leur profit, bien entendu. Aujourd'hui, incontestablement, il y a du re-formatage dans l'air. De toute évidence, c'est le plus faible, le Liban, qui risque de faire les frais de l'opération. Les frontières dessinées en 1920, puis en 1949, puis en 1967, puis etc. ne donnent jamais satisfaction aux prédateurs. Le butin acquis, petit ou grand, en appelle d'autres. "Chacun attend son heure" . A coup sûr, les deux "grands" voisins, Israël et la Syrie, sont faits pour s'entendre ! Cela nous rappelle la malheureuse Pologne, prise elle aussi en tenaille entre ses deux puissants voisins, l'Allemagne et la Russie, soi-disant adversaires. Et on a vu comment, en 1939, les "adversaires" se partagèrent le gâteau ! Damas rêve d'atteindre la Méditerranée, soit par Beyrouth, soit par Tripoli au nord. Israël rêve du Litani, au sud du Liban, cette formidable réserve d'eau qui faisait, déjà, saliver les sionistes en 1920 ! L'ancien secrétaire d'État américain, Henry Kissinger, "spécialiste" du Proche-Orient, n'a jamais cessé de répéter "que la solution du problème israélo-arabe" se négocierait... à Damas. D'où la grande attention qu'il prêtait à l'ancien président Hafez el-Assad, et ses nombreux voyages à Damas. Le fils , bien entendu, sait qu'il peut, à tout moment, capter la même attention intéressée de Washington et de Tel-Aviv (en commençant, par exemple, à négocier "sur le Golan"). Henry Kissinger est toujours là, dans l'entourage de Bush Jr... Tout ce que l'on peut souhaiter pour le Liban, c'est que ses dirigeants, tous ses dirigeants, prennent conscience que leur pays est véritablement menacé de disparition.

vendredi, mai 09, 2008

KOUCHNER L'ISRAÉLIEN ?

Bernard Kouchner, on le sait, est un adepte de l'interventionnisme "tous azimuts". Même en Birmanie, ravagée par un cyclone, on le sent prêt à partir en campagne, un sac de riz sur le dos, un paquet de grenades en bandoulière. C'est un "médecin de campagne" très particulier. Mais d'où lui vient cette manie interventionniste ? Il me revient alors en mémoire un souvenir très personnel. Certes, Kouchner fut un étudiant "communiste" qui rejoignit la "Ligue communiste révolutionnaire" d'Alain Krivine, au moment de l'expulsion des étudiants du PC dans les années 60. Il créa alors, avec d'autres, le "secours rouge" qui s'agita beaucoup en Mai 68 et après. Tout le prédisposait donc à revenir... vers Israël ! C'est ici que se situe mon "souvenir". Nous avions un ami qui habitait Courbevoie, Charles Kalflèche, militant de la CFDT de l'édition, ancien de chez Larousse. Un très chic type, dévoué, généreux et sincère. On sortait souvent ensemble, avec les anciens de Mai. Malade du coeur, il subit un triple pontage (à l'hôpital Broussais à Paris, dans le 14e arrdt, me dit un ami, et non à l'hôpital américain de Neuilly, comme je le pensais, cet hôpital étant proche de chez lui, et où il s'est rendu à d'autres occasions). Et un jour, sortant d'un séjour à l'hôpital, il me raconta, alors que nous discutions d'Israël sans doute - J'aurais aimé que tu sois là. Figure-toi que j'avais à côté de moi, dans notre chambre de convalescence, la soeur de Bernard Kouchner ! Elle a un grade dans l'armée israélienne. Elle a été blessée pendant la guerre du Kippour, et elle est venue se faire soigner ici. Son frère venait la voir, et la dernière fois, je les ai entendus se disputer. Elle lui reprochait de rester en France - "C'est maintenant que tu dois venir en Israël, c'est notre pays, et il est menacé, comme jamais". Il s'est défendu en lui disant "qu'il considérait Israël comme son pays, qu'il y était attaché autant qu'elle, mais qu'il avait compris que c'est en restant en France qu'il le servirait le mieux". Un détail ? me dira-t-on, des propos échangés avec une petite soeur blessée, qui avait risqué sa vie, et qui ne comprenait pas pourquoi son frangin restait "à l'abri", loin de "leur" pays qui avait tant besoin d'être défendu, les armes à la main ? Mon ami, Charles Kalflèche, en était tout chamboulé :" C'est vrai, me dit-il, c'est bien Israël leur pays..."
Peut-on y voir là une explication à cette manie interventionniste qui caractérise le "discours généreux" de Bernard Kouchner ? Se doute-t-il qu'un jour il faudra aller défendre Israël, et qu'il faudra y entraîner la France ? Est-ce cela qui le faisait "rêver" du Quai d'Orsay ? En tout cas, avec Nicolas Sarkozy, il est bien sur la même longueur d'ondes...
Ps - J'ai rectifié ce papier, en essayant d'être le plus précis possible, après en avoir discuté avec un ami qui a très bien connu, lui aussi, Charles Kalflèche. Je suis sûr que celui-ci n'a pas fantasmé, mais comme à l'époque, B. Kouchner n'était pas ministre, je n'ai pas insisté, ni lui d'ailleurs. J'ajoute que Charles Kalflèche n'était nullement "antisémite", et qu'il a, durant la guerre, protégé un jeune juif en l'hébergeant chez lui...

SARKOZY VA-T-IL ENTRAÎNER L'EUROPE DANS UNE GUERRE AU LIBAN ?

Sarkozy voit, avec appréhension, se rapprocher la date du 1er juillet, date à laquelle il devra assurer la présidence de l'Union européenne. Depuis un an, il en rêvait. Monsieur pensait pouvoir présenter des résultats flatteurs aux partenaires européens, et lancer son grand projet "d'union méditerranéenne". Patatras, il sera mis en accusation par les autres du seul fait que les promesses concernant le déficit budgétaire français ne seront pas tenues; il sera donc incapable de faire la leçon, d'apparaître comme le bon élève. Au contraire, il sera le mauvais élève de la classe ! Avec des sondages en chute libre à l'intérieur, ses diatribes contre la presse, ses roucoulements dans les bras de Carla, nos partenaires vont franchement se marrer. Mais, puisqu'il est nul dans le domaine économique et financier, ne pourrait-il pas apparaître comme un chef de guerre ? N'a-t-il pas déjà envoyé des soldats français en Afghanistan pour la plus grande satisfaction de Bush ? Si l'OTAN permet d'expédier des troupes jusqu'à Kaboul, ne serait-ce pas plus facile encore au "proche-orient" ? Les navires américains ne sont-ils pas déjà en Méditerranée au large des côtes libanaises ? Jamais l'Élysée et le Quai d'Orsay n'ont été à ce point pro "israélo-américains". Depuis le début, Kouchner soutient l'interventionnisme américain dans la région. Avec Sarko, il a trouvé son "alter ego", totalement soumis à Washington. Sarkozy peut donc maintenant rêver d'entraîner, à la tête de l'Union européenne, toute l'Europe dans une guerre au Liban contre le "terrorisme" ! Voilà une belle diversion, qui ferait de lui "l'homme fort" des Américains de ce côté-ci de l'Atlantique, et qui pourrait, éventuellement, rassembler les États de la Méditerranée autour de l'axe Tel-Aviv-Washington... via Paris ! Avec Sarko, "tout devient possible".