mercredi, janvier 16, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (37)


En découvrant le rôle majeur joué par la finance juive dans l'expansion du capitalisme au 19e siècle, Karl Marx et son ami Engels en redoutent les conséquences pour les juifs eux-mêmes, le capitalisme primitif s'imposant par une exploitation brutale des masses paysannes jetées sur les chantiers, dans les mines et autres manufactures. Déjà, sous le régime féodal, les paysans, en temps de crise, s'en prenaient aux propriétaires terriens qui détournaient leur colère contre les usuriers "juifs". Cette fois, la révolution industrielle affirmait le triomphe juif dans le cadre du capitalisme ! Comment éviter un nouveau mouvement populaire anti-juif ? Car, inévitablement les théoriciens du socialisme qui se multiplient tout au long du 19e siècle, développent une idéologie fortement "antisémite", à tel point que certains d'entre eux vont jusqu'à confondre leur combat dans une double dénonciation, celle de l'argent juif, et  celle de l'argent tout court ! En Allemagne, Ferdinand Lassalle, pourtant juif, ne dissimule pas son "antisémitisme" ! Marx va encore plus loin : il qualifie, on l'a vu, le judaïsme  de "religion de l'argent" ! 
Un autre danger se présente : les juifs allemands sont de plus en plus tentés de s'intégrer dans cette Allemagne flamboyante et victorieuse, bâtie par un Bismarck, dont le banquier personnel n'est  autre que l'un des leurs, ce Bleichröder qui a su le conseiller lors de la réalisation de l'unité des États allemands au moyen d'une Union douanière (zollverein), une sorte de "marché commun" qui a assuré le triomphe de la Prusse contre l'Autriche et la France, bastions du catholicisme en Europe ! Marx sait que l'Angleterre, après Napoléon, ne tolérera pas qu'une nouvelle puissance continentale lui dispute son leadership désormais affirmé sur la terre entière ! Et il n'ignore pas que les juifs sont enclins à être tout naturellement supra-nationaux, qu'ils sont, au fond, "mondialistes", et que cette nouvelle puissance au cœur de l'Europe pourrait bien les assimiler ! Des juifs éminents d'ailleurs préconisent un syncrétisme judeo-chrétien dans le protestantisme allemand ! Tout comme Bismarck, il devine une brutale réaction anglaise qui saura peut-être même, qui sait ?, non seulement mobiliser l'Europe tout entière contre l'Allemagne, mais adjoindre dans sa coalition anti-allemande  la nouvelle puissance américaine ! Installé à Londres,  Marx pressent un nouveau conflit "napoléonien" opposant cette fois les deux puissances "germaniques"... suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (36)


Une franc-maçonnerie activiste dans quasiment tous les pays ? Pourquoi se demandera le citoyen lambda ? Tout simplement, parce que l'Angleterre est parvenue à constituer le plus vaste empire colonial de tous les temps, et qu'elle a besoin pour étendre et conforter son influence, d'un relais politique. Elle n'a accouché ni d'une idéologie (donc pas de parti-relais supra-national), ni d'aucune religion (son Église anglicane n'est guère exportable !). Elle va par conséquent "tenir" ses possessions coloniales par des réseaux regroupant des personnes ou des groupes influents dans les pays "dominés" ou potentiellement adverses : la franc-maçonnerie devient donc son bras "occulte" - à Moscou, à Paris, à Pékin, à Tokio, et même à Washington où cependant, elle deviendra vite américaine, en raison de la montée en puissance  de ce nouveau pays qui ne tardera pas à supplanter les "anciens" pays européens. 
Mais la révolution industrielle, on l'a vu, dont la conséquence première est l'unification des États allemands dans une seule Nation, a pour résultat de libérer et d'émanciper les communautés juives en Europe - qui n'ont ni patrie ni État- mais dont la dispersion favorise l'activité commerciale et "communicante". Implantées dans tous les pays en cours d'industrialisation, donc dominants, ces communautés, qui n'ont pas de droits politiques dans un monde chrétien, vont s'efforcer tout au long du 19e siècle, de résoudre "leur" problème, car le "problème juif", c'est d'abord le problème des juifs ! Au sein du monde féodal, ils sont devenus les financiers des monarques et autres grands chefs féodaux. D'où le fameux constat de Marx : le judaïsme est la religion de l'argent ! Sans doute faudrait-il remonter plus loin, jusqu'au delta du Nil, mais ça n'est pas l'objet de ce petit livre !  Voici les juifs contraints de choisir une Nation ! Le premier pays à leur accorder les mêmes droits politiques qu'aux autres citoyens, ce sont les États-Unis, dès la Déclaration d'indépendance de 1776... En Europe, en revanche, leur émancipation politique est plus lente, alors que le 19e siècle est  - financièrement- le siècle des Rothschild ! Ils seront nombreux à participer aux grands mouvements révolutionnaires de 1848. Beaucoup préféreront convertir leurs enfants au christianisme, choisissant alors la voie de l'assimilation totale, (notamment dans les pays protestants). Ce fut le cas, en Allemagne, entre autres, des familles de Heinrich Heine, Karl Marx, Julius Stahl, en Angleterre de Disraeli... Avec Marx, un autre juif, Ferdinand Lassalle occupe un rôle majeur dans la "fabrication" du socialisme en Allemagne. En 1863, il fonde l'Union générale des ouvriers allemands, premier grand parti socialiste d'Europe. En 1875, au congrès de Gotha, lassalliens et marxistes, dont les thèses étaient cependant assez éloignées, se réunirent pour fonder le parti socialiste allemand, le plus influent d'Europe. 
C'est que l'Allemagne, nouvelle Nation au cœur de l'Europe, en pleine ascension, montait par la force des choses "à la tête" des juifs de ce pays, fiers de lui appartenir. Si bien que se dessinait une formidable alliance (économique et politique) entre les deux pays les plus dynamiques d'Occident, les États-Unis d'Amérique et la nouvelle Allemagne dont Bismarck était le champion, une alliance dont les juifs, avec leurs fabuleux financiers (germano-américains) constituaient le lien le plus puissant. D'autant que les deux pays s'affirmaient "anti-colonialistes" (anti-européens par conséquent, c'est-à-dire anti-britanniques, anti-français etc.). Les Américains s'opposaient, à ce moment-là, de toutes leurs forces au projet des Français de construire le canal de Panama, sur le modèle du canal de Suez, tandis que Bismarck imposait son "arbitrage" à toute l'Europe. Alors, les banques protestantes alimentèrent aux États-Unis une campagne  "antisémite" en pleine émigration allemande (fin du 19e siècle), au même moment l'Affaire Dreyfus, en France, dressait l'opinion contre  les juifs et l'Allemagne ! Si bien, et cela nous surprend aujourd'hui !, qu'au début du XXe siècle l'Allemagne apparaît comme la grande protectrice des Juifs, et l'alliée principale des États-Unis d'Amérique ! Mais peut-être ceci explique-t-il cela? (La décision outre-manche de mettre fin à des siècles de conflit... avec la France !) suivra  
 

mardi, janvier 15, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (35)



L'anecdote a peut-être le mérite de révéler en quelques mots l'une des causes, sinon la cause du ratage historique commis à l'orée du XXe siècle , que nous n'avons toujours pas su corriger, si l'on en juge par les péripéties de notre diplomatie et de nos engagements militaires, tant en Libye qu'au Mali !
Et pourtant ! La franc-maçonnerie est bourrée de "bonnes intentions", mais elle a fini par être annexée  par l'Angleterre qui l'utilise pour défendre ses intérêts exclusifs... En sont-ils conscients à Paris ? Pourquoi l'aveuglement de nos dirigeants qui se laissent mener par le bout du nez au point de mettre notre pays au service de l'impérialisme britannique ? Parce que, comme l'a constaté mon père "Ils ne font que bouffer du curé là-dedans" ! Dans leur combat contre l'Église catholique et le Vatican, il leur faut des alliés, et le principal d'entre eux est à Londres ! Leur "république", difficilement imposée dans les années 70-80, toujours menacée d'une restauration monarchique ou bonapartiste, est complètement isolée en Europe : tous les autres pays, sur le continent, ont des régimes monarchiques ! Berlin, Rome, Madrid sont anti-républicains. Ils ont fait alliance avec le tsar de toutes les Russies, eux les Républicains, dès 1892, accueilli l'année suivante la flotte russe à Toulon, enfin le tsar lui-même Nicolas II à Paris, en 1896, par hostilité à l'Allemagne bien sûr (Alsace-Lorraine oblige). 
L'année 1898 fut une année décisive. Non seulement Guillaume II affirmait le "rêve allemand" (weltpolitik) jusqu'en Palestine, mais à Fachoda au Soudan, le capitaine Marchand avait devancé Kitchener, à la tête de 20.000 anglo-égyptiens, et Londres exigeait le rappel de Marchand par Paris. Une explosion de haine souleva l'opinion en France contre l'Angleterre, et nous fûmes à deux doigts d'entrer en guerre contre la "perfide" Albion, d'autant qu'au Transvaal les Anglais étaient en butte à la révolte des Boers ! Ce qui avait entraîné une alliance de fait entre la France et l'Allemagne, et le ministre français des Affaires étrangères, Gabriel Hanoteaux, non seulement apportait son soutien au capitaine Marchand, mais prônait un rapprochement diplomatique avec l'Allemagne !
Imaginez la hantise du gouvernement de Londres ! Et la "mise en action" d'une franc-maçonnerie entièrement mobilisée contre cette perspective désastreuse pour l'Angleterre. Hanoteaux fut éliminé et remplacé par un politicien "radical" (suivez mon regard) de l'Ariège, Théophile Delcassé, et celui-ci, malgré l'hostilité de l'opinion, donna entière satisfaction à Londres ! En échange, les Français allaient obtenir, en 1904, non seulement le Maroc que convoitait également Guillaume II, laissant l'Égypte et son canal aux Anglais, mais, dans le domaine intérieur, nos gouvernants pouvaient voter, en 1905, la loi séparant l'Église (catholique) de l'État, ce qui n'était pas pour déplaire au gouvernement (protestant) de Londres confronté durant tout le siècle à la révolte (catholique) des Irlandais ! L'Entente "cordiale" était dirigée non seulement contre l'Allemagne, mais contre le catholicisme partout dans le monde : tout comme au Canada où les catholiques se voyaient priver de tout soutien français. En 1904, nos "chers frères", par haine de l'Église ("ils ne font que bouffer du curé là-dedans") ont bien mis la France au service de l'Angleterre, "à l'insu de leur plein gré", si j'ose dire. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (34)


J'aimerais comprendre ce grand ratage du XXe siècle, spectaculaire, qui nous interpelle, spécialement nous, Français. En 1898, un jeune homme de vingt ans (mon père), a vu  l'Empereur d'Allemagne, Guillaume II, faire son entrée dans Jérusalem, à la tête d'un splendide attelage, par la porte de Jaffa ouverte par les Ottomans, les occupants alors de la grande Syrie. Venant de Constantinople, via Damas, l'Empereur, l'allié du Sultan, est entré à cheval dans Jérusalem comme un conquérant. Son voyage en Terre sainte a été préparé et organisé par Thomas Cook, le petit-fils du fondateur de la célèbre agence  Cook ! A cette occasion, le Sultan a programmé de grands travaux, dont la construction d'une monumentale gare à Jérusalem. (L'année suivante, les Allemands obtiendront le contrat pour réaliser la ligne de chemin de fer reliant Bagdad à Berlin !). Le retentissement de ce voyage est immense, dans la région comme en Europe. Les Français ont construit le canal de Suez, inauguré en 1869 par l'impératrice des Français, Eugénie de Montijo. Voici le train ! Bientôt le pétrole... Et Theodor Herzl que l'Empereur reçoit publiquement en prenant soin toutefois de ne rien officialiser. Prend-t-il conscience de la complexité du problème ? Que les Anglais vont inévitablement réagir ? Que les Arabes veulent s'émanciper du "joug" ottoman ? Sans doute préférerait-il qu'Herzl négocie sa Chartered Company avec le Sultan, sans compromettre son prestige que le voyage a renforcé auprès des uns et des autres...
C'est au lendemain de cette chevauchée impériale allemande que mon père débarque à Paris. Il vient  en France poursuivre ses études commencées à Antoura,  le premier établissement d'enseignement français fondé en 1834 par les Jésuites, dans la montagne libanaise, à 20km de Beyrouth. Les Jésuites ont un établissement à Gentilly, en région parisienne, où il sera pensionnaire. Il est fasciné par Paris, ville-lumière, la Seine, Notre-Dame, la Tour Eiffel ! Il éprouve physiquement l'impression d'entrer dans le XXe siècle, tandis que ses parents, restés à Saint-Jean d'Acre, dans l'Empire ottoman, vivent encore au Moyen-Âge... Comment atterrit-il sur les bords de Seine, avenue de Versailles, chez de bons bourgeois, les Crié, originaires du Mans, et dont le chef de famille est le directeur d'une société de transports urbains (l'ancêtre de la RATP !), en ce temps-là des calèches tirées par des chevaux qui sillonnent la Ville-Lumière, mais où apparaissent les premières lignes du tramway et bientôt le métro que l'ingénieur breton, Fulgence Bienvenüe, le bien-nommé, entreprend de creuser sous la Seine ! Sans doute sont-ils allés en Terre sainte où ils ont fait la connaissance de ses parents, chargés d'accueillir les pèlerins à Saint-Jean d'Acre ? En tout cas, devant ce jeune homme instruit et ambitieux, M. Crié lui dit, tout de go :"
- Jeune homme, si vous voulez servir efficacement votre pays (la Syrie), il vous faut adhérer à la franc-maçonnerie. Ils en sont tous, du Président de la République au garde-champêtre de Pougastel-Daoulas ! (c'est moi qui cite "Plougastel-Daoulas" ! C'est le moment, en effet, où culmine en Bretagne l'affrontement entre les deux écoles, la laïque et la religieuse. La franc-maçonnerie, qui a pris le pouvoir à Paris,  a fait de l'école son champ de bataille dans l'Ouest).
Le jeune homme adhère, parrainé par son puissant mentor... et il en ressortira en courant six mois plus tard en marmonnant :"Ils ne font que bouffer du curé là-dedans..." (C'est ma mère qui me l'a raconté). suivra

lundi, janvier 14, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (33)


1900 - l'entrée dans le 20e siècle - a vu, contrairement aux "prévisionnistes heureux", l'avènement du siècle "le plus terrible de l'histoire", le siècle de la Guerre Mondiale qui se poursuit de nos jours - jusqu'à l'extinction de l'espèce humaine ? Il n 'est pas impossible que nous soyons les derniers représentants de l'espèce humaine, je veux dire, de l'homme humain, les autres, nos descendants devenant peu à peu, mais de plus en plus rapidement, à l'issue d'une 3e guerre mondiale, ou avant ?, des hommes robotisés  - l'homme robot - fabriqués sur commande et vendus à crédit par des laboratoires agréés... Ces êtres-là, pour moi, ne seront plus des hommes comme nous l'avons été, et le sommes encore. Ils seront différents, autres, peut-être s'en iront-ils, à bord d'avions-fusées, à la découverte de l'infini, de grain de sable en grain de sable, que nous appelons, nous, pompeusement "planète"... Leur destin, à vrai dire, ne m'intéresse pas ! Je m'en fous de savoir comment ils vivront, et ce qu'ils feront... Leur finalité ? Le néant...
Non, ce qui m'intéresse, moi, et ceux qui m'entourent, s'ils se posent les mêmes questions, c'est le devenir de cette planète-ci, que nous habitons, et que nous aimons un peu comme une patrie... En quoi pouvons-nous la servir ? Peut-elle devenir, sinon un paradis, du moins un havre de paix, où il fait bon vivre, où tout le monde, indépendamment de la couleur de sa peau, ou de    ses convictions, religieuses ou non, trouve sa place, le temps... de faire connaissance, avant de s'en aller, l'esprit apaisé, et sans regret excessif... Est-ce  possible ? N'est-ce pas le seul et vrai défi qu'il faille tenter de relever ?
Vous allez me dire "Oh, là, nous sommes bien loin de nos préoccupations terriennes, je veux dire prosaïques, banales, quotidiennes, hollandaises, pour tout dire ! Même si ce françois-là n'est pas le capitaine Flanby d'un pédalo corrézien qui a appris à scander :" La Corrèze avant le Mali" ! Et pourtant, il faut bien se poser des questions si nous ne voulons pas finir idiots !

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (32)


Avec le recul (qui ouvre souvent les yeux des historiens, soumis, comme nous tous, aux influences dominantes du moment), l'URSS et le communisme ayant disparu, il nous faut bien essayer de comprendre un siècle... qui fut celui de l'expansion de l'URSS et du communisme, avant leur disparition soudaine (en 1991) ! 
Voici mon avis, et je sais qu'il va surprendre ! Même si de Gaulle a émis ce jugement qui nous paraît très juste :" la Russie boira le communisme comme le papier buvard boit l'encre" et l'on sait - ce qui faisait rire les "grands experts" du Quai d'Orsay - qu'il s'obstinait à nommer Russie un pays que nos experts appelaient "Union soviétique" ! 
En fait, nous voyons très bien qu'au tournant du siècle (19e/20e) la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon font problème... aux Anglais et aux Américains, alliés et concurrents, les uns soucieux de maintenir leur Empire colonial mondial, les autres de conquérir de vastes marchés pour écouler leurs marchandises qu'il leur faut imposer au détriment de ceux produits par la "vieille" Europe encore industrielle (Allemagne, France, Italie...) 
Ce qui est également remarquable, c'est le rôle joué par la franc-maçonnerie devenue, à l'instigation de l'Angleterre, l'instrument N°1 de ses grandes manœuvres à l'échelle mondiale. Son Chef, le Roi Edouard VII, dont le neveu (Guillaume II) ne cache plus ses ambitions mondiales à Berlin, vient à Paris séduire nos "républicains" par des pitreries et des bons mots tellement "parisiens"  que nos "républicains" en viennent à crier "Vive le Roi", le soir de sa réception à la Comédie française ! 
Ainsi "l'entente cordiale" (sic) est-elle signée en 1904 par des "francs-macs" bien de chez nous, et le Japon est-il incité l'année suivante à agresser la Russie en coulant dans la rade de Port Arthur sept bâtiments russes, sans déclaration de guerre ! C'est que la Russie tsariste, après la construction du transsibérien, et son installation à Port Arthur, atteint le Pacifique, chasse gardée des Japonais et des Anglo-Américains ! Dans le même temps, aux États-Unis, de puissants banquiers juifs d'origine allemande sont entrés en conflit  avec les banques protestantes, dont la célèbre banque Morgan. L'un d'eux, Jacob Schiff, qui a réussi l'union de deux banques d'affaires les plus renommées au monde, d'un côté et de l'autre de l'Atlantique, Kuhn Loeb et Warburg, a fondé de nombreuses associations  d'entraide juive. Voici ce que Jacques Attali écrit dans son livre, fort intéressant, à propos de Schiff, ("les Juifs, le monde et l'argent"- éditions Fayard, page 444) :" Mais l'essentiel de son combat concerne le sort des Juifs russes : en 1905, après un pogrom à Odessa, il obtient que le président Théodore Roosevelt proteste solennellement auprès du tsar - en vain."
" C'est alors que le Japon, frustré de ses conquêtes en Chine, attaque la Russie. Si, à la stupeur des Européens et des Américains, l'Empire du soleil levant se révèle être une puissance militaire moderne, il ne peut battre l'armée tsariste sans acheter des armes. Schiff accepte alors d'organiser pour lui un colossal emprunt de 200 millions de dollars. Il obtint le soutien des Warburg et des Morgan. Le placement est difficile, mais Jacob le réussit. Au même moment, il refuse de participer à un prêt organisé à Wall Street pour le compte de la France, car il craint que cet argent n'aille en définitive aux Russes, très emprunteurs à Paris à cette époque. La colère russe contre les financiers américains ne fait qu'aggraver les pogroms. Le 11 juillet 1906, alors que la guerre tourne à son avantage, le Japon lance à Londres un nouvel emprunt de 30 millions de livres sterling. Kuhn Loeb, à New York, et MM. Warburg, à Hambourg, le placent dans plusieurs autres banques. Cette fois, la demande est dix fois supérieure à l'offre : le sort des armes ne fait plus de doute."
"La victoire du Japon est bientôt totale... Max Warburg et Jacob Schiff deviennent alors les financiers attitrés du Japon. Schiff effectue même un voyage triomphal dans l'archipel, à la grande fureur des Russes..." (Je signale que des  chercheurs - "antisémites" bien entendu -  ont prétendu que Schiff avait reçu Trotski et financé la "révolution" en Russie). Néanmoins, il est avéré que la franc-maçonnerie et la finance juive ont déployé - autour de 1900 - ce que l'on peut appeler une intense "activité"... Pour en terminer avec Jacob Schiff, il est également établi qu'il nourrissait le projet de faire venir aux États-Unis les "petits juifs" de Russie. Avait-il en tête un "État juif" aux States, comme d'autre rêvaient (et rêvent encore) d'un État "noir" ? C'est probable... suivra

dimanche, janvier 13, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (31)


"La croissance continue des exportations allemandes obligeait l'Allemagne à avoir enfin une politique navale :" Notre avenir est sur l'eau" proclamait Guillaume II, en 1898, et les diverses lois navales obtenues par l'Amiral Tirpitz entre 1898 et 1908 engagèrent le Reich dans une course aux armements maritimes qui effraya justement la Grande-Bretagne et poussa celle-ci à se rapprocher de la France". 
Et nous voici revenus en 1898, à Constantinople où Guillaume II, en route vers la Terre sainte, reçoit Theodor Herzl, la veille de son entretien avec le Sultan.
- Mais dites-moi d'un mot ce que je dois lui demander.
- Une Chartered Company sous protectorat allemand.
- Bien, bien, une Société reconnue par une Charte... Communiquez, avant notre départ demain pour la Palestine, un mémoire à Bülow. (in  le Siècle d'Israël - page 105).
Une Charte ! On a vu que la colonisation s'exerçait depuis deux siècles par l'entremise de Chartes accordées à de grandes Compagnies privées, telle que la Compagnie des Indes, et que l'Allemagne de Guillaume II s'était mise, depuis une vingtaine d'années, à acheter des "colonies" à tour de bras, toutes les terres étant déjà entre les mains des autres puissances ! Le Sultan étant ruiné, c'est avec lui que devait se négocier l'achat d'une "terre pour les petits juifs" d'Europe de l'Est - Vos banquiers sont encore plus riches que les nôtres avait lancé Guillaume II à Herzl, pour l'encourager à poursuivre ses démarches auprès de Rothschild, de Hirsch et de quelques autres...
Et l'Empereur qui se doutait bien qu'il se heurterait à l'opposition de la France, "gardienne des Lieux saints", à l'Angleterre bien entendu sur le qui-vive dans la région, et au Vatican qui ne pouvait tout de même pas baptiser un "royaume juif" à Jérusalem !, en froid avec le tsar (qu'il espérait bien neutraliser), était ravi d'apparaître comme un protecteur des juifs au moment où, en Russie, ceux-ci étaient victimes de pogroms, et en France d'une campagne "antisémite" nourrie par l'Affaire Dreyfus ! Ce "projet de Charte", c'était du pain bénit, et arrivait à point nommé pour accroître son emprise sur le Sultan, tombé sous la coupe des Anglo-Français qui venaient de fonder une Banque pour administrer sa "dette" ! 
Ainsi, il nous faut reconnaître en toute honnêteté que l'entreprise de Herzl est apparue dans un contexte hyper-impérialiste et ultra-colonialiste où toutes les grandes puissances sont impliquées et rivales, y compris les États-Unis d'Amérique, et dans le moment où les peuples colonisés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine sont entrés dans un grand mouvement de revendication et de libération nationale en riposte à cette frénésie d'intérêts commerciaux générateurs d'expéditions et autres interventions tous azimuts ! Et dans la période où l'Allemagne se découvre un appétit monstre pour  des colonies ! En 1898,  il n'est nullement question de "shoah" ou de génocide, mais de calculs et d'intérêts commerciaux où sont sollicitées les plus grandes banques de la planète. Un point c'est tout. Telle est la mondialisation en 1900 : une rivalité brutale entre grandes puissances qui s'exerce au détriment des plus faibles. C'est le darwinisme sans aucune entrave appliqué à l'économie ! 

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (31)


Le système hispano-portugais de l'administration directe (d'un territoire) se révélant coûteux (car, aux meilleurs moments, l'Amérique ne fournit jamais plus qu'un quart environ des ressources totales de la couronne espagnole) Anglais, Hollandais, Français recoururent plus volontiers à la formule des compagnies à charte qui, moyennant l'octroi de grands privilèges commerciaux, parfois d'un monopole absolu, assuraient, à l'aide de fonds privés, l'établissement, le peuplement et la mise en valeur d'une colonie. Telles furent, avec quelques autres, les nombreuses Compagnies des Indes... La plus florissante de toutes fut, au XVIIe siècle, la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Au siècle suivant, la Compagnie anglaise des Indes orientales, réorganisée en 1709, s'engagea dans la conquête territoriale de tout le subcontinent indien, qu'elle devait gouverner jusqu'à la révolte des Cipayes (1858). 
L'Allemagne n'entra que tardivement dans la compétition coloniale, et du fait d'initiatives privées, alors que, répétons-le, Bismarck redoutait les entreprises outre-mer, estimant que l'Allemagne n'avait pas une flotte suffisante pour protéger ses colonies, ni une bureaucratie assez souple pour les administrer. Dès 1882, cependant, avait été créée une Ligue coloniale. En 1883, un négociant de Brême (Lüderitz), jeta les bases du Sud-Ouest africain allemand, et, l'année suivante, Karl Peters achetait, pour le compte d'une société allemande, les premiers territoires de l'Afrique-Orientale allemande. La même année, Nachtigal établissait le protectorat allemand sur le Cameroun et le Togo. De même dans le Pacifique, ils achetèrent de nombreuses îles aux Espagnols, entre autres. Ils avaient occupé, on l'a déjà dit, le port chinois de Kiao-tcheou où l'empire mandchou leur accorda un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans...
"Tout changea à l'avènement de Guillaume II (1888/1918) : dès mars 1890, Bismarck dut se retirer et le nouvel empereur, impétueux, romantique, quelque peu déséquilibré, jeta l'Allemagne dans une politique mondiale (Weltpolitik)... L'Allemagne, qui, selon l'expression  de Lénine, était venue s'asseoir à la table capitaliste après que les meilleures places eurent été distribuées, réclamait, par la voix de Bülow (chancelier) sa "place au soleil". suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (30)


On sait que c'est seulement au lendemain de la 2e guerre mondiale que l'Inde, divisée en deux États, accéda à l'indépendance, le 15 août 1947. Ces deux États étaient le Pakistan (musulman) et l'Inde (à majorité hindouiste).
Le partage de l'ancien empire des Indes provoqua des massacres et des transplantations massives de population. Entre 1947 et 1950, 7 millions et demi de musulmans fuirent l'Inde vers le Pakistan, tandis que 10 millions d'hindous et de sikhs se réfugiaient en Inde; la plupart de ces personnes déplacées devaient connaître un sort lamentable. En de nombreuses régions, musulmans et hindous s'entre-tuèrent, et l'on estime à quelque 400.000 morts le bilan du seul été 1947. Gandhi, qui s'était désespérément efforcé d'empêcher la cassure de l'Inde en deux nations ennemies, fut assassiné par un fanatique hindou (30 janv.1948).

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Ce récapitulatif historique n'aura pas été vain, car il nous permet de comprendre - et j'en suis moi-même étonné - le déroulement des deux derniers siècles qui nous conduisent, inexorablement, vers "un règlement de comptes" à l'échelle planétaire entre les peuples ex-colonisés et leurs colonisateurs européens, si nous n'intervenons pas en proposant à tout le monde une coexistence pacifique, non plus à sens unique, mais partagée... La fameuse question Guerre ou Paix ? s'impose à nous tous comme jamais, d'autant que les moyens de destruction massifs dont disposent les États ne laisseront probablement pas de survivants à l'issue d'un conflit qui sera cette fois réellement mondial (aucun pays ne pouvant se déclarer neutre... les nuages radioactifs ignorant les pétitions et autres traités de papier !).
Ainsi, de la guerre de Sept Ans (fin du 18e siècle) qui a vu triompher l'Angleterre impériale, à la fin du 19e siècle (voyage de l'empereur d'Allemagne, Guillaume II, en Terre sainte -1898), le monde fut la proie des puissances devenues impérialistes sous l'impulsion du capitalisme, système économique particulièrement vorace (en matières premières et en main d'œuvre). 
Bismarck (1815/1898), le chancelier de Guillaume Ier, on l'a dit, était hostile à l'édification d'un empire colonial. "Toujours prudent, il avait freiné autant qu'il avait pu les tentatives d'expansion coloniale allemande, écrit le Mourre, pour ne pas éveiller la méfiance de l'Angleterre, et ce furent des initiatives privées (Lüderitz, Nachtigal, Peters) qui donnèrent successivement à l'Allemagne le Sud-Ouest africain (1884/87), le Togo et le Cameroun (1884/90), une partie de la Nouvelle-Guinée et diverses possessions du Pacifique (1883/99). suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (29)



Le nationalisme indien fut en grande partie une création des Britanniques. L'administration anglaise avait réussi une œuvre que n'avaient pu accomplir ni les Grands Mogols ni les empires plus anciens : l'unification politique de l'Inde.  Elle imposa à tous un même système judiciaire et des mêmes lois (code pénal,1860; code de procédure civile et criminelle,1861). La centralisation, les communications plus rapides, la diffusion de la langue anglaise rapprochèrent les divers peuples indiens, jusqu'alors séparés. L'éducation occidentale, distribuée dans les universités, fit connaître aux intellectuels de l'Inde les principes du parlementarisme britannique, du libéralisme et du nationalisme européens.
L'agitation politique ne mit que très tardivement en cause la domination britannique elle-même : elle revendiqua d'abord une plus large participation des Indiens à l'administration et au gouvernement. L'organe de  cette prise de conscience politique fut le Congrès, qui se réunit pour la première fois à Bombay, en 1885. Pendant les vingt premières années de son existence, le Congrès adopta une attitude parfaitement loyaliste à l'égard des Anglais...

"La crise éclata à la suite des imprudences commises par Lord Curzon, vice-roi de 1899 à 1905 : son projet de partition du Bengale (1905) souleva une opposition considérable... Cependant, à l'exception de quelques extrémistes, l'Inde manifesta un parfait loyalisme à l'égard de l'Angleterre de 1914 à 1918... Aussi beaucoup d'Indiens espéraient-ils que l'Angleterre, à la fin des hostilités, accorderait l'autonomie interne à l'Inde. Le Congrès - dont l'un des principaux animateurs était désormais Gandhi, arrivé d'Afrique du Sud -, se rapprocha de la Ligue musulmane, qui avait été fondée dès 1906 : hindous et musulmans conclurent le pacte de Lucknow (nov.1916). En août 1917, Montagu, secrétaire d'État pour l'Inde, promit une participation accrue des Indiens au gouvernement local afin que puisse être institué le plus rapidement possible un gouvernement indien au sein de l'Empire britannique... Mais en 1919, à la suite de grèves et de diverses manifestations révolutionnaires, les autorités anglaises firent brutalement machine arrière et promulguèrent des mesures d'exception. Gandhi répliqua en appelant les Indiens à observer l'hartal, c'est-à-dire la suspension de toute activité pendant un jour. Une manifestation de protestataires non violents fut brisée par le général Dyer, qui provoqua le massacre d'Amritsar en ordonnant à ses soldats gurkhas de tirer sur la foule, ce qui fit 379 victimes (13 avr.1919). Cet incident, dont la portée ne fut pas comprise par les observateurs européens de l'époque, provoqua une rupture irréparable entre les Britanniques et les nationalistes.
Gandhi s'efforça de rapprocher hindous et musulmans en apportant son appui au mouvement du Califat, lancé par les musulmans pour protester contre le traitement du sultan ottoman par les Alliés... Mais à côté du mouvement de Gandhi commençaient à s'affirmer des tendances plus radicales... Dès la fin des années 20, la revendication de l'indépendance absolue, et non plus seulement de l'autonomie interne, passa au premier plan des revendications nationalistes... En janv.32, les autorités britanniques tentèrent un coup de force en déclarant le Congrès illégal et en arrêtant une fois de plus Gandhi.

samedi, janvier 12, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (28)


Vers 1840, le grand problème, pour l'Angleterre, était d'assurer la frontière du N.O., voie traditionnelle des invasions. La rivalité anglo-russe provoqua la première guerre afghane (1839/42), qui fut un échec. Jusqu'alors, les interventions anglaises en Inde avaient été plus ou moins justifiées par des raisons défensives, par la nécessité d'imposer la paix entre les États princiers. L'époque victorienne (1837/1901) vit le passage à une politique impérialiste qui ne s'encombra plus de justifications. De nombreux États furent annexés qui constituèrent le vaste ensemble indien sous pavillon britannique.
La construction des premiers chemins de fer (1853), la création de la poste et du télégraphe (1853/54), la fondations des universités de Madras, Bombay et Calcutta, l'autorisation donnée aux veuves de se remarier (1856) soulevèrent l'opposition des milieux traditionalistes. Ces facteurs furent à l'origine de la plus grave crise qu'ait eu à connaître la domination britannique en Inde, la Grande Mutinerie ou révolte des Cipayes de 1857. 
Les Cipayes étaient des soldats recrutés en Inde dès le début de la pénétration européenne par les compagnies rivales; ils constituèrent ensuite, dans l'armée britannique des Indes, de véritables régiments, encadrés par des officiers métropolitains; leur nombre atteignait 190.000 en 1857. Soumis par leurs chefs à une propagande chrétienne assez maladroite, ils furent encouragés à la rébellion, dans le Bengale, par de nombreux princes indiens qui craignaient, vers 1857, de se voir confisquer leurs terres. La révolte des cipayes prit pour prétexte la distribution aux soldats de cartouches enduites de graisse de vache et de porc que les soldats devaient mordre pour les décapsuler - acte révoltant pour un hindou qui a le culte de la vache et pour un musulman sur qui pèse l'interdiction religieuse de la consommation de porc; la révolte commença à Meerut le 24 avr.1857, se développa dans toute l'Inde centrale et du Nord, fut marquée par la prise de Delhi (11 mai 1857), d'Allahabad (6 juin 1857) et par le massacre des Européens à Cawnpore. Toutefois, les cipayes de l'armée de Bombay restèrent fidèles. En mars 1858, les Anglais avaient complètement rétabli leur domination sur l'Inde. La mésentente des révoltés et l'absence d'objectifs clairs furent les  principales causes de l'échec de la mutinerie.
La révolte des Cipayes fut suivie d'une réorganisation administrative et le régime colonial prit alors ses traits définitifs... La Compagnie des Indes fut supprimée (1858) et l'autorité passa entièrement à la Couronne... Pendant quarante ans, l'Inde allait être gouvernée par une série de vice-rois... L'armée fut complètement réorganisée après la révolte des Cipayes; elle cessa d'être une milice locale pour être intégrée, comme une force impériale, sous l'autorité directe de la Couronne, au sein de l'armée britannique.
A l'extérieur, cette période fut dominée par la rivalité anglo-russe en Asie centrale : après la seconde guerre afghane (1878/1880), un conflit direct entre l'Angleterre et la Russie ne fut évité que de justesse par Gladstone en 1885, mais un accord durable fut trouvé avec l'agrément du Pamir (1895). L'Afghanistan était passé en fait sous protectorat britannique. A l'est, la Birmanie fut complètement annexée en 1886. L'établissement définitif de la domination britannique sur le vaste espace indien fut symbolisé par le titre "d'impératrice des Indes" que Disraeli fit attribuer à la reine Victoria le 1er janv. 1877. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (27)


"Les bases de la domination anglaise en Inde furent posées par Clive, qui remporta sur le nabab du Bengale la grande victoire de Plassey (1757) à la suite de laquelle la Compagnie britannique, tout en laissant au Nabab une autorité nominale, se fit attribuer le diwani, c'est-à-dire l'administration financière du Bengale. Mais Clive ne fut pas mieux compris de ses compatriotes que Dupleix ne l'avait été en France : l'Angleterre encore très mercantile du XVIIIe s. ne se souciait guère de colonisation mais seulement de commerce... Désavoué et rappelé en 1767, Clive devait finir par se suicider.
"On décida de nommer un gouverneur général, et le premier titulaire de ce poste fut Warren Hastings (1772/85). Menacés par les Marathes, qui se posaient en successeurs des Mogols, et par le Mysore, dont les souverains musulmans, Haïder Ali et Tipou Sultan, recevaient l'aide des Français, les Anglais se trouvaient dans une position difficile, au moment même où ils devaient mener la guerre contre les colonies américaines, alliées de la France. Hastings réussit à redresser la situation en réformant les finances... et la paix de Versailles priva Tipou Sultan, le plus redoutable adversaire des Anglais, de l'appui de la France. 
"La domination anglaise se trouva de nouveau remise en question par les victoires européennes de la Révolution française. L'expédition de Bonaparte en Égypte esquissait une menace française vers les Indes. Aidé de son frère, Wellington, le futur vainqueur de Waterloo, Wellesley, employant les armes, l'intimidation ou la diplomatie, imposa le protectorat britannique au sultan du Mysore... et commença le démembrement de l'empire des Marathes (1802/03). En 1805, l'Inde britannique s'étendait déjà sur tout le Bengale, la vallée du Gange et la plus grande partie de la côte orientale et de l'ouest du Dekkan".
Mais toutes ces conquêtes avaient coûté cher. Le gouverneur fut rappelé par la Compagnie, qui se trouvait au bord de la ruine, son déficit ayant presque doublé de 1797 à 1806.
Cependant le XIXe s. allait voir se poursuivre l'oeuvre d'unification... La seule puissance redoutable que l'Angleterre trouvait encore en face d'elle était celle des sikhs (secte religieuse, fondée par Nanak, au 15e s., réformateur religieux qui voulait unir les croyants de l'Inde, hindous et musulmans, dans une foi monothéiste non idolâtre,  laquelle s'est transformée au fil du temps en une redoutable théocratie militaire). suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (26)



Sans doute peut-on faire débuter la mondialisation en 1492 lorsque Colomb "découvre l'Amérique", puisque, deux ans plus tard, en juin 1494, les rois catholiques d'Espagne et du Portugal signent le traité de Tordesillas, à Valladolid, qui fixe les lignes de démarcation de leurs futures possessions outre-mer : le Nouveau Monde, que l'on ne fait que deviner par-delà les Océans, est censé leur appartenir ! Mais les Hollandais, les Anglais et les Français... vont immédiatement combattre leur monopole, en se dotant d'une marine conquérante. Et les conflits vont se multiplier jusqu'à cette guerre de Sept Ans qui va donner la primauté à l'Angleterre, dans le contexte d'une révolution industrielle qui a commencé chez elle. 
Le monde est "connu", et il faut maintenant se le "partager". En Asie, il n'y avait pas que la Chine ! L'Inde, plus "proche", plus accessible, et peut-être moins "mystérieuse" ?, a donc vu essaimer les "comptoirs" européens sur ses deux flancs. Le Mourre écrit :" La division politique rendait l'Inde vulnérable, non seulement à la convoitise des colonisateurs occidentaux, mais aussi à celle des conquérants nomades descendus de la haute Asie..."
"Au milieu du XVIIIe s., la présence européenne en Inde n'avait encore que très peu d'incidences dans l'histoire indienne. L'échec de l'évangélisation forcée et la rivalité hollandaise avaient empêché l'expansion de l'impérialisme portugais. Les Hollandais, apparus en Inde dès le début du XVIIe s., fondèrent des comptoirs sur la côte orientale, et surtout à Ceylan. La Compagnie anglaise des Indes orientales fut fondée des 1600, mais les Anglais se contentèrent longtemps d'une activité purement commerciale dans leurs comptoirs. De même les Français, après la fondation de la Compagnie des Indes par Colbert.
L'insécurité résultant de la décadence de l'empire Mogol (fondé par Baber, descendant direct de Tamerlan et de Gengis Khan, cet Empire fondé à Delhi en 1526, qui favorisa la réconciliation des musulmans et des hindous, avait atteint son apogée au XVIIe s ) et la répercussion en Asie des luttes franco-anglaises en Europe furent les raisons principales de l'intervention européenne dans les affaires intérieures indiennes. Dupleix, gouverneur de Pondichéry et directeur général des comptoirs de l'Inde à partir de 1742, fut sans doute le premier qui ait eu l'idée de fonder en Inde un empire européen :  profitant d'une querelle de succession survenue à la mort du nizam d'Hyderabad (1748), il se posa en arbitre dans la péninsule et établit une brève hégémonie française dans le Dekkan (1748/54), mais se heurta aux Anglais qui imposèrent leur protégé, Mohammed Ali, comme nabab du Carnatic." (Comme rappelé précédemment, vaincu par les Anglais (1752), et incompris en France, Dupleix fut rappelé en 1754. Le traité de Paris (1763) ne laissa à la France que les 5 comptoirs, dont Pondichéry, Chandernagor etc.) suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (25)


Pour fonder et motiver une nouvelle politique de grande envergure, à dimension mondiale, il fallait bien remonter aux sources de la mondialisation ! Et l'on découvre, pour s'en tenir à l'époque moderne, c'est-à-dire la nôtre, qu'en effet cette mondialisation-là a bien commencé avec la guerre de Sept Ans : l'affrontement en Amérique (entre  la France, l'Angleterre, l'Espagne, la Hollande etc.) concernait également l'Inde, dont la richesse économique excitait l'imagination des Européens. Les Portugais furent les premiers à atteindre les rives de cette immense péninsule avec Vasco de Gama en 1498. Ils y établirent des comptoirs, et toutes les grandes puissances européennes en firent autant. Des grandes Compagnies commerciales furent créées, dont les fameuses Compagnies des Indes (orientales et occidentales),  la française, sous Louis XIV et Colbert, en 1664, qui donna naissance, deux ans plus tard,  au port de Lorient ! Alors que dans les autres pays, il s'agissait souvent de compagnies privées, en France "l'initiative privée se révélant défaillante, seul l'État, sous l'impulsion de Colbert, fut capable de mettre sur pied de puissantes compagnies françaises, aptes à rivaliser avec les compagnies britanniques et hollandaises. (in le petit Mourre). "Ces compagnies à monopole et privilège, où les actionnaires n'avaient aucune part dans la direction des affaires et devaient se contenter de percevoir des dividendes, souffrirent toujours d'une insuffisance de capitaux et de fonds de roulement". 
"Sur le modèle de la Compagnie française des Indes orientales (1664) furent créées successivement : la Compagnie des Indes occidentales (1664); la Compagnie du Nord (1669), qui tenta de supplanter les commerçants hollandais dans la Baltique, mais dût être dissoute en 1684; la Compagnie du Levant (1670), la Compagnie de la Chine (1698); la Compagnie de Guinée (1701). (Au 18e s. un financier écossais, John Law, fut autorisé, en 1716, par le régent de France à fonder une banque privée dont les billets furent admis comme espèces dans toutes les caisses publiques... Devant le succès de l'entreprise, il eut le tort de lier sa banque à la Compagnie d'Occident qu'il fonda et qui, entre autres monopoles, eut celui de la refonte et de la fabrication des monnaies et du recouvrement des impôts directs (1717/18). En 1718, la banque privée devint banque d'État. La spéculation effrénée dont furent l'objet les actions de la Compagnie, devenue Compagnie des Indes, amena Law, trop confiant dans son système, à émettre une quantité de billets largement supérieur aux avoirs réels de la banque. Face à la hausse inconsidérée des titres de la Compagnie des Indes, les porteurs pris de panique, réalisèrent leurs billets. Law, qui était devenu contrôleur général des finances en janv.1720, ne put rembourser et son système s'effondra en déc. Il dut alors s'exiler et mourut dans l'indigence.
"Cette expérience, si elle permit de résorber une part importante de la dette publique, eut des conséquences psychologiques désastreuses; elle fit naître dans l'opinion publique française une prévention invincible contre toute forme de papier-monnaie et retarda les progrès du système bancaire française".

vendredi, janvier 11, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (24)


"Comprenant la vanité de tout recours à la force, Yuan Che-k'ai, travaillant désormais pour lui-même, préféra devancer les républicains du Sud. Il contraignit à l'abdication l'empereur enfant P'ou-yi (12fév.1912), et trois jours plus tard, institua le régime républicain à Pékin. Par souci d'union nationale, Sun Yat-sen s'effaça et, dès mars 1912, Yuan Che-k'ai était reconnu comme président de la nouvelle république dans tout le pays. 
Aucun accord durable n'était possible entre les démocrates du Kouo-min-tang et Yuan Che-k'ai, car celui-ci ne songeait qu'à confisquer la révolution à son profit. Il se sentit assez fort pour éliminer les députés du Kouo-min-tang, dissoudre le Parlement et supprimer les assemblées régionales (mars 1914).
Dès août 1914, les Japonais, qui attaquaient le territoire allemand de Tsing-tao, avaient violé la  neutralité chinoise et occupé la région du Chang-toung. En janvier 1915, le gouvernement de Tôkyô présenta à Yuan Che-k'ai ses "Vingt et une demandes", qui n'impliquaient rien de moins qu'une colonisation économique de la Chine. Pékin dut céder partiellement à l'ultimatum japonais, mais celui-ci eut pour résultat de susciter dans tout le pays, surtout dans le Sud, un puissant mouvement patriotique, qui devait avoir des conséquences durables. Entrée en guerre aux côtés des Alliés en août 1917 (allié de l'Angleterre dès le  30 janv.1902, le Japon, lui, s'était joint aux Alliés dès 1914, et vint à Versailles en 1919 récolter le prix de sa participation, à savoir les colonies ex-allemandes du Pacifique !) la Chine espéra obtenir de la Conférence de la paix, l'abolition de l'exterritorialité, la rétrocession des territoires cédées à bail, la restitution des possessions ex-allemandes du Chang-toung et la liberté de fixer ses droits de douane. Mais la France et l'Angleterre, qui proclamaient contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ne songeaient nullement à rendre à la Chine son indépendance économique.
Aussi les délégués chinois refusèrent-ils de signer le traité de Versailles (imitant en cela les États-Unis). Mais cet acte symbolique avait été précédé par une démonstration populaire de beaucoup plus grande portée : le "mouvement du 4-Mai" (qui prit son nom de la grande manifestation patriotique des étudiants de Pékin, le 4 mai 1919), de caractère antijaponais et antioccidental, constituait l'affirmation d'une volonté à la fois nationale et moderniste tournée vers une Chine nouvelle, intérieurement régénérée et capable de faire respecter sa dignité par toute puissance étrangère.
Le radicalisme révolutionnaire commença à conquérir la jeunesse intellectuelle. Dès le printemps 1918 avait été fondée à l'université de Pékin une société pour l'étude du marxisme, avec Chang Kouo-tao, Li Ta-chao et son bibliothécaire, Mao Tsé-toung. Dès le 1er juill.1921, le parti communiste chinois avait été formellement organisé dans la concession française de Chang-hai". suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (23)



"La guerre russo-japonaise de 1904/1905 - qui n'avait d'autre enjeu que la province chinoise de Mandchourie - et l'annexion par les Japonais, en 1910, de la Corée, séculaire protectorat chinois, illustrèrent de nouveau le déclin de la Chine. Réduite à la dernière extrémité, l'impératrice Ts'eu-hi elle-même, aussitôt après la crise des Boxers, se rallia à la politique réformatrice. En dépit de l'opposition persistante du clan mandchou rétrograde, elle appela auprès d'elle l'énergique ministre Yuan Che-k'ai : l'armée fut réorganisée à l'européenne; les traditionnels examens de fonctionnaires  furent supprimés (1906); plus de 30.000 écoles d'État furent ouvertes entre 1901 et 1910 et, par l'édit du 27 août 1908, la Chine s'orienta vers un régime de monarchie constitutionnelle.
Mais l'impératrice Ts'eu-hi et l'empereur Kouang-siu moururent à quelques jours d'intervalle (nov.1908), et le trône passa à un enfant de trois ans, P'ou-yi. La régence fut exercée par son père, le prince Tch'ouen, tout acquis au parti traditionaliste, et dont un des premiers actes fut de renvoyer Yuan Che-k'ai : la tentative de réforme impériale était désormais condamnée et l'initiative passait aux révolutionnaires du Sud, à la fois nationalistes et démocrates, qui se groupaient dans le kouo-min-tang, fondé en 1900 par Sun Yat-sen. Alors qu'à Pékin le régent multipliait les manœuvres dilatoires... la révolution éclata à Wou-tch'ang, dans le Ho-pei (10 oct.1911). La cour impériale, affolée, rappelait Yuan Che-k'ai, mais le mouvement révolutionnaire s'étendait rapidement à quatorze des dix-huit provinces chinoises, qui réclamaient une république.
Le 30 déc.1911, une Assemblée nationale, réunie à Nankin, proclamait Sun Yat-sen président de la république. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (22)


A la fin du 19e siècle - au moment où l'Europe tentait de renforcer son domaine colonial, et les États-Unis inauguraient la "politique dite du gros baton" avec le premier Roosevelt (Theodor), promu champion de l'interventionnisme tous azimuts, la Chine "allait désormais subir la pénétration européenne sous des formes multiples : établissement de "concessions" dans les villes ouvertes; privilèges d'exterritorialité pour les étrangers; franchises accordées aux marchandises occidentales; contrôle européen sur le système des douanes (dirigé, de 1863 à 1908, par l'Anglais Robert Hart); colonisation économique. La Chine ne pouvait plus cependant subsister dans l'isolement, car son plus proche voisin, le Japon, devenait une puissance moderne, avide d'expansion et redoutable.
La première guerre sino-japonaise (1894/95) coûta cher aux Chinois (La Corée, Formose...); ses effets psychologiques furent encore plus désastreux car elle fit la preuve que l'Empire mandchou était bien devenu "l'homme malade de l'Asie orientale". L'heure de son dépècement semblait sonnée. Les Russes entreprirent la construction, à travers la Mandchourie, d'un chemin de fer destiné à relier le transsibérien à Vladivostok (1895) et s'établirent à Port Arthur(1898); les Allemands s'emparèrent de Tsing-tao et de Kiao-tcheou (1897); la France se fit céder Kouang-tcheou et l'Angleterre Wei-hai-wei (1898)".
Sous le coup de ces humiliations, un groupe réformateur prit le pouvoir en juin 1898; "il voulait réorganiser l'administration chinoise, équiper l'armée à l'européenne, ouvrir des écoles et des universités modernes, adopter les techniques européennes pour permettre à la Chine de se libérer de l'Europe. L'Empire mandchou semblait sur le point de connaître une révolution comparable à celle de l'ère Meiji au Japon. Mais l'impératrice Ts'eu-hi, qui exerça pendant près d'un demi-siècle (de 1861 à 1908) une influence prépondérante à la cour de Pékin, arrêta net ce mouvement réformiste et favorisa les sociétés secrètes, traditionalistes et xénophobes. Encouragés par elle, les Boxers, une société secrète à la pointe du combat contre l'influence occidentale en Chine, au signal donné par l'impératrice et son homme de confiance, le prince Touan, encadrèrent la foule de Pékin, qui se rua sur les missions catholiques et les légations des grandes puissances; des prêtres furent massacrés, le ministre d'Allemagne assassiné et les autres diplomates assiégés dans leurs légations. Les puissances organisèrent alors un corps expéditionnaire international composé de Français,  d'Anglais, d'Allemands, d'Italiens, d'Autrichiens, de Russes, d'Américains et de Japonais, sous le commandement du général allemand von Waldersee. Après la prise de Tien-tsin (14 juill.1900), les troupes alliées entraient à Pékin (août 1900), délivraient les légations et mettaient en fuite l'impératrice Ts'eu-hi et sa cour.
La dynastie mandchoue se trouvait à la merci des grandes puissances, qui lui imposèrent un humiliant traité (7 sept.1901) : le gouvernement chinois s'engageait à verser aux puissances occupantes, dans un délai de trente-neuf ans, l'énorme indemnité de 1 milliard, 700 millions de francs-or ! Pour préserver leurs diplomates, les puissances maintinrent désormais des troupes dans  la capitale chinoise.
"Réaction foncièrement conservatrice et traditionaliste, mais aussi expression d'un patriotisme exacerbé, la révolte des Boxers est aujourd'hui considérée par la Chine "communiste" comme une étape de la lutte "anti-impérialiste". suivra  

jeudi, janvier 10, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (21)


Qu'il me  soit permis de mentionner ici un souvenir personnel (que j'ai déjà rapporté dans mon livre "Et si l'Italie était la solution ?" dans une note en bas de la page 38). J'ai habité quelque temps, aux alentours de 1970, dans une petite rue du XXe arrdt de Paris, la rue...Pali-kao ! Je découvrais ce nom pour la première fois ! En consultant le petit Mourre, j'y appris que s'était déroulée, en 1860, dans cette bourgade située à quelques kilomètres de Pékin une bataille qui opposa aux Chinois un corps expéditionnaire franco-anglais commandée par le général (français) Cousin-Montauban, et que la victoire remportée là avait ouvert la voie conduisant à Pékin, où le Palais d'Été fut mis à sac quelques jours plus tard. Je n'y avais pas prêté grande attention, bien qu'ayant travaillé autrefois dans le 13e arrdt de Paris, un quartier ouvrier devenu... un quartier chinois, tellement chinois qu'on l'appelle désormais "Hong-Kong/sur/Seine ! Ils sont là des milliers. Combien ? On ne le sait pas au juste. Personne n'en sait rien ! Mais l'immigration chinoise ayant débordé, au sud vers le Kremlin-Bicêtre, elle a remonté la capitale par l'Est (le Paris populaire, et non pas le Paris bourgeois de l'Ouest - qui ne l'eut pas accepté), et chassé de Belleville-Ménilmontant les Arabes et les Africains, désormais concentrés dans le "neuf-trois" tout proche ! Et la petite rue de Pali-Kao se trouve, à son tour, dans un quartier chinois de Paris ! Amusant, non ? 

Mais ça n'est pas tout. Le 14e arrdt, où je vivais avant de rentrer sur Lorient, étant voisin du 13e, au sud, l'immigration chinoise continue son bonhomme de chemin... Les commerces, l'un après l'autre, se "sinisent", comme on dit dans le petit Mourre. Et même le 5e, au bas de la rue Mouffetard ! Chinois, chinois, chinois... Il s'agit d'une immigration très différente de l'Arabe ou de l'Africaine qui, elles, sont visibles, tandis que la Chinoise, s'intégrant parfaitement, en vient à disparaître, du fait qu'elle ne coexiste pas avec les autres : elle les remplace et les "autres", après quelques frictions ou velléités de résistance, émigrent en banlieue, de plus en plus loin. Au point que la gare du Nord est devenue la gare du "Neuf-Trois", cet ancien département qui avait pour chef-lieu Saint-Denis, une ville bretonne ! (Mais où sont donc passés les Bretons de Saint-Denis ?). 

Ayant habité dans tous ces quartiers populaires, je suis, ce qu'on appelle un témoin de la transformation "ethnique" et culturelle de ces vieux quartiers de Paris. En 40 ans, et même moins, les villes, notamment en région parisienne, ont changé  de visage ! Nous, qui "avons fait" Mai 68 en plein Paris, on peut dire qu'il n'y avait quasiment pas d'immigrés parmi nous : ils n'étaient pas là, direz-vous. Certes, il n'y avait pas de Chinois, très peu d'Africains, et peu d'Arabes... C'est très étonnant, parce qu'on peut affirmer que la "déferlante immigrée" s'est produite après, et qu'elle fut politique (et non plus économique). L'industrie française avait surtout besoin de se moderniser, de s'automatiser, de s'informatiser, et on lui procura une main d'œuvre bon marché -  dans le bâtiment notamment, n'est-ce pas Bouygues ?, et les services (par exemple de nettoiement). C'est pourquoi l'on peut dire qu'elle fut plus politique qu'économique.  Et que l'on peut la dater de l'élection de François Mitterrand, en 1981, qui inventa le "regroupement des familles", et de la fin de la guerre du Viet Nam (en 1974) lorsque la France accueillit (dans le 13e arrdt de Paris, où le maire, Jacques Toubon, était "preneur") les réfugiés de l'ex-Indochine française, qui ouvrirent la voie aux immigrés en provenance de Chine, bien plus nombreux ! Pour Toubon, c'est clair, il escomptait ainsi sauver sa mairie menacée par les progrès incessants de la "gauche". Quant à Mitterrand, en butte à une opposition de "droite" de plus en plus vindicative, il est admis qu'il s'est servi de l'immigration pour "gonfler" le Front National de Jean-Marie Le Pen afin de "casser" la droite. "On a donc fait venir" des immigrés en tenant compte d'un impératif politique, qui fut exaucé puisque le FN, en 1986, fit entrer 35 députés à l'Assemblée Nationale.

Néanmoins, Mitterrand dut subir la 1ère cohabitation. Ainsi, on peut dire, et cela sans doute explique la crise sociale aiguë que nous traversons aujourd'hui, que la venue  massive en France  d'immigrés à répondu à des préoccupations politiques, nullement à des besoins économiques ! 
Pour en revenir à la Chine, en discutant avec l'un d'eux dans le 14e arrdt de Paris, auquel je demandais combien ils pouvaient être en France, et quel était leur intérêt de s'implanter en région parisienne - et pourquoi pas Bruxelles ? lui ai-je dit, il m'a répondu, avec un certain sourire : - C'est difficile à dire... Notre nombre augmente sans cesse. Nous sommes plusieurs centaines de mille;  si l'on compte ceux d'Angleterre, ceux de Belgique, ceux d'Allemagne, et ceux de Hollande, nous sommes, disons, beaucoup ! Bruxelles ? Oui, c'est l'Europe ! L'Angleterre, m'a-t-il jeté sur un ton d'évidence, a eu son territoire chez nous, et vous aussi vous aviez des ports qui étaient de véritables comptoirs, non ? Pourquoi Dunkerque, ou Boulogne, ne deviendrait-il pas notre Hong-kong au nord de l'Europe ?
Je précise que ce dialogue (instructif) eut lieu au moment où l'on redécouvrait... les deux têtes en bronze, de rat et de lapin, pillées en 1860 à Pékin lors du sac du palais d'Été, mises en vente à Paris  dans la collection Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent en février 2009 ! On sait que le gouvernement chinois les réclamait avec insistance ("chez nous, m'a encore dit mon interlocuteur, tous les enfants à l'école apprennent le sac du Palais d'Été"...). Et jugeant cette demande justifiée, j'ai signé une pétition en faveur de leur restitution... 

Je ne sais pas si c'est le rêve des dirigeants chinois de ce siècle : avoir des "territoires" un peu partout ? Ils ont, en tout cas, une grande expérience des "transferts" de population, si l'on en croit le petit Mourre ! S'ils sont un milliard et demi, ou deux (combien sont-ils exactement ? Nul ne le sait, pas même eux !) l'exportation du "trop plein" peut s'avérer être d'un "bon rapport"...  Ils n'ont certainement pas, à mon avis, que l'Australie au bout de leur lorgnette ! suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (20)


 Notre époque (18e/20e) - La Guerre de l'opium
La Chine se ferma sur elle-même plus hermétiquement encore que sous les Ming. Elle provoqua les puissances occidentales en aggravant la législation contre le christianisme (1805),mais surtout les irritait en maintenant des restrictions draconiennes à l'encontre du commerce étranger, qui n'était toléré qu'à Canton, sous la surveillance d'un groupe de marchands chinois (Co-hong) appliquant leur propre monopole. Les Anglais qui avaient développé en Inde la culture du pavot et avaient introduit en Chine, vers la fin du 18e siècle, l'usage de l'opium, ressentaient particulièrement la prohibition par le gouvernement chinois, depuis 1800, de l'importation de cette drogue (qui faisait des ravages en Chine). A partir des années 1830/1840, les commerçants européens firent pression sur leurs gouvernements pour qu'ils obtinssent la liberté du trafic étranger en Chine. En 1839, le vice-roi Lin Tseu-siu confisqua et fit détruire à Canton une importante cargaison d'opium. Les Anglais répliquèrent en faisant le blocus de Canton et en déclenchant la "guerre de l'Opium" (1841/42). Par le traité de Nankin (29 août 1842), la Chine se vit obligée d'ouvrir au commerce britannique cinq de ses ports (parmi lesquels Canton et Chang-hai) et de céder aux Anglais l'îlot de Hong-Kong (occupé dès 1841). Des avantages analogues furent accordés en 1844 aux États-Unis et, par le traité de Whampoa (24 oct.1844), à la France, laquelle obtint en outre la tolérance de la religion chrétienne et de l'apostolat des missionnaires.
La révolte des T'ai-p'ing (1850/64), où le mysticisme se mêlait à des aspirations collectivistes, mit au grand jour la crise profonde de l'État mandchou; pendant plus de dix ans, toute la Chine méridionale échappa à l'autorité du gouvernement de Pékin. Celui-ci devait faire face à de nouvelles exigences des puissances européennes, qui justifiaient leurs interventions en invoquant la sécurité de leurs marchands et de leurs missionnaires. Deux interventions franco-anglaises (1858, 1859/60) aboutirent, après la victoire de Palikao, le 21 sept.1860, à l'occupation de Pékin (13 octo.1860) et à l'incendie du palais d'Été (en représailles de tortures infligées aux Européens). Par les traités de T'ien-tsin (1858) et les conventions de Pékin (1860), les Français et les Anglais obtinrent l'ouverture de nouveaux ports, l'installation de missions chrétiennes à l'intérieur de l'Empire,la création de légations à Pékin, des privilèges de juridiction pour leurs ressortissants et de substantielles indemnités de guerre. La Russie avait profité de ces événements pour s'assurer des avantages plus considérables encore : annexion de la rive septentrionale de l'Amour (1858), et, en 1860, du territoire situé entre l'Oussouri et le Pacifique, où fut fondé Vladivostok. Désormais intéressés au maintien du gouvernement mandchou, les Occidentaux aidèrent celui-ci à écraser la révolte des T'ai-p'ing. suivra

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (20)


L'arrivée des premiers Occidentaux eut peu de retentissement en Chine; celle-ci était plus préoccupée par les incursions des Japonais sur ses côtes et par l'agitation persistante des Mongols derrière la Grande Muraille. Enfermés dans Pékin, où ils laissaient gouverner les eunuques du Palais, les Ming devaient succomber sous les coups de boutoir des Mandchous, guerriers toungouses qui, venus de Sibérie, s'étaient infiltrés en Mandchourie  dès la fin du 16e siècle. Repoussés devant Pékin en 1627, grâce à l'artillerie fabriquée par les jésuites, les Mandchous s'emparèrent de la capitale en 1644, proclamèrent la déchéance des Ming et, en 1651, achevèrent la conquête de toute la Chine.
La nouvelle dynastie mandchoue (1644/1912) se sinisa rapidement et sut prendre les mesures nécessaires pour atténuer le ressentiment des Chinois à son égard. L'empereur K'ang-hi (1662/1722) et son petit-fils, K'ien-long (1736/1796), comptent parmi les plus grands despotes éclairés de l'histoire de la Chine : sous leurs règnes, la Chine réalisa son programme millénaire d'expansion en Asie centrale, en imposant son protectorat à la Mongolie, au Tibet et à la Kachgarie; la Corée également fut réduite en vassalité. Le traité de Nertchinsk (1689) écarta pour deux siècles la menace russe pour la Mandchourie. La nouvelle dynastie se montra d'abord favorable aux missionnaires chrétiens - notamment aux jésuites, qui remplissaient des fonctions de conseillers techniques à la cour (astronomie,cartographie,artillerie...).Mais l'incompréhension manifestée par Rome dans l'affaire des Rites chinois - c'est-à-dire de l'adaptation du catholicisme aux traditions nationales chinoises - amena les empereurs à interdire la prédication chrétienne (1717), puis à expulser la plupart des missionnaires (1724). suivra

mercredi, janvier 09, 2013

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (19)


Après la prise de Pékin, Gengis Khan dédaigna la Chine pour se tourner vers l'ouest, et, pendant une trentaine d'années, les Mongols se contentèrent d'opérations de pillages limitées contre l'Empire chinois des Song. C'est le troisième successeur de Gengis Khan, Mongka (1251/59), qui entreprit la conquête systématique de l'empire des Songs, continuée après lui par son frère Koubilaï (1260/94), lequel fonda la dynastie mongole des Yuan (1260/1368), s'empara, en 1276, de Hang-tcheou, la capitale des Song et, en 1278, de Canton.

Pour la première fois, un étranger se trouvait maître de toute la Chine, mais Koubilaï, qui avait montré toujours un goût très vif pour la civilisation chinoise, eut à cœur de se comporter en souverain national. Il mit les Mongols à l'école des Chinois. Pour symboliser sa volonté de siniser son empire, il établit sa capitale à Pékin, qu'il fit reconstruire afin d'effacer les ravages de Gengis Khan. Il adopta tous les usages chinois, réorganisa l'État, remit en service les canaux et les routes, encouragea les études; tout en respectant les traditions nationales et en se montrant tolérant envers les autres religions, il accorda une faveur particulière au bouddhisme. A la cour mongole, la littérature chinoise connut une certaine renaissance. Son règne vit la reprise des relations entre la Chine et l'Occident; des marchands (comme Marco Polo qui séjourna en Chine de 1275 à 1291) et des missionnaires européens purent visiter librement l'Empire et s'y installer. Malgré leurs efforts, les Mongols n'en demeurèrent pas moins, aux yeux des Chinois, une minorité étrangère. Une révolte nationale, partie des provinces du Sud - les dernières conquises par les Mongols - trouva son chef dans un simple fils de paysan, Tchou Yuan-tchang, qui s'empara de Nankin (1356), de Canton (1367), et enfin de Pékin (1368). Dès 1371, les Mongols étaient complètement chassés de Chine. Devenu empereur sous le nom de Hong-wou, Tchou Yuan-tchang fonda la dynastie des Ming (1368/1644). Celle-ci, qui atteignit son apogée sous le règne de Yong-lo (1403/24), gouverna avec énergie et fit régner la prospérité, mais une politique étrangère constamment pacifiste et l'influence prédominante des Lettrés confucéens engendrèrent un immobilisme dangereux et amenèrent la Chine à se replier sur elle-même, à l'heure où les Européens prenaient pied pour la première fois sur le sol national (les Portugais à Macao,1557) et où les missionnaires catholiques, à la suite du père Matteo Rici (arrivé en Chine en 1582), entreprenaient une audacieuse adaptation du christianisme à la culture chinoise. 

ENFIN UNE SOLUTION POUR SORTIR DE LA CRISE : RÉPONSE A J.M. AYRAULT (18)


"Après la chute des T'ang, la Chine retomba dans le chaos (période des Cinq Dynasties et des Dix États)... Un grand guerrier, T'ai-tsou, réussit à rétablir un Empire national chinois en fondant une nouvelle grande dynastie, celle des Song (960/1276).  Mais ni lui ni ses successeurs ne parvinrent toutefois à restaurer dans son intégralité l'empire des T'ang, et après de vaines luttes, durent consentir à traiter avec les Khitan de Pékin (1004) et se contenter de régner au sud du fleuve Jaune.
La paix qu'ils assurèrent à la Chine méridionale fut profitable au commerce extérieur (relations maritimes avec le Japon, l'Inde, l'Arabie, l'Égypte), à l'artisanat, aux nouvelles inventions (compas, poudre à canon) ainsi qu'à la recherche philosophique (néoconfucianisme de Tchou Hi) et aux arts (paysagistes Song). La Chine des Song rayonna en premier lieu sur les Khitan mongols, mais ce fut au détriment des vertus guerrières de ces derniers. En 1122/23 le royaume khitan de Pékin, qui avait victorieusement repoussé, aux 10e-11e s., toutes les attaques des Song, s'effondra sous les coups des Kin (ou Djurtchèt), peuple de race toungouse, qui enlevèrent rapidement aux Song le reste de la Chine du Nord, franchirent le Yang-tseu et approchèrent de Canton. A la paix de 1141, ils se contentèrent néanmoins des provinces du Nord et de la Mandchourie (leur capitale était à Pékin), les Song conservant la Chine du Sud, cependant qu'à l'Ouest subsistait le royaume des Si-hia. C'est donc une Chine divisée en trois États qui allait subir, au 13e s., l'assaut des Mongols. L'accession au pouvoir de peuples étrangers, Kitan (Jürchen) et Mongols, fut cruellement ressentie par les Chinois, mais donna lieu à une exceptionnelle effervescence dans la vie intellectuelle et économique du pays. 

Maître de la Mongolie dès 1206, Gengis Khan commença la conquête de la Chine en imposant sa suzeraineté au royaume des Si-hia (1209); puis il se tourna contre les Kin, qui, bien que sinisés, lui opposèrent une farouche résistance. Tournant la Grande Muraille par le Tarim, les Mongols, après de grandes difficultés, réussirent à s'emparer de Pékin, qui subit une dévastation terrible(1215). Les Kin se retirèrent au Honan, où ils furent définitivement écrasés par les Mongols, en 1234. suivra

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