mardi, décembre 06, 2011

HENNEBONT-PARIS TERMINUS ! (2)

Au retour, dans l'atelier, évidemment les "anciens" m'attendaient avec impatience, et, le sourire en coin, goguenards, ou hochant la tête avec commisération, " Tu vois, ça continue, les dirigeants du parti déconnent, ils collent au train des socialos". Alors moi, comme un jeune con, je défends la politique du Parti, je répète bêtement ce que nous raconté le prof : le compromis, l'art de faire un compromis comme Lénine"! Le ton monte, on échange de mauvais arguments, et à ma grande stupeur, l'un de mes contradicteurs, que je connais bien,  un ancien du Parti, le plus virulent, visiblement à bout devant mon aveuglement, me lance:" Sale juif !", avant de partir, un peu gêné, me semble-t-il. J'en reste coi, déboussolé, je n'ai pas compris son insulte, mais je viens d'entrevoir, d'un coup, "ce qui s'est passé à la Libération" entre le parti communiste et les travailleurs : un divorce, ressenti comme une trahison par ceux qu'il prétendait défendre. Mais ce divorce n'avait-il pas eu lieu en fait, dès 1939, lorsque Staline s'était entendu avec Hitler pour se "partager" la Pologne et l'Europe centrale ? Et, si nous remontons aux sources, ne s'était-il pas produit dès le début de l'URSS, lorsque Staline prétendit construire le socialisme (sic) en un seul pays ?
L'heure de vérité s'approchait à grands pas : en février 1956, lors du XXe Congrès du PC soviétique, Khrouchtchev, dans un rapport secret dénonça une (infime) partie des crimes de Staline, en les attribuant (le gros malin) au "culte de la personnalité" ! C'est le journal Le Monde qui publia, quelque temps plus tard, ce rapport prononcé à huis clos devant les délégués et les représentants des partis étrangers, dont le nôtre ! Et pourtant, ils passèrent leur temps à nier l'existence de ce rapport... fabriqué, selon eux, par la CIA ! Et pourtant, ce rapport, de toute évidence, improvisé par un dirigeant, visiblement heureux de pouvoir enfin révéler un petit bout de la vérité sur le monstre qui avait plongé la Russie dans la terreur et le goulag, ne mentait pas, lui !
J'adressai une lettre au Comité Central pour lui demander de réhabiliter le "camarade" Tito, et de soutenir Khroutchtchev contre les Staliniens. Une rude bataille opposait les deux clans au sommet du parti, et l'on sentait bien que les staliniens le contrôlaient encore. Pour moi, ça n'était plus possible : pour réconcilier la classe ouvrière avec le parti, la dénonciation du stalinisme était un préalable ! (à suivre) 


HENNEBONT-PARIS TERMINUS (1)

L'information selon laquelle le groupe parlementaire s'était montré divisé conforta plutôt ceux qui désapprouvaient le vote. C'était bien la première fois que l'on apprenait, à la base, qu'il existait des divergences au sein du parti ! Roger Garaudy, alors membre de la direction du parti, ayant publié un livre au titre "provocateur" La Liberté, je l'achetai, par curiosité et sans doute pour fronder. Garaudy était un intellectuel prestigieux, qui sentait déjà le soufre. J'avais failli faire sa connaissance d'une drôle de manière ! Le dimanche matin, je vendais l'Huma-Dimanche au métro Villiers avec l'autre jeune de la cellule, Pierre Dessuant, et, lorsqu'il nous restait des numéros, nous allions finir de les vendre, avant de rentrer déjeuner, à la sortie de l'Église d'à côté, rue Cardinet ou rue de Tocqueville, je ne sais plus, un peu par provocation, mais parmi les fidèles, il y avait des sympathisants ! L'un d'eux, un curé du nom de Henri Grouès, était devenu célèbre durant l'Hiver 54 sous le nom d'Abbé Pierre; il m'achetait le journal, et un jour, il me proposa de venir à une réunion-débat qu'il organisait l'après-midi dans leur local qui se trouvait dans les parages, du côté de la Porte de Champerret ou de Levallois (je ne sais plus trop bien). Et pour m'allécher, il me dit : " Et tu sais qui vient  conduire les débats ? Un  grand dirigeant de ton parti " ! J'étais  incrédule, je ne voyais pas qui parmi nos dirigeants pouvait assister à une telle réunion ! - Roger Garaudy, me fit-il, amusé et content de m'avoir surpris. Et comme j'ouvrais grand les yeux, il précisa :" C'est un esprit ouvert, et partisan du dialogue avec les chrétiens..." Malgré tout, j'étais trop à ce moment-là en rupture avec l'Église pour avoir envie de participer à ce dialogue-là; le dialogue, pour moi, et qui importait le plus, c'était avec les ouvriers, la "classe ouvrière" comme on disait encore ce temps-là, qu'il fallait l'avoir !
Je fus tout de même un peu surpris lorsque le prof me dit :" Il faut que je t'emmène à la Fédé, Bernard Jourd'hui veut te voir...". Le malheureux, je dis bien malheureux lorsqu'on sait (?) comment il a fini, m'attendait... pour me sermonner :" Te rends-tu compte dans quelle situation tu me mets ? On me dit que tu perturbes l'école avec tes questions ! C'est moi qui t'ai sélectionné. Promets-moi de ne plus troubler le stage, sinon tu arrêtes ! 
Je lui fis la promesse de me tenir à carreau...  (à suivre)

HENNEBONT-PARIS (9)

Lorsqu'on apprit que Guy Mollet, le chef du parti socialiste SFIO, avec le soutien du parti, devenait Président du Conseil, il y eut des remous dans les cellules, tant à l'usine que dans le quartier ! Pour les "communistes", les "socialistes" étaient des "social-traitres", des "collabos" de la bourgeoisie et du patronat ! Cette hostilité remontait bien sûr à 1920, au Congrès de Tours, au schisme dans le mouvement ouvrier, et depuis la Libération, à un autre schisme, la fracture syndicale FO-CGT, financée par les puissants syndicats américains et la CIA. Mais dans la cellule du quartier, la désapprobation fut également vive, du fait que les camarades juifs ne cachaient plus leur préférence pour PMF...
A la SNECMA, Bernard Jourd'hui me proposa de participer à une "école fédérale" du parti, car, disait-il, il avait apprécié mon action, et  notamment cette lettre à Mendès France... Je pris donc 15 jours de congé pour assister à ce stage qui se tenait dans le 20e arrondissement. C'est au cours de cette école, dirigée par un certain Mialet, je crois (c'était un conseiller municipal de Paris, permanent du parti bien entendu) que nous apprîmes que, dans la nuit, le parti avait voté les "pleins pouvoirs" à Mollet-Lacoste qui demandaient le "rappel du contingent" pour intensifier la guerre en Algérie ! Nous étions abasourdis, et Mialet dut se décarcasser pour répondre aux nombreuses questions, dont les miennes !, qui s'exprimaient à toutes les tables (nous étions  vraiment assis à des pupitres, comme à l'école !). Pauvre prof, accablé par ses élèves ! Mais, c'est lorsque des cheminots, arrivant en retard, s'expliquèrent avant de s'asseoir : "Excusez-nous pour ce retard, nous avons voulu passer à la gare, voir comment les camarades réagissaient (je crois qu'il s'agissait de la Gare de l'Est)... Ils désapprouvent le vote de cette nuit ! Et on a eu du mal à le justifier !" que nous prîmes conscience que notre malaise était partagé. Alors, Mialet, nous dévisageant tous, haussa le ton, et sans doute était-il passé à la Fédé avant de venir  pour affûter les "arguments" que le Parti allait devoir opposer à une base qu'elle devinait récalcitrante, il nous débita un discours magistral  : " Camarades ! Il faut savoir réaliser un compromis. Car il s'agit d'un compromis... Lénine, lui-même, a réalisé des compromis ! Le compromis n'est pas une compromission ! Quelle que soit notre opinion sur le parti socialiste, c'est avec lui qu'il faut réaliser l'unité de la classe ouvrière. Ce sont les deux partis ouvriers ! L'ennemi de classe aurait bien aimé que nous nous divisions ! Nous avons déjoué les manoeuvres de la droite... Et comme nous avions l'air plutôt sceptique, Mialet nous décocha un ultime argument-massue :" Maurice lui-même est intervenu devant le groupe parlementaire qui était divisé. C'est son intervention qui a convaincu le groupe qui a finalement voté pour à l'unanimité" ! (à suivre)

HENNEBONT-PARIS (8)

On apprit quelques jours plus tard qu'ils avaient rendu leur carte à la Fédé, certains en pleurant ! Ainsi, rapidement, la géopolitique nous rattrapait, en nous imposant les premières vagues de la marée, non plus atlantique, mais méditerranéenne : Algérie, Maghreb, Égypte... Cette année-là fut en effet marquée par un évènement majeur en Asie, qui marque pour moi le début de la vertigineuse ascension de la Chine : Bandoeng ! La Conférence (en 1955)  réunissait en Indonésie les chefs des pays "neutres" (Nehru, Nasser, Tito, Soekarno...) mais c'est l'arrivée triomphale, à la fin de la Conférence, de Chou en Laï, le ministre des Affaires étrangères de la Chine qui marqua les esprits : la Chine supplantait la Russie post-stalinienne, affichant déjà ses ambitions mondiales.
A Paris, la "pacification" de l'Algérie contraignait le pouvoir à dissoudre l'Assemblée, provoquant des élections anticipées le 2 janvier 1956. Les socialistes, les radicaux et leurs alliés avaient constitué un Front Républicain, excluant les communistes. J'avais formé à la SNECMA un comité réunissant de nombreux jeunes; j'adressai à Pierre Mendès France une lettre, au nom de ce comité, pour lui "demander de réaliser un Front populaire plutôt qu'un Front Républicain"! La réponse nous parvint, "malheureusement" négative ! Nous la distribuâmes, en tract, dans l'entreprise. PMF expliquait que  "le Front Républicain suffisait", sans pour autant être hostile au PCF. Nous avions comme candidat, Bernard Jourd'hui, un ancien métallo, qui avait une tête de boxeur (c'était, en fait, un ancien boxeur amateur !), et qui travaillait à l'AOIP, après avoir été licencié de chez Panhard, pour militantisme. Il fut élu député le 2 janvier 1956, et devint le plus jeune député de l'Assemblée nationale ! Il connaissait une ascension remarquable qui le plaçait à égalité avec Georges Marchais, au sein de la Fédération. On parlait de lui comme d'un futur secrétaire général. Bref, sans que nous le sachions, il était en concurrence avec l'autre métallo de l'Appareil, Georges Marchais !
La victoire électorale du Front Républicain faisait de Pierre Mendès France le favori pour la Présidence du Conseil (à suivre)

lundi, décembre 05, 2011

HENNEBONT-PARIS (7)

Ces camarades avaient envahi plusieurs cellules dans Paris, et posaient des questions embarrassantes ! "Pourquoi, demandaient-ils, Moscou soutient Nasser qui emprisonne les communistes égyptiens ? Nous sommes obligés de fuir, de nous réfugier en France, ou ailleurs". Dans la cellule du 17e arrdt, des divergences commençaient à s'exprimer. Et c'est Mendès France qui leur en fournissait l'occasion. Les uns l'attaquaient violemment en le dénonçant "comme l'homme du réarmement allemand " : il avait cédé aux pressions américaines en signant les Accords de Londres "qui réarmaient les revanchards allemands", les autres répliquaient en disant :" Il a quand même fait la paix en Indochine à Genève, il n'est si mal que ça !" - Oui, mais c'est l'homme du Grand Capital ! Il est soutenu par Le Monde ! (ah, le Monde, ce journal de la "grande bourgeoisie intelligente" !). Mais c'est l'affaire yougoslave qui suscitait le plus de critiques, parce que le parti ne donnait aucune explication à cette "erreur" (sic) ! Décontenancé par ces interrogations sans réponse, je me résolus à rendre visite au secrétaire de la section, le camarade Bassompierre (un brave type qui m'avait à la bonne), dans l'espoir d'obtenir des éclaircissements. - Ah, toi aussi, fit-il en m'accueillant. Il faut avouer, reprit-il après un silence. Visiblement, il s'interrogeait comme beaucoup. - On a publié des brochures sur le cas Tito, mais je ne vais pas te les donner... Elles sont dépassées ! Attendons les prochaines, fit-il avec ironie. Et l'Huma va nous fournir des explications... - En attendant, dis-je, ça discute dur dans la cellule, à propos de Mendès France. Il y a des camarades qui sont influencés parce que'il a fait la paix en Indochine ! Et pourtant, c'est l'homme du Grand Capital ! assénai-je avec conviction. - Mais c'est normal qu'il y ait des copains de votre cellule qui soient sous son influence... Et comme je n'avais pas l'air de comprendre, il lâcha à mi-voix :" Ces camarades sont juifs... et Mendès France est juif ! Mon étonnement le surprenait, de toute évidence. Ou pensait-il que je faisais l'imbécile ? Ou que j'étais  juif ? - On a déjà eu des problèmes, il y a quelques années, avec ces camarades... à propos d'Israël ! Certains ont même quitté le Parti. Au fait, est-ce que les camarades égyptiens sont passés vous voir ? - Oui, ils se posent eux aussi des questions... - La Fédé va prendre une décision. On va probablement les exclure. Ils créent un trouble dans les cellules...  (à suivre)

HENNEBONT-PARIS (6)

Étant l'unique ouvrier de la cellule de mon quartier, le secrétaire me confia le soin de présenter et commenter la "thèse" de Maurice Thorez ! Je me souviens avoir eu beaucoup de mal à la justifier; au contraire, je ne pus dissimuler mon scepticisme. Je ne trouvais pas mes camarades d'atelier "malheureux", et ayant appris ou compris que j'étais un nouveau militant du parti, les anciens (qui l'avaient quitté) venaient "mettre au parfum" ce jeunot qui avait le don de les écouter, en lui racontant l'incroyable comportement des cadres du parti à la Libération ! Lorsque Thorez, alors Ministre dans le gouvernement du Général de Gaulle, avait donné le mot d'ordre de "produire plus", les responsables du Parti, qui contrôlaient l'usine, avaient instauré le chronométrage sur chaque machine, et souvent, le "chrono" était lui-même un membre du Parti ! Bref, c'était du stakhanovisme - comme en URSS ! "Ils ne nous écoutaient même pas", "le Parti ne se trompe jamais, le Parti a toujours raison", "ah ça, combien de fois ils nous l'ont rabâché cette phrase-là "! J'étais sidéré, je découvrais que parmi les ouvriers, le parti avait beaucoup d'adversaires. "Et la grève Renault ? La grande grève de 1947 ? Ils l'ont combattue, ils montaient à la cantine pour nous dire "qu'il ne fallait pas la suivre parce qu'elle avait été déclenchée par des ennemis du Parti, des trotskystes qui voulaient que le PC quitte le gouvernement ! Et puis, deux jours plus tard, les voilà qui nous tiennent un autre discours ! Camarades, il faut rejoindre la grande grève Renault, et hop, de décréter la grève à la SNECMA, comme ils avaient l'habitude de le faire en appuyant sur un bouton". Et les titistes ? Combien ont été exclus du parti parce qu'ils donnaient raison aux Yougoslaves ! Et tu vois maintenant, ils disent qu'ils se sont trompés ! Y a pas que là qu'ils se sont trompés, crois moi !" Les anciens exhalaient leur rancoeur, et prenaient leur revanche, le "jeunot" les écoutait, lui ! J'avais constitué une cellule d'équipe avec quelques jeunes, et nous nous réunissions hors de l'usine, dans le local du Parti, si bien que j'appartenais à deux cellules fort différentes l'une de l'autre, mais toutes deux baignant dans un environnement contestaire. Car, soudainement, se présentaient dans la cellule de mon quartier... des camarades égyptiens qui fuyaient le régime du colonel Nasser ! (à suivre). 

HENNEBONT-PARIS (5)

En 1955, lorsque j'entrai à la SNECMA, je fus très surpris de découvrir boulevard Kellermann, sur le terre-plein face au vieux stade Charlety (depuis remis à neuf) des files de voitures en stationnement ! Un camarade d'atelier, devinant mon étonnement, me dit :" Eh, oui ! Aujourd'hui les ouvriers viennent travailler en voiture !". Moi qui venais d'Hennebont, je croyais que seuls des gens "riches", ou des patrons !, pouvaient se payer une voiture !    Dans ce quartier ouvrier, chargé d'histoire, avec la vieille usine Panhard de l'autre côté de la Porte d'Italie, et à l'arrière-plan  l'.A.O.I.P (une coopérative ouvrière fabriquant des instruments de précision), tout contre la célèbre Butte-aux-Cailles, théâtre de combats particulièrement sanglants en 1871 entre Versaillais et communards, ma "conscience de classe" allait en prendre un coup. J'arrivais (ce n'est que plus tard que je l'ai compris) au moment où la France faisait ses premiers pas (avec retard) dans le 20e siècle, c'est-à-dire dans la "société de consommation". Politiquement, cela se traduisait par la fin du "communisme", et l'accession au gouvernement de Pierre Mendès France, apôtre du système "travailliste", calqué sur celui d'Outre-Manche. (Et c'est ce qui a perdu, à mon avis, Pierre Mendès France, viscéralement attaché au régime parlementaire, hostile au régime présidentiel par conséquent, ce qui permit à François Mitterrand de le supplanter aisément lors des futures élections présidentielles). 
La SNECMA était une vaste usine moderne, propre, faite pour construire des moteurs d'avion à réaction, avec ses ouvriers professionnels et ses techniciens. Très politisés, malgré le tri "sélectif", les ouvriers avaient vécu là une expérience extraordinaire à la Libération où le PC, avec Charles Tillon, était maître de l'usine; il y avait les anciens membres du parti, les plus nombreux, et les nouveaux, comme moi, mais sans expérience. Si la mort de Staline, en 1953, annonçait celle du "communisme", ce n'est qu'en 1955 (lors de la "réconciliation" avec la Yougoslavie)  et surtout, en mars 1956, après la divulgation du rapport "secret" de Kroutchtchev sur les crimes de Staline, que les bouches s'ouvrirent ! En novembre 54 avait éclaté l'insurrection dans les Aurès; Mendès France, qui s'en était bien sorti en Tunisie, patinait en Algérie, d'autant que son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand déclarait :" En Algérie, une seule solution : la guerre!". Alerté par les militants, encore nombreux dans les grandes entreprises, que les travailleurs avaient tendance à s'installer dans la "société de consommation", achetaient une voiture, et la télévision (celle-ci connut un véritable boum en 1954 avec la Coupe du Monde de football qui se tenait en Suisse), rêvaient d'acheter une caravane pour partir en vacances "sur la route du soleil", Maurice Thorez (peut-être plus en possession de tous ses moyens ) pondit une thèse extravagante intitulée "La paupérisation absolue de la classe ouvrière" dans laquelle il affirmait que les ouvriers vivaient "plus mal" qu'au 19e siècle !  (à suivre)

HENNEBONT-PARIS (4)

Sur ce, Auguste Lecoeur, le secrétaire à l'Organisation, est destitué puis exclu du Parti pour des raisons mystérieuses (?). En réalité, Maurice Thorez, malade, est parti se faire soigner en URSS en 1950. Il reviendra, très affaibli, en 1953. Durant son absence, dauphin désigné ou auto-proclamé, maître de l'Appareil, Lecoeur sent venu le temps de la revanche. Depuis la fin de la guerre deux fractions s'opposent pour le contrôle du parti : les moscovites, autour de Thorez-Vermersch, réfugiés à Moscou pendant la guerre, et les résistants, dont Lecoeur, l'initiateur de la grande grève des mineurs dans le Nord sous l'Occupation. On imagine que le clan inféodé au Kremlin éliminait un dangereux concurrent. Déjà, en 1952-53, ils avaient fait tomber le groupe Marty-Tillon. Le premier était auréolé d'une gloire  acquise par son action dans la lutte des marins de la mer Noire en 1919, élu député après la Libération dans le 13e arrondissement de Paris, et Charles Tillon, un Breton !, ancien Ministre de l'Air sous de Gaulle en 1945, supervisant à ce titre les usines de la SNECMA où l'on n'avait pas oublié ses grands discours prononcés dans le hall qu'il commençait toujours par "Ah! comme j'aime sentir cette bonne odeur d'huile  brûlée" ! En 1955, un autre Breton, Pierre Hervé, rédacteur en chef de l'Humanité, était exclu du parti... Comme on le voit, j'avais donné mon adhésion à un Parti qui était en train de se vider de son sang...
C'est en 1954 que j'ai découvert à la fois le phénomène juif au sein du  Parti, et... l'intégration de la "classe ouvrière" dans la société de consommation. (à suivre)

HENNEBONT-PARIS (3)

La cellule était encore sous le coup de la mort de Staline, et d'un autre événement dramatique : l'exécution aux États-Unis d'Ethel et Julius Rosenberg, intervenue la même année, le 17 juin au matin. Des pétitions, signées par des gens de toutes obédiences, n'étaient pas parvenues à fléchir le Président des États-Unis, le Général Eisenhower, l'un des grands vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale ! Deux militants "communistes" condamnés à mort et exécutés aux États-Unis en 1953 ! Trois mois après la mort de Staline ! D'une manière très significative, on ne disait pas :"deux juifs", mais "deux communistes" ! On tentait de dissimuler la réalité effrayante : 8 ans à peine après le "génocide des juifs" commis en Europe, deux d'entre eux étaient exécutés en Occident, et, pis encore, aux États-Unis où des millions d'entre eux avaient émigré depuis un siècle, constituant désormais outre-atlantique la plus importante communauté juive du monde ! 
Certes, la "guerre froide" était devenue "chaude" en Corée en 1950, mais la négociation qui s'éternisait entre les deux Corée aboutissait soudainement, en juillet 1953, une fois Staline disparu. De même le "dégel" s'amorçait en URSS, et Mendès France signait à Genève, l'année suivante, le traité qui mettait fin à la guerre d'Indochine. Dans la foulée, la CED était repoussée par le Parlement, avec son appui ! Coup sur coup, on sabla le champagne dans les cellules : le Parti retrouvait des couleurs. A Moscou, une troïka se mettait en place, et après avoir éliminé Beria, Khrouchtchev débarquait, en 1955, à Belgrade se "réconcilier" avec Tito, le "traître", l'hitlero-trotskiste :" Nous nous sommes trompés, camarade !" s'écria-t-il en l'embrassant sur la bouche ! 
Devant ce spectacle renversant, nombreux furent ceux qui tombèrent de leur chaise  dans les cellules ! Comment pouvait-on  confondre un "communiste" avec un "fasciste" ? La rupture entre Moscou et Belgrade était récente (1948) et elle avait entraîné des scissions dans presque tous les partis communistes... (à suivre) 

HENNEBONT-PARIS (2)

Je tenais à rappeler cette "entrée en matière" dans un monde (le monde "juif") dont j'ignorais tout - et je n'étais pas le seul dans ce cas, surtout en Bretagne ! Ainsi Jo Robic, un voisin qui vient de mourir, et qui était devenu un ami, me disait encore quelque temps avant sa mort (on bavardait souvent au café du coin le Du Guesclin, à la Maison Rouge - devenu une boulangerie aujourd'hui) " Tu vois Gaby, je n'ai jamais rencontré un juif de ma vie ! J'ai lu tes livres, enfin pas tous !, et je suis très étonné !"... C'est donc à Paris, et dans l'univers "communiste" que j'ai découvert ce monde-là, mais pas tout de suite ! C'est peu à peu qu'il s'est révélé à moi, à travers l'histoire du parti communiste français !
Dans la cellule "bourgeoise" du 17e arrdt, les 3/4 des adhérents étaient "juifs" ! Naturellement, je n'en savais rien. Pour moi, c'étaient tous des "communistes", des membres du Parti de Lénine et de Staline ! En ce temps-là, on luttait contre "la sale guerre d'Indochine" et contre la C.E.D. (la Communauté Européenne de Défense) qui réarmait l'Allemagne, et l'intégrait dans l'OTAN, dirigée contre l'URSS ! Il régnait alors dans le parti, une atmosphère étrange, une ambivalence trompeuse. Je sais aujourd'hui que le PCF est mort cette année-là, en 1953, alors que nous allions remporter coup sur coup deux victoires extraordinaires qui plongèrent les militants dans une euphorie joyeuse : la fin de la guerre d'Indochine et le rejet de la CED par l'Assemblée Nationale ! Un homme politique, différent des autres, était-ce dû au hasard ?, je ne le pense pas, devint l'année suivante, Président du Conseil : Pierre Mendès France. (à suivre)

HENNEBONT-PARIS 2e PARTIE (1)

J'ai donc fait mon stage de formation professionnelle accélérée à Issy-les-Moulineaux, et c'est Georges Marchais, alors secrétaire de la Fédération de la métallurgie de la Seine qui m'a remis ma première carte syndicale de la CGT ! Six mois plus tard, j'entrais à la SNECMA (comme fraiseur) dans le vaste hall du rez-de-chaussée de l'usine face au vieux stade Charléty. Le directeur de l'atelier, un "sous-marin" du parti, me fit la leçon :" Tu fais ton travail, surtout tu ne quittes pas ta machine, tu ne milites pas ! On verra ça dans quelques mois...". Je travaillais en équipe (matin/soir). J'habitais alors dans une pièce située dans une arrière-cour, rue de Tocqueville, dans le 17e arrdt, un quartier bourgeois de la capitale. J'eus ainsi la chance d'appartenir à deux cellules, celle de l'usine et celle du quartier, complètement différentes l'une de l'autre ! J'avais sous les yeux "deux" partis, et c'est sans doute cela qui m'a aidé à "piger" vite, je veux dire à découvrir la véritable identité du parti communiste français... 
Je dois préciser que, sous l'Occupation, à Hennebont, nous avions été dénoncés par une lettre anonyme évidemment... comme "juifs " ! (Je l'ai appris il y a peu, par mon frère). Je me souviens de la visite des gendarmes à la maison, et l'affolement de ma mère qui s'était empressée de rassembler tous les "documents" qu'elle jugeait compromettants, de simples lettres échangées par mon père avec des clients, dont certains étaient juifs, et qu'elle confia à notre voisine et amie, Mlle Iziquel... Je rappelle cette anecdote pour souligner que j'ignorais ce que c'était qu'un "juif"  ! En Bretagne, il y en a très peu, et la personne à l'origine de la dénonciation ne le savait pas non plus, puisque que, connaissant ma mère et ma grand-mère, il savait très bien qu'elles étaient bretonnes ! Mais le nom sans doute de mon père lui avait donné quelque idée à ce sujet  (dans quel but ? Nous ne le saurons sans doute jamais). Mon frère m'a alors raconté, bien plus tard, qu'il s'était rendu à la Mairie, et que là, on lui avait dit de ne pas s'inquiéter, car ils savaient très bien que notre père n'était pas juif ! Il était venu, en effet, à Hennebont, plusieurs fois, avec sa jeune femme, et bien des gens se souvenaient de lui... J'imagine qu'ils avaient dû les voir le dimanche à la messe ! (En bon maronite, il "pratiquait", et je pense qu'il tenait à répondre à la curiosité des gens du coin qui devaient se poser des question sur cet "estranger", en leur montrant qu'il était aussi "catholique" qu'eux !). (à suivre)

dimanche, décembre 04, 2011

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (7)

Ainsi comprendrez-vous pourquoi, à peine débarqué Gare du Nord, je fonçai Carrefour Chateaudun adhérer au Parti. Je sonnai à la porte blindée du Comité Central, et derrière une vitre j'aperçus le visage d'un homme qui m'examinait - Qu'est-ce que tu veux ? me dit-il sans plus. - Je viens adhérer... Une fois entré, j'aperçus des bulletins d'adhésion sur une petite table, et sur le mur un portrait de Staline barré d'un crêpe noir. Tandis que je remplissais le bulletin d'adhésion, et que mon vis-à-vis me disait - Tu en as de la chance, tu vas appartenir à la Promotion Staline !, un autre homme s'approcha que je reconnus immédiatement, car j'avais vu sa photo dans l'Huma : c'était Auguste Lecoeur, le nouveau Secrétaire à l'Organisation, récemment désigné à ce poste, que l'on présentait comme le dauphin de Maurice Thorez ! Me prenant à part, il me demanda ce que je comptais faire - Je m'en vais à Hennebont. Il m'interrompit - oui, mais tu as un projet ? Un emploi ? - Non, je ne sais pas ce que je vais faire... - J'en ai un pour toi, me fit-il en me prenant par le bras. Reste 15 jours à Hennebont, et reviens ! Je vais te faire entrer dans une grande usine de la métallurgie... - Chez Renault ? lui dis-je, intéressé, pensant tout de suite à la forteresse ouvrière - Non, chez Renault, le parti est fort, il y a suffisamment de militants... Non, c'est à la SNECMA que je vais te faire entrer... Et il m'expliqua :" C'est une grande usine qui fabrique des moteurs d'avion pour Dassault, qui se trouve dans le 13e arrdt, sur le boulevard Kellermann. Elle a été lockoutée sur ordre du gouvernement, à la suite d'une grève très dure. Jules Moch, le Ministre de l'Intérieur a même envoyé des chars sur le boulevard Kellermann ! Le parti et le syndicat ont été décapités. Ils ont réembauché le personnel, un par un, en triant sur le volet. Mais parmi les ouvriers professionnels et les cadres, il y a quand même des camarades du parti. Maintenant, il faut tout reconstruire - Mais je ne connais pas ce métier, lui dis-je - Ne t'inquiète pas, tu vas suivre une formation professionnelle accélérée de six mois, de fraiseur ou de tourneur, et tu te présenteras à l'embauche... Je lui racontai l'incident survenu à l'armée... - Ne t'inquiète pas, nous avons des sympathisants bien placés. Tu te tiendras à carreau pendant un an, et tu seras élu délégué du personnel... Naturellement, tu n'en parles à personne. Je dis bien à personne !
Voilà pourquoi quelques jours plus tard, à Hennebont, je vis débarquer chez nous, à la Maison Rouge, les camarades du parti, Eugène Crépeau en tête, venus me féliciter pour mon adhésion ! Ils étaient à la fois surpris et heureux - On ne s'y attendait pas, me dit Eugène, quand on se souvient... Et de me demander ce que je comptais faire  ! Je leur répondis que je retournais à Paris dans une quinzaine de jours pour y travailler. - Dommage, fit-il, lui qui  pensait pouvoir emporter la Mairie d'Hennebont cette année-là, une Mairie tenue depuis la Libération par un adversaire coriace, le Docteur Thomas. La fois suivante, en 1959, ce fut chose faite ! (à suivre)

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (6)

L'après-midi même, la police militaire vint me harponner pour me conduire cher le commandant. Il était furieux :" Qu'est-ce qui vous arrive ? Staline est un assassin. Il fait tuer nos soldats en Indochine. Et vous voulez qu'on mette le drapeau en berne pour ses funérailles !  La vive discussion qui s'en suivit ne s'acheva que par... ma descente en cellule ! Et chaque jour,le commandant me faisait chercher pour reprendre la discussion. Il voulait me convaincre que j'avais tort, et surtout, il se rendait compte que j'étais sincère... et  naïf ! Et il s'inquiétait pour moi. Il avait adressé un rapport à la Sécurité militaire pour dire qu'il "avait démantelé un réseau communiste à Neustadt". N'avaient-ils pas découvert dans la chambrée, sous le matelas et dans mon placard le journal L'Humanité ( que j'achetais dans une librairie de la ville) interdit dans les casernes, et surtout, des "brochures de propagande" que j'avais commandées, dont le Manifeste de Karl Marx, et la dernière oeuvre "géniale" du camarade Staline, "les problèmes du socialisme en URSS" ? Mais la Sécurité militaire, après enquête, venait de l'informer que j'étais gaulliste, et le pauvre commandant n'y comprenait plus rien ! Il fallut tout lui expliquer, comment j'étais passé du gaullisme au communisme ! - C'est très grave, me dit-il, si vous allez devant le Tribunal militaire, vous allez être condamné... à de la prison. Vous comprenez ?
Quelques jours plus tard, à notre dernière rencontre, il me révéla, d'un air mystérieux, et en baissant la voix : - Pour en avoir le coeur net, j'ai téléphoné à qui vous savez... Et comme je semblais ne pas comprendre, il précisa :" - Mais si, à Colombey...
Je me mordis les lèvres pour ne pas éclater de rire. En tout cas, j'ai quitté Neustadt immédiatement, accompagné par des soldats jusqu'à la gare : j''étais muté à Trèves jusqu'à ma libération, et je perdais mon grade de caporal-chef ! L'un de mes accompagnateurs  m'apprit que dans la caserne, on commençait à s'agiter ! Sans doute à l'initiative de mon copain communiste...  (à suivre)

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (5)

En effet, comme nul ne l'ignore, le "génial" camarade Staline a pris congé de nous début mars 1953. Le 5 au matin, ou dans la nuit, mais sa mort n'a été annoncée que le 7 ou le 8. Rétrospectivement, ce fut comique. L'Humanité, l'organe du Comité Central du Parti annonça d'abord à la UNE du journal :"Staline est gravement malade" puis, le lendemain, "Staline est mourant", enfin "Staline est mort" ! Le choc fut immense chez les "communistes". Moi qui venais d'adhérer (mentalement) comme les autres, je ressentis une peine incommensurable. Le Président de la République Vincent Auriol annonça que tous les drapeaux devaient être mis en berne en Allemagne le jour des funérailles à Moscou ! Or, notre commandant, un colonel (du nom de Colombani, je crois), qui rentrait d'Indochine répliqua "qu'il ne mettrait jamais les drapeaux en berne pour un homme qui faisait assassiner nos soldats en Indochine !". Le matin des funérailles, rassemblés devant la levée du drapeau, en sa présence, je regardai, avec accablement et indignation, le préposé à la levée, hisser le drapeau jusqu'au sommet du mât, le colonel, nous défiant du regard, un méchant sourire aux lèvres ! Sans doute nous prenait-il pour des viets prêts à bondir sur ses valeureux soldats ! A peine rentré à la caserne, je décroche le téléphone et appelle le Général commandant la Place d'armes, à Neustadt :" Mon Général, ici le caporal-chef (et naturellement je lui donne mon nom !) je tiens à vous signaler que le Colonel Colombani a refusé de mettre ce matin le drapeau en berne à l'occasion des funérailles du maréchal Staline ! C'est pourtant un ordre du Président de la République : il s'agit d'un acte d'insubordination grave ! Un silence me répond, le général semble interloqué. "Ah bon ! fait-il au bout d'un moment. Je vais voir... Quel est votre nom, dites-vous ?" (à suivre)

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (4)

Je me souviens avoir écrit une longue lettre dans laquelle je lui expliquais que, malgré tout ou en dépit de tout, le parti communiste représentait la classe ouvrière, et comme il était, lui, "retiré des affaires", et qu'il avait dit qu'il n'avait pas sauvé la France pour la laisser à un Antoine Pinay, je ne voyais pas d'autre solution : rejoindre le parti des travailleurs ! Sa réponse est venue quelque temps plus tard, et là, je ne me souviens plus, ayant perdu la lettre, s'il l'avait lui-même signée, ou si elle émanait de son secrétariat. Ce qui est sûr, c'est qu'elle venait bien de Colombey, et elle me répondait en détail à tous mes arguments ! Ainsi, selon mon correspondant de Colombey, les toutes dernières élections législatives, celles que nous venions de perdre en juin 1951 (à  cause des "apparentements" qui avaient permis aux partis  de la 3e force d'endiguer la vague gaulliste) montraient qu'il était faux d'affirmer que le "parti communiste" était le parti de la classe ouvrière, l'étude des votes révélant que la plus grande partie des ouvriers n'avait pas voté "communiste", mais plutôt socialiste ou pour d'autres partis, y compris pour le RPF. La majorité des électeurs communistes provenait des salariés du secteur public, on ne pouvait donc pas dire qu'il était "le parti de la classe ouvrière", et il me demandait de réfléchir encore. Mais, de toute façon, me disait-il, il était sûr, que quelle que soit ma décision, "je resterais fidèle à la France". Je dois dire que cette lettre m'a sans doute épargné "le Conseil de guerre" ! (à suivre)

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (3)

Après l'échec de de Gaulle aux élections législatives de juin 1951, le général rentré à Colombey, semblait être condamné à écrire ses Mémoires. J'allais sur mes 20 ans, et retour d'Irlande, où j'avais travaillé pendant presque une année à la Réception d'un hôtel prestigieux de Dublin, le Shelbourne, il me fallait poursuivre le combat "pour changer le monde", vocation née devant le spectacle des ruines d'Hennebont et de Lorient. Au service militaire, à Trèves, puis à Neustadt, j'avais fait la connaissance d'un jeune communiste qui devint vite mon camarade; son père travaillait à la RATP, et son avenir était tout tracé, il y rentrerait lui aussi, une fois démobilisé. Nous nous disputions au sujet de l'URSS, des camps de concentration, et il me disait, outré :" Comment, un type aussi intelligent que toi, peut gober de telles inepties ! Enfin, en URSS, les travailleurs sont heureux, ils construisent le socialisme, avec le camarade Staline, et bientôt ils atteindront le stade final du socialisme, le communisme !" J'avoue avoir été ébranlé par la sincérité et la conviction qu'il mettait dans ses répliques à mes diatribes anticommunistes. De Gaulle, mon père (n'ayant pas connu le mien, le général avait tout naturellement pris sa place !) écrivant ses Mémoires à Colombey-les-deux-Églises (du moins, c'est ce que je supposais), alors, pourquoi pas, adhérer au Parti ? Ce copain de chambrée n'était-il pas sincère ? Mais avant de franchir le (dernier) pas, je décidai d'écrire au Général, comme un fils écrit à son père avant de faire un choix qui lui semble important. (à suivre)  

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (2)

A la fin de mon service militaire, effectué en Allemagne en 52/53, descendant du train gare de l'Est à Paris, je me précipitai au Siège du Comité Central, Carrefour Chateaudun... pour adhérer au Parti ! Gaulliste, avec mon frère, à Hennebont, depuis la fin de la guerre et sous l'Occupation, j'avais donné mon adhésion au RPF, en 1947 (j'avais 15 ans), le mouvement fondé par le Général de Gaulle. A Hennebont et à Lorient (où j'étais lycéen - au fameux Lycée Dupuy-de-Lôme, je dis fameux parce que j'y fis la connaissance d'un professeur d'exception, Yves Pérès, notre prof de français, poète à ses heures, méconnu comme beaucoup de ses pairs, et qu'il me donna  le goût de la lecture, et de l'écriture) je traversais une ville complètement rasée avant de rejoindre les baraques qui abritaient le Lycée à son retour de Guémené/sur/Scorff en 1945... Nous avions quitté Hennebont, en 1942, après les deux grands bombardements qui rasèrent Lorient poussant les gens à fuir vers des lieux plus sûrs. En ce temps-là, à la Libération, à Lorient et à Hennebont on voyait souvent des défilés d'ouvriers, notamment du bâtiment, et ceux de l'Arsenal, brandissant des drapeaux rouges, avec à l'arrière-plan ceux des Forges de Lochrist qui venaient grossir leurs rangs. Notre région était ouvrière, donc rouge, et mon coeur battait plutôt de ce côté-là, même si nous étions viscéralement opposés aux communistes inféodés à Moscou, notamment lors des campagnes d'affichage pendant les élections, alors nombreuses, au lendemain de la Libération. (à suivre)

HENNEBONT, UNE SURVIVANCE "COMMUNISTE" EN BRETAGNE ! (1)


jeudi, décembre 01, 2011

LETTRE OUVERTE A DOMINIQUE DE VILLEPIN





Cher Dominique,


La situation ne cesse de s'aggraver, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. L'actuel Président de la République est rejeté par une très grande majorité de Français qui ne souhaite pas sa réélection en Mai 2012. Les causes de ce désamour sont multiples. C'est un fait que l'on peut constater un peu partout dans le pays, et ici en Bretagne, le rejet de la personne du Président, et de la politique qu'il incarne, semble encore plus fort qu'ailleurs ! Nos acquis sociaux, qui constituent le socle sur lequel reposait notre bien-être, sont démantelés jour après jour, tandis que le chômage n'épargne aucune région, plongeant toutes les couches sociales de la population dans une inquiétude profonde concernant l'avenir de nos enfants : nous ne sommes plus en mesure de leur garantir un emploi, qu'ils soient diplômés ou non.


La recherche d'une solution à la crise économique et sociale exige une mobilisation et une adhésion du peuple français à un projet alternatif crédible et réalisable rapidement. Le candidat du parti socialiste, François Hollande, dont nul ne conteste la sincérité ni la compétence, ne suscite aucun enthousiasme du seul fait que le "projet" de son parti, le parti socialiste, reste flou, invérifiable, et, par conséquent, incapable de provoquer l'adhésion populaire indispensable pour conduire un vaste programme de reconstruction nationale. Son élection, qui ne fait guère de doute, risque d'être à l'origine d'une formidable déception d'où surgira probablement ce que l'on peut appeler un "fascisme à la française". D'autant que la menace d'une grande guerre se précise au Proche et au Moyen Orient, qu'il sera difficile de circonscrire à cette région, compte tenu des liens qui l'unissent au Maghreb, par la religion, et à l'Europe en raison d'une immigration nombreuse en provenance de ces pays, une nouvelle vague n'étant pas exclue après l'instauration de régimes fondamentalistes, encore plus "fermés" que les dictatures renversées !


Pour moi, la seule politique alternative crédible est la suivante : afin de maintenir la coopération entre la France et l'Allemagne, moteur de la construction européenne, menacée par un déséquilibre croissant entre nos économies, il s'avère indispensable de renforcer notre pays. Pour le reconstruire, il est nécessaire de faire appel à tous ceux qui pratiquent notre langue, ou qui nous sont liés par l'histoire, en leur proposant l'édification d'une force francophone rassemblée au sein d'un ensemble à dimension planétaire. Ce qui donnera un objectif à des populations qui sont, comme nous, en recherche d'avenir : d'abord les DOM-TOM (sans oublier la Corse, toujours revendicatrice) puis ceux du Canada, de Belgique, de Suisse, d'Afrique et d'ailleurs ! Le tout cimenté par un Marché Commun Francophone qui viendra compléter celui qu'il nous faut impérativement construire autour de la Méditerranée - si l'on veut peser et équilibrer le rapport des forces avec les nouvelles puissances d'Asie, notamment la Chine engagée par son duel avec les USA dans une expansion tous azimuts ! C'est pourquoi il importe plus que jamais d'imposer, par la négociation, une solution au problème israélo-palestinien que l'on peut considérer, à juste titre, comme l'épicentre d'une crise mondiale génératrice d'un conflit à dimension planétaire.


Il apparaît ainsi, cher Dominique de Villepin, que vous êtes sans doute le plus apte en France à promouvoir cette nouvelle politique, tant à l'intérieur - où vous ne semblez pas hostile à ce que l'on peut appeler un régime social-démocrate adapté à notre temps, en mesure d'assurer les intérêts du plus grand nombre - qu'à l'extérieur, où votre discours prononcé à l'ONU contre l'invasion de l'Irak, vous a apporté renommée et prestige, en particulier sur la rive sud de la Méditerranée, notre Mer commune...


A Toulon, Nicolas Sarkozy vient clairement de faire acte de candidature... en proposant tout simplement de remettre le destin de la France dans les mains de l'Allemagne, contrairement au Général de Gaulle et au Chancelier Konrad Adenauer qui surent maintenir l'égalité entre les deux pays dans l'intérêt de l'avenir de l'Europe. Nous n'avons pas le droit de laisser l'actuel Président de la République poursuivre son oeuvre destructrice. Le quinquennat qui s'achève a parfaitement démontré son inaptitude et son impuissance. Inutile de lui en accorder un second !


Puisque vous nous avez annoncé que vous feriez connaître votre décision concernant votre candidature, ou non, à la Présidentielle de Mai 2012, le 15 décembre prochain, je me permets de vous adresser cette "lettre ouverte" afin de vous encourager à répondre favorablement aux attentes de tous ceux et toutes celles qui vous ont fait confiance en rejoignant le mouvement que vous avez créé, République solidaire, dans le but de lancer votre candidature le moment venu. Le discours défaitiste de Toulon nous fait entrer tous en Résistance... pour reconstruire le pays que nous aimons - et sauver la paix.


Je vous prie d'agréer, cher Dominique de Villepin, l'assurance de ma respectueuse sympathie.
Gabriel Enkiri
auteur de "Et si l'Italie était la solution ?" (pour sauver le Liban et mettre fin au conflit israélo-palestinien) - membre de République solidaire.
Lorient, le 1er décembre 2011

lundi, novembre 21, 2011

L'Orient-Le Jour: Carnet des Libanais à Paris

Les Libanais dans le monde
Carnet des Libanais à Paris
21/11/2011

Les membres fondateurs de RJLiban présents au dîner à Paris : (de gauche à droite) Naji Farah, Nabil Khouri, Rabih Chacar, Hady, Terry et Hiba Farah, François Hannouche, Antoine Akouri.
Les membres fondateurs de RJLiban présents au dîner à Paris : (de gauche à droite) Naji Farah, Nabil Khouri, Rabih Chacar, Hady, Terry et Hiba Farah, François Hannouche, Antoine Akouri. -
Plusieurs intervenants au dîner-débat RJLiban du 3 novembre
Gabriel Enkiri, Breton d'origine Libanaise, présente son livre
Et si l'Italie était la solution ? (pour sauver le Liban et mettre fin au conflit "israélo-palestinien")

Venus spécialement de la Rochelle, de Dijon et de Lorient, le député Jérôme Bignon, le professeur Jean-Paul Rey-Coquais et le journaliste Gabriel Enkiri ont effectué des interventions à tour de rôle au cours du dîner qui s'est tenu le jeudi 3 novembre au restaurant al-Mankal à Paris, évoquant des sujets divers concernant le littoral libanais, les sites archéologiques de Tyr et l'avenir du Proche-Orient. M. Bignon a fait part de son dernier voyage au Liban pour visiter la baie de Jounieh (voir notre édition du 17 octobre 2011), M. Rey-Coquais a mis en évidence l'importance des inscriptions grecques et latines dans la nécropole de Tyr, permettant de mieux connaître le mode de vie au début de l'ère chrétienne, et M. Enkiri a présenté son nouveau livre Et si l'Italie était la solution (voir notre édition du 9 mai 2011), puis dressé un bilan un peu sombre de l'avenir du Proche-Orient, estimant que la 3e guerre mondiale est déjà lancée, l'islam servant de tampon entre l'Occident et l'Extrême-Orient.
Parmi l'assistance attentive figuraient, aux côtés des membres fondateurs de RJLiban et des représentants de l'ULCM, le professeur Alain Farah et son épouse Éliane, le journaliste Michel Anfrol et son épouse Madeleine, ainsi que le spécialiste de l'environnement Ibrahim el-Ali...

vendredi, novembre 11, 2011

L'Orient-Le Jour: Lancement de l’association "Francophonia Liban – Le français en partage" au palais du Luxembourg, à Paris

Liban
Lancement de l'association « Francophonia Liban – Le français en partage » au palais du Luxembourg, à Paris
11/11/2011

Les participants à l'écoute d'un concert de chants lyriques peu avant la clôture de la cérémonie.
Les participants à l'écoute d'un concert de chants lyriques peu avant la clôture de la cérémonie. -
Francophonie L'inauguration de l'association Francophonia Liban s'est déroulée dans la salle Monnerville du palais du Luxembourg, dans une atmosphère conviviale et culturelle.

Christiane Kammermann, sénatrice représentante des Français établis à l'étranger, a dit dans son mot d'introduction son attachement au Liban, où elle se rend très souvent, et à la francophonie, et a assuré de son soutien auprès des services du Sénat. Elle a lu la lettre adressée à l'assistance par Denis Pietton, ambassadeur de France au Liban, dans laquelle il fait part de sa détermination, en collaboration avec l'Institut français du Liban, à encourager et soutenir les actions que l'association mène sur le terrain pour le développement d'une francophonie ouverte et dynamique, tournée vers l'avenir et respectueuse de la tradition pluriculturelle de ce pays.
Une lettre de l'ambassadeur du Liban, Boutros Assaker, a été lue par Abdallah Naaman, conseiller culturel près l'ambassade. M. Assaker a rappelé le profond ancrage de la francophonie au Liban bien avant le mandat. Les relations d'amitié entre la France et le Liban, qui ne se sont jamais démenties, ont été particulièrement étroites et chaleureuses pendant les mandats présidentiels de deux personnalités hors du commun, les deux « Charles », Charles de Gaulle pour la France, Charles Hélou pour le Liban.

La société civile
Clotilde de Fouchécour, présidente de Francophonia Liban, avec l'aide d'une des deux vice-présidents, Randa Samuel-Barrage, a présenté l'association, qui est le résultat d'un triple constat : l'État français ne peut, seul, assurer la pérennité du français au Liban, les sociétés civiles française et libanaise doivent s'impliquer. Certes, c'est déjà le cas, mais il semblait important qu'une association manifeste cet engagement. D'autre part, si le français reste largement enseigné au Liban, il est de moins en moins pratiqué. Faute d'un environnement francophone suffisant, il est menacé d'asphyxie. Le pari de l'association est que la mondialisation, par les facilités de communication qu'elle offre, peut compenser au moins en partie ce manque. Enfin, le français est devenu aujourd'hui au Liban un moyen de promotion sociale puisque la France est le premier pays d'accueil pour les étudiants libanais du fait du moindre coût des études supérieures. L'association s'inscrit dans cette optique en insistant sur la gratuité de sa démarche et le bénévolat.
Mme de Fouchécour a ensuite rappelé l'historique de cette jeune association qui a juste un an et les principales activités menées en 2010-2011 : accueil de professeurs libanais et d'un chef d'établissement au sein d'établissements scolaires français, envoi de huit étudiants bénévoles pour l'animation en français d'une école d'été ; voyage de chefs d'établissement français en coordination avec le service de coopération de l'ambassade de France au Liban pour la mise en place de partenariats pédagogiques et de jumelages interscolaires ;
premiers départs de bénévoles et stagiaires francophones pour des périodes allant de deux mois à un an ; fourniture de livres, DVD et matériel pédagogique. Les perspectives pour 2012 sont tout aussi variées et dynamiques.

Un mode de vie
L'assistance a particulièrement apprécié le récital de textes poétiques et de poésies de Nadia Tuéni, Andrée Chédid, Salah Stétié et Amin Maalouf, donné par Édith Vernes-Karaoglan, comédienne.
Antoine Sfeir, rédacteur en chef des Cahiers de L'Orient et parrain de Francophonia Liban, a prononcé une allocution très remarquée sur le thème « La francophonie au Liban : héritage et défis ». Il a insisté sur le fait que la francophonie n'est pas simplement une langue, mais un mode de vie. Ainsi, la francophonie a inventé la notion de laïcité, terme intraduisible dans les autres langues pour ce qu'il signifie : non seulement la liberté de religion et de conscience, mais aussi la citoyenneté et le refus du communautarisme. Pour ces raisons, l'enseignement du français reste plus que jamais nécessaire au Liban et doit rester exigeant : « Les francophones doivent accepter de souffrir car la francophonie, ça se mérite », a-t-il dit. Il a enfin adressé des remerciement aux « pères et mères » en guise d'hommage aux institutions religieuses « qui nous ont enseigné la langue française avec exigence ».
Lors de la séance de questions-réponses, la mère Daniella Harrouk, supérieure générale des Saints-Cœurs, a fait une intervention étonnante et stimulante. Elle a souligné que sa congrégation scolarisait en français quelque 28 000 élèves au Liban. « Les sœurs dirigent également des écoles en Afrique. Nos écoles sont l'un des fers de lance de la francophonie, rien ne les en fera dévier, qu'on se le dise ! » a-t-elle dit.
La soirée s'est terminée dans les salons Boffrand (présidence du Sénat) dans la convivialité avec un cocktail précédé d'un concert de chant lyrique par Roula Safar, mezzo-soprano, qui a mis en musique et chanté des poèmes de Georges Schéhadé, Nadia Tuéni et Vénus Khoury-Ghata, avec accompagnement de guitare. Ce concert a été chaleureusement applaudi.

Dr Philippe CHÉMALY
Président du Club libanais du livre – France


jeudi, octobre 27, 2011

RJ LIBAN FÊTE SON 25e ANNIVERSAIRE A PARIS !

L'ASSOCIATION RJLIBAN AU CENTRE DE L'ACTION POUR LE LIBAN

En cette fin d'année 2011 qui a vu de grands bouleversements secouer les pays arabes du pourtour méditerranéen, le Liban est engagé dans une action d'envergure s'étendant aussi bien à ses descendants à travers le monde qu'à ses amis qui se comptent par millions. Fort de son expérience multicommunautaire et pacifique millénaire, le Liban message œuvre à diffuser son modèle unique de paix et de culture, qu'il perpétue depuis le temps des Phéniciens, par l'intermédiaire de ses fils voyageurs travaillant dans les entreprises ou enseignant dans les universités.

Notre association RJLiban (Rassemblement de la Jeunesse Libanaise), fondée en décembre 1986 à Paris et qui célèbre aujourd'hui ses 25 ans d'existence, participe à ce mouvement à partir de sa base en France, et aussi du Liban, du Mexique, du Brésil, de l'Uruguay, de l'Argentine, des Etats-Unis, du Canada, de l'Espagne, de l'Italie, de la Roumanie, du Sénégal, du Ghana, de l'Australie, de la Chine et d'autres pays.

De nombreux événements sur le Liban se déroulent actuellement dans le monde, et sont annoncés dans notre agenda culturel consultable en ligne : www.rjliban.com/agenda.htm.

L'une des manifestations majeures est : « Le Liban en France », du 28 au 30 octobre au Palais des Congrès de la porte Maillot à Paris, dont vous trouverez les informations sur Internet : www.lelibanenfrance.com et www.rjliban.com/lelibanenfrance.pdf. Elle fait suite à l'exposition « La France au Liban » qui s'était tenue à Beyrouth en mars 2010. Sont attendus à cet événement les nombreux Libanais et amis du Liban, et les professionnels des secteurs bancaire, immobilier, de l'industrie, de la mode, de la santé, des technologies et de l'agroalimentaire notamment.

Notre association RJLiban, engagée dans l'action de préservation et de promotion du patrimoine culturel libanais, développe plusieurs axes de travail englobant les domaines culturel, touristique, social, écologique, académique et de l'information :

- Un dîner-débat se tiendra le jeudi 3 novembre à Paris, en présence du député de la Somme, Jérôme Bignon, président du Conservatoire du littoral en France, qui nous parlera de son voyage au Liban dont le but était d'étudier sur le terrain, sur notre invitation, la candidature de Jounieh au Club des plus belles baies du monde, qu'il préside également. Un dîner avait été donné à cette occasion le lundi 3 octobre à Beyrouth sur le thème de la préservation du littoral libanais, faisant suite à notre voyage en mai dernier à Toubacouta au Sénégal pour la présentation, au congrès mondial du Club, de la candidature de la baie de Jounieh, qui avait été acceptée. A l'origine de cette initiative : une rencontre en juin 2010 à Vannes avec Bruno Bodard, directeur de l'Office du tourisme de cette ville et co-fondateur du Club, pour renforcer les échanges entre la Bretagne et le Liban établis il y a plus de 2000 ans par les Phéniciens.

Pour sa part, le professeur Jean-Paul Rey-Coquais, grand spécialiste de l'histoire de la Phénicie, fera un exposé au cours de cette soirée sur les inscriptions grecques et latines des sites de Tyr dont il revient, après avoir participé début octobre à un colloque sur les recherches archéologiques sous-marines dans cette ville.

Quant à l'écrivain et journaliste libano-breton Gabriel Enkiri, il nous fera part également de son point de vue sur la situation au Proche-Orient et nous présentera son dernier ouvrage : Et si l'Italie était la solution ? Réservations pour le dîner du 3 novembre à Paris.

- Vous trouverez plus d'informations concernant ces sujets dans nos pages bimensuelles sur les Libanais dans le monde publiées dans L'Orient- Le Jour depuis novembre 2007 et archivées sur notre site Internet : Les Libanais dans le monde du 17 octobre 2011, Les Libanais dans le monde du 6 juin 2011, Les Libanais dans le monde du 9 mai 2011 et Les Libanais dans le monde du 7 juin 2010.

- L'Annuaire des amis du Liban dans le monde comporte un système de recherche élaboré dont la mise au point a nécessité trois années de travail à notre équipe informatique, qui vient de le doter d'un espace publicitaire à l'attention des annonceurs souhaitant toucher les Libanais dans tous les continents. Nous souhaitons vivement votre inscription à cet annuaire multilingue de la Grande famille mondiale du Liban, permettant de vous situer par rapport à votre ville d'origine et à votre famille d'origine, si vous avez des ascendants libanais, ou par rapport à votre pays de résidence et à votre profession, pour tous. Il vous suffira de consacrer 10 mn de votre temps à cela, en ayant préparé une photo que vous insèrerez dans le système d'enregistrement en ligne à l'adresse suivante : www.rjliban.com/carte. Cette initiative unique en son genre renforce considérablement les liens entre les Libanais et leurs amis dans le monde, qui peuvent ainsi correspondre entre eux et développer des projets culturels et économiques : n'hésitez donc pas à vous engager dans ce mouvement de renaissance du Liban ! Lire : Les Libanais dans le monde du 5 septembre 2011.

- Voyage de retour aux sources du 13 juillet au 1er août 2012 au Liban : Nous organisons régulièrement, depuis 1991, des circuits afin de faire découvrir le Liban et ses multiples aspects touristiques, avec des voyages sur mesure pour les comités associatifs ou d'entreprise, parmi lesquels ceux de Hiram Finance, de KPMG Peatmarwick, du Lions Paris Ouest, de l'Institut Charles de Gaulle, de l'archevêché de Granada, de l'Ecole Saint-Cyr et de l'Université libre de Bruxelles.

La 2e édition du programme de retour aux sources destiné aux descendants de Libanais et amis du Liban comportera, en plus des visites touristiques et archéologiques classiques, 40 heures de cours d'arabe (libanais dialectal), suite à une forte demande de la part de l'émigration libanaise souhaitant se regrouper dans le pays d'origine autour d'une base culturelle et familiale.

Un groupe de jeunes Mexicains avait participé au voyage organisé en juillet dernier par notre association, le premier du genre au Liban, en collaboration avec l'association Jomali (Jóvenes mexicanos de ascendencia libanesa), avec laquelle nous sommes régulièrement en contact ainsi qu'avec d'autres institutions libanaises comme le Centro Libanés et l'association « Al-Fannan » grâce à nos multiples voyages au Mexique.

Pour vos inscriptions au voyage de retour aux sources en 2012 au Liban : www.rjliban.com/voyage-rjliban2012.htm. Voir nos éditions : Les Libanais dans le monde du 5 septembre 2011, Les Libanais dans le monde du 15 août 2011, Les Libanais dans le monde du 15 novembre 2010, Les Libanais dans le monde du 18 octobre 2010, Les Libanais dans le monde du 7 juin 2010, Les Libanais dans le monde du 7 décembre 2009, Les Libanais dans le monde du 16 novembre 2009 et Les Libanais dans le monde du 15 juin 2009.

- La Collection de photographies « Le Liban à l'infini » comprend plus de 300 photos de paysages et de sites archéologiques libanais, réalisées avec des films classiques et tirées sur papier argentique, qui peuvent décorer votre appartement ou votre bureau, ou être imprimées sous forme d'agendas et de calendriers. Elles illustrent le Liban avec une nouvelle vision artistique et ont été exposées à Puebla et à Toluca au Mexique, ainsi qu'à Paris, en attendant d'être présentées prochainement au Liban. Lire : Les Libanais dans le monde du 20 décembre 2010.

- Echanges touristiques et culturels avec la Roumanie : Un grand voyage a été organisé en septembre par la FIJET (Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme) et le ministère roumain du Tourisme, dans le but de promouvoir la Roumanie, dont la région de Bucovina limitrophe à l'Ukraine. Nous avons représenté le Liban avec l'Association libanaise pour le tourisme en établissant des liens avec des musiciens et des artistes de Bucarest, qui vont se produire bientôt à Beyrouth, en collaboration avec l'ambassade de Roumanie. Un voyage similaire s'était déroulé en octobre 2009 à Shanghai, en préparation de l'exposition universelle qui s'est tenue en 2010 dans cette ville. Lire : Les Libanais dans le monde du 3 octobre 2011, Les Libanais dans le monde du 4 avril 2011 et Les Libanais dans le monde du 2 août 2010.

- L'invention de l'alphabet par les Phéniciens et le rôle civilisateur du Liban et ses villes antiques de Byblos, Tyr et Sidon, dont a fait abstraction un livre de français de la classe de 6e comportant tout un volet sur l'alphabet et la Bible, a suscité une polémique à Beyrouth engagée par notre association, qui va aboutir à la constitution d'un comité d'éthique sous la supervision du poète Henri Zoghaib, chargé de veiller au respect de notre culture dans les programmes appliqués dans les écoles libanaises. Ce sujet avait été longuement évoqué quatre ans auparavant, au cours d'un dîner organisé par notre association à Paris, avec l'écrivain Jean-Pierre Thiollet, auteur du livre « Je m'appelle Byblos ». Ecouter la réaction en arabe du poète Henri Zoghaib. Lire : Les Libanais dans le monde du 19 septembre 2011 et Les Libanais dans le monde du 3 décembre 2007.

- Le nouvel appel lancé par l'Association internationale pour la sauvegarde de Tyr suite aux travaux d'aménagement en cours, qui provoquent des détériorations dans la vieille ville et le port phénicien, et entraîneront à long terme l'asphyxie de ses pêcheurs et de ses commerçants, est relayé par notre association. Des contacts sont déjà établis avec les instances européennes et internationales finançant ce projet, afin qu'elles révisent leurs études, Tyr devant conserver sa place au sein du patrimoine mondial de l'Unesco.

- Le projet développé avec l'association « Mawassem Khair » dans l'objectif de promouvoir la forêt de Bkassine, la plus grande forêt de pins du Proche-Orient avec plus de 220 hectares de pins, et de l'intégrer dans un vaste programme de protection naturelle des forêts du Liban, a donné lieu à des campagnes de propreté dans cette forêt se trouvant dans la région de Jezzine au Liban sud. Un reportage touristique a été tourné par la télévision française, montrant l'engagement des enfants dans le nettoyage et le reboisement de la forêt, dans l'espoir qu'elle soit classée parc naturel protégé.

- Les relations académiques entre l'Amérique latine et le Liban sont en plein essor grâce à l'ouverture du Centre des études et des cultures de l'Amérique latine avec l'Université Saint-Esprit de Kaslik, dans le but de fortifier les cultures migrant entre la Méditerranée et l'Atlantique. Ceci a donné lieu à la formation d'une bibliothèque latino-américaine, à la signature de conventions universitaires avec le Brésil en particulier, à l'enseignement des langues espagnole et portugaise et à la tenue de conférences et séminaires mettant en contact étudiants, professeurs et ambassadeurs des pays concernés, comme le colloque médical libano-mexicain réalisé en octobre 2010 en collaboration avec l' « Amistad libano-mexicana ». Lire : Les Libanais dans le monde du 18 octobre 2010 et Les Libanais dans le monde du 22 juin 2010.

- La soirée de gala annuelle de « Anta Akhi » (Toi mon frère) se tiendra le 10 décembre à Paris. Des dons sont versés régulièrement à cette association qui héberge dans la montagne libanaise des personnes adultes fortement handicapées et les prend entièrement en charge. L'invité d'honneur du dîner de 2010 était l'écrivain Amin Maalouf, qui a salué cette initiative et l'esprit de solidarité de la communauté libanaise et des amis du Liban en France. Lire : Les Libanais dans le monde du 20 décembre 2010.

- L'Union libanaise culturelle mondiale organise un congrès international les 11 et 12 novembre à New Jersey aux Etats-Unis, qui servira de préparation au congrès devant se tenir en mars prochain à Mexico pour élire le nouveau bureau. La dernière réunion de l'Ulcm s'était déroulée en juillet dernier à Beyrouth, précédée en mai d'un congrès à Accra, dans la capitale ghanéenne, au cours duquel nous avions présenté les projets de notre association, membre de cette organisation. Lire : Les Libanais dans le monde du 18 juillet 2011 et Les Libanais dans le monde du 6 juin 2011.

- Un cocktail de célébration des 25 ans de l'association RJLiban aura lieu en décembre à Beyrouth en présence de nos membres et collaborateurs, parmi lesquels figureront des ambassadeurs libanais, européens et latino-américains. Nous préciserons ultérieurement la date et le lieu de cette fête à laquelle nous espérons votre participation : www.rjliban.com/25ans.htm.

Les fondateurs de l'association RJLiban

Naji FARAH et Habib MAAZ

jeudi, octobre 20, 2011

RÉPONSE A NOTRE AMI DE CHINE



Très cher ami,
Toujours heureux d'avoir de tes nouvelles ! Tes réflexions sont fondées et, en gros, je les partage... sauf que l'avenir nous réservera sans doute des surprises ! En ce qui concerne l'Europe, l'Allemagne demeure une force au coeur du continent, et je pense que c'est autour d'elle, de la coopération franco-allemande (si la France se renforce au sud) et avec la Russie que l'on peut bâtir quelque chose de solide. La Méditerranée reste un centre névralgique, avec une "révolution arabe" encore incertaine...
Mes amis libanais viennent à Paris à la fin de ce mois, et ils ont l'intention de me décerner un Prix (le prix RJLiban) pour mon livre...
A très bientôt ! Gabriel

mercredi, octobre 19, 2011

Tr: demain la Chine

DEMAIN LA CHINE




Message du 19/10/11 10:16
de Jean à Gabriel
Sujet : demain la Chine


Jean est un vieil ami qui vit en Chine depuis de nombreuses années
Il nous adresse ce commentaire qui donne à réfléchir.

Encore un commentaire
sur "demain la Chine" (et en réponse à ton livre)

...............................................................
Ce qui fait la force du peuple chinois
c'est son nombre ,
son intelligence,
son sens du collectif,
sa soumission au pouvoir,
son acharnement au travail,
son sens de l"économie,
et sa capacité à se sacrifier.


Voilà pourquoi
la Chine va s'imposer
comme la première puissance
de l'univers
Mais je crains
que les USA fassent tout
pour qu'il n'en soit pas ainsi....


Quant à la France
elle ne pèse plus rien dans ce nouvel univers
1% de l'humanité
( 70 millions face à 7 milliards d'êtres humains)
Voilà ce que les jeunes français devraient apprendre
dès l'école primaire.


Dans 10 , 20 ou 30 ans
le réveil va être dur
pour les prochaines générations
quand les français vont découvrir
qu'ils sont devenus
un peuple de fonctionnaires
que le pays est ruiné
avec une industrie morte
une agriculture en danger
une balance commerciale archi déficitaire
et ne proposant plus au monde
que des produits de luxe....


Depuis des décennies
les français vivent sur "leurs avantages acquis"
"nos droits" comme les "responsables" le clament
qui sont en fait des rentes
que les autres peuples de la terre leur versent.


Mais ceci n'aura qu'un temps
et l'histoire à venir
se chargera de le prouver.
"""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""""
Ce message pourrait aussi s'intituler
"Sortir des illusions
et regarder avec lucidité l'avenir"


Avec très vive et chaleureuse amitié
jean

_____________________










jeudi, septembre 15, 2011

METTONS AU POINT UNE STRATÉGIE POUR VILLEPIN !

Après l'arrêt de la Cour d'Appel

Il nous faut maintenant élaborer, à République Solidaire, une stratégie de conquête du pouvoir. Pour ma part, je vais en proposer une que je ferai parvenir à tous les adhérents du mouvement. La partie n'est pas gagnée d'avance, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est indispensable que chaque adhérent participe au débat, en y apportant sa propre contribution, le cas échéant.
Gabriel Enkiri, président de NEUF/ORIENT

Lorient le 15/9/2011

lundi, août 29, 2011

HOMMAGE A YVES PÉRÈS, UN POÈTE LORIENTAIS

Yves Pérès, notre ancien prof de français au lycée Dupuy-de-Lôme (surnommé "Zif") est décédé à 90 ans en mai dernier. Il a été enterré chez lui, à Guémené/sur/Scorff. C'était un fou de poésie et de littérature...
Message du 29/08/11 17:52

De : "Jean Michel Collet"
A : "Enkiri Gabriel"

Gabriel,

Je ne savais pas pour Yves
Je pensais souvent à lui , je m'étais dit qu'il faudrait que j'aille le voir et puis ...le temps, la vie...
Je suis triste, je l'aimais beaucoup, il m'a beaucoup apporté, m'a fait découvrir Rimbaud, Baudelaire , mais aussi
Frédéric Dard !!! ...
J'aimerais bien participer à cet évènement et être en contact avec Philippe Nineven.
Pour les poèmes je vais en choisir 3 ou 4 et te les scanner.

A bientôt

Jean-Michel

Le 24 août 2011 à 13:56, Enkiri Gabriel a écrit :

jean-michel,
Comme tu l'as peut-être appris, zif est décédé en mai dernier. Je me suis rendu à son enterrement qui a eu lieu chez lui à Guéméné/sur/scorff. Je vais t'expédier les deux
papiers que je lui ai consacrés sur mon blog (les défis de gabriel enkiri).
Un ami, à Hennebont, Olivier Furon, anime une Association "défense de la poésie francophone" et publie chaque année un Florilège de nombreux poètes qui lui adressent
leurs oeuvres, avec des dessins etc. Je lui ai proposé de publier dans le prochain volume 1 ou 2 poèmes de notre cher Yves Pérès. Tu m'as dit que tu en possédais...
Pourrais-tu nous les expédier (par mail) ? Quelqu'un d'autre rédigera une courte bio, peut-être Philippe Nineven qui est à la tête de l'Association des anciens élèves du
Lycée... C'est assez urgent.
bien amicalement, gabriel


vendredi, août 26, 2011

APPEL AUX WALLONS, BRUXELLOIS ET FRANCOPHONES DE BELGIQUE

Pouvons-nous organiser à la rentrée un colloque sur l'avenir de la Belgique qui proposerait une solution (rattachement, ou Confédération d'États francophones) que l'on demanderait aux différents candidats à la présidence de la République d'intégrer dans leur programme ? Ainsi 2012 deviendrait l'année du choix pour les Français et les Belges !
Gabriel Enkiri, président de NEUF/ORIENT (Association fondée à Lorient)

dimanche, août 21, 2011

POUR SAUVER LE LIBAN ET METTRE FIN AU CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN

Le Proche-Orient à la veille d'un nouveau conflit - Je recommande la lecture de "Et si l'Italie était la solution ?" chez le Publieur.com (Jean-Marc Savoie éditeur) et l'écoute de la video réalisée en mai dernier à Caudan avec graphieouest, de Michel Heyvaert :
http://www.graphieouest.com/enkiri/video.html

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