mardi, avril 15, 2008

COMMENT RENVOYER SARKOZY A NEUILLY A L'INSU DE SON PLEIN GRÉ...

Mais 68 est dans l'air, certes. Toutes les conditions sont réunies pour que le pays connaisse un formidable mouvement de revendication populaire. Les lycéens, les étudiants sont déjà, ou seront bientôt dans la rue. Mais toutes les catégories sociales sont concernées ! Toutes, y compris les cadres, sont inquiètes pour leur avenir, et l'avenir de leurs enfants. Il s'agira, par conséquent, d'un Mai 68 à l'envers, d'une mobilisation générale positive ! L'actuel président de la République est complètement démonétisé, sa majorité à l'Assemblée n'est plus en mesure, avec désormais un Premier Ministre en sursis, d'apporter des solutions à nos problèmes. Le pays ne va pas tarder à réagir, le plus tôt sera le mieux. Donc profitons du mouvement lycéen pour nous lancer, tous ensemble, dans la bataille. Occupons les lycées, les facs, les entreprises, imposons une grève générale jusqu'à la démission de Nicolas Sarkosy ! Une fois celle-ci obtenue, le Président du Sénat, Christian Poncelet, s'installe à l'Élysée pour exercer l'intérim, le temps d'organiser une nouvelle élection présidentielle. Avant le 1er juillet, la France peut être dotée d'un nouveau Président qui assurera la présidence de l'Union européenne. Le parti socialiste étant paralysé par des rivalités internes, nous devons nous adresser aux candidats qui sont déjà susceptibles de mener campagne avec nous, dans la concertation. J'en vois trois, pour le moment, qui ont l'envergure nécessaire, et je les cite par ordre alphabétique : François Bayrou, Ségolène Royal et Dominique de Villepin. A eux trois de nous dire, avec Christian Poncelet, s'ils sont prêts à "nous servir" en nous débarrassant du zozo de Neuilly, d'où il n'aurait jamais dû sortir !

COMMUNIQUÉ "EUROVISION" DE GABRIEL ENKIRI

communiqué de Gabriel Enkiri, ancien militant de Mai 68
Nous venons d'apprendre par une radio périphérique qu'un "chanteur", du nom de Sébastien Tellier, vient d'être sélectionné pour représenter la France à l'eurovision en mai prochain à Belgrade. Ce "chanteur" chantera, nous dit-on en anglais ! Son imprésario justifie ce choix par la nécessité de "s'intégrer en Europe" ! Bravo l'intégration qui consiste à assassiner notre langue ! Cela se passe sous Sarkozy qui s'était engagé, pendant la campagne électorale, à défendre la langue française ! Encore une promesse non tenue ! J'appelle tous les Français, et tous les francophones du monde entier à se dresser contre cet assassinat en direct de notre identité. Et à soutenir les jeunes qui sont déjà dans la rue, et qui nous annoncent peut-être un nouveau Mai 68 lequel sera, paradoxalement, l'envers de celui de 68, puisqu'il se produira dans un contexte totalement inversé : chômage, inquiétude pour le proche avenir, tant pour les retraités que pour les jeunes à la recherche d'un emploi. Tous nos acquis sociaux ainsi que notre langue sont menacés par un "libéralisme économique" débridé qui génère la famine dans les pays les plus pauvres de la planète, consécutive à une spéculation sans précédent sur tous les marchés financiers, comme nous l'a révélé Jérôme Kerviel, que l'on devrait décorer du "Mérite interNational" ! Que les internautes et tous les pratiquants de la langue française se mobilisent immédiatement avec les jeunes et tous les damnés de la terre sous le slogan : "Nous sommes tous des haïtiens " !
paris le 15 avril 2008
blog "les défis de Gabriel Enkiri" http://wwwkerlegan.blogspot.com/

samedi, avril 12, 2008

L'ERREUR DE DE GAULLE

En 1968, pendant le mois de mai, on rencontrait pratiquement tout le monde dans la rue, surtout dans le Quartier Latin. C'est ainsi qu'un soir, je me suis retrouvé nez à nez avec René Capitant, gaulliste de gauche, un des leaders de l'UDT (Union démocratique du Travail), gaulliste historique. Il était député du 5e arrdt, et sortait de la Mairie, Place du Panthéon. Nous nous étions rencontrés plusieurs fois, l'année précédente à Combat, dont le rédacteur en chef était alors Philippe Tesson. J'avais conçu le projet de me présenter aux élections législatives chez moi à Hennebont, avec Jean-Claude Kerbourc'h, qui était journaliste à Combat, et qui, lui, voulait candidater à Quimper. Ne pouvait-on pas faire bloc ? (Il a écrit un livre sur Mai "le piéton de Mai"). J'en avais parlé à René Capitant, qui m'encouragea ! "Je connais bien Hennebont, me dit-il, ça sera amusant, car le député en place, le bon catho centriste Ihuel, est indéboulonnable, comme vous le savez ! Mais ça serait drôle !" René Capitant avait beaucoup d'humour. "Allez-voir Louis Vallon, c'est lui qui s'occupe de "nos" candidatures". Vallon et Capitant étaient inséparables. Gaullistes de gauche, ils n'arrêtaient pas de "flinguer" Pompidou qu'ils détestaient, autant que moi, sinon plus ! Je rendais Pompidou responsable de la situation. Son conservatisme, et surtout le fait qu'il fut autrefois "le gérant de la banque Rothschild" avait permis au parti communiste d'accréditer parmi les travailleurs l'idée que "de Gaulle était l'homme des Rothschild". Et c'était, bien sûr, dommageable, pour de Gaulle ! C'est ce que j'expliquais à chaque fois que j'avais l'occasion de rencontrer René Capitant, ou Maurice Clavel (également gaulliste de gauche) à Combat. J'étais donc allé voir Louis Vallon qui me répondit "Comme vous le savez, nous ne sommes pas en odeur de sainteté à Matignon ! Mais vous pouvez tenter votre chance auprès de Pierre Lelong, qui est député du Finistère, et chargé des candidatures à Matignon ". J'en avais discuté avec Marcel Beaufrère, à l'AFP. Ancien déporté, et ancien trotskiste, Beaufrère, journaliste chargé du secteur social, sympathisait avec les "gaullistes de gauche". Il m'assura que je n'avais aucune chance, les pompidoliens étant particulièrement remontés contre le tandem Vallon-Capitant. (Celui-ci fut soupçonné, en 1968, d'être à l'origine de "l'ignoble campagne menée contre Pompidou", cette fameuse "affaire Markovic", illustrée par des "photos-montage" impliquant Mme Pompidou). Je suis quand même allé voir Pierre Lelong à Matignon, et celui-ci ne m'a pas caché que nous étions "plusieurs" candidats pour Hennebont ! Je n'ai pas insisté... Mais ce soir-là, Place du Panthéon, je dis à Capitant :" Vous voyez, Pompidou..." Il ne me laissa pas poursuivre, connaissant mes sentiments :" Rassurez-vous, me lança-t-il presque en jubilant, le Général va s'en débarrasser !"
Certes, il s'en est débarrassé, mais trop tard ! Il aurait dû le faire en 1967, au lendemain des législatives du mois de mars, sa majorité ne tenant plus qu'à un fil au Palais-Bourbon, grâce aux voix (et aux quelques sièges de l'outre-mer !), l'électorat d'extrême-droite ayant voté au second tour pour les candidats de l'opposition socialiste. Laissant présager ainsi la coalition de toutes les oppositions anti-gaullistes en Mai 68. Aurait-on évité Mai 68 si de Gaulle avait changé de Premier Ministre en 1967, en choisissant une personnalité plus "sociale" ? Un Robert Boulin, ou un Edgard Pisani par exemple ? Difficile à dire, lorsqu'on sait que les deux "puissances" adverses de de Gaulle avaient, elles aussi, rendez-vous avec l'histoire. Car c'est bien l'homme que l'on voulait abattre !

vendredi, avril 11, 2008

MAI 68, UNE ÉNIGME POUR RENÉ RÉMOND ! (4 der)

La dimension internationale a pesé d'une autre façon encore... Il y eut, à coup sûr, influence et contagion de l'étranger. Les étudiants eurent la conviction d'une fraternité avec leurs camarades des autres pays, de Berkeley à Berlin. Ils se sentaient solidaires de Cuba dans sa résistance aux États-Unis. Castro et le Che devinrent des figures emblématiques de la lutte contre l'impérialisme dont les États-Unis étaient le symbole. Reste que ce mélange de contestation, de révolte, d'aspirations révolutionnaires qui formait le bouillon de culture où allait éclore 68 n'était le fait que de minorités : un ou deux pour cent peut-être de la grande masse.

On ne peut que conseiller la lecture de cet excellent ouvrage de René Rémond. Ces quelques extraits concernant Mai 68 suffisent à démontrer que cet historien, pourtant réputé, n'a rien compris à l'événement ! Qu'il est passé à côté, parfois en la frôlant, de sa véritable nature. Pour comprendre une telle "incapacité", il faut remonter, chez René Raymond, jusqu'à l'Affaire Dreyfus ! Nous avons, en effet, ici affaire à cette malheureuse Église de France qui porte toujours sa croix, c'est le cas de le dire ! N'est-ce pas elle, avec son journal... La Croix ! qui fut la plus furieusement anti-dreyfusarde ? N'est-ce pas elle, encore, sans doute dans un esprit de revanche (contre les laïcs) qui se jeta, tête baissée, dans les bras du Maréchal en 1940 ? Ah, la pauvre ! Elle n'a pas fini de les payer "ses erreurs" inoubliables dans notre Histoire contemporaine. Et c'est bien le Général qui l'a sauvée à la Libération contre ceux qui, au PC et ailleurs, rêvaient de lui régler son compte... de la "paponiser" (c'est-à-dire de la passer en jugement devant un Tribunal "à sens unique", où comme à Moscou, vous êtes condamné par avance, contraint même de "plaider coupable" !
Ainsi, nos "historiens" restent-ils "bêtes" devant un événement "incompréhensible", "énigmatique", qu'ils vont réduire, pour sauver la face, à une "grande Fête juvénile" , où il "était interdit d'interdire", c'est-à-dire où l'on pouvait s'éclater sexuellement, en toute liberté, car la "libération sexuelle" triompha également, avec W. Reich et H. Marcuse, dans le Quartier Latin ! J'invite donc le lecteur à prendre connaissance de ma "version" sur ce blog; elle en vaut d'autres, et peut-être même, il se pourrait bien qu'on finisse par lui trouver un "petit air de vérité" !

MAI 68, UNE ÉNIGME POUR RENÉ RÉMOND ! (3)

Deux questions qui demeurent toujours actuelles : le recul du temps n'en a pas avancé la résolution. Peut-il y avoir moins dans les causes que dans les effets ? A ce compte, quelles peuvent bien être les origines d'un tel bouleversement ? L'historien doit se garder d'introduire dans la déconcertante complexité des faits une rationalité qui n'y était pas : 68 est un défi et une défaite de la raison logique qui tente de réintégrer à tout prix l'événement dans un processus rationnel. La leçon vaut sans doute pour d'autres crises et jette un doute sur les explications trop raisonnables de nos révolutions successives.
La signification de l'événement n'est pas un moindre sujet de perplexité : révolution véritable ou simple psychodrame ? Paroxysme d'effervescence idéologique, explosion d'individualisme répudiant tous les systèmes ou vaste élan de solidarité ? Vingt ans après, les interprétations continuent de s'entrechoquer. Quant aux conséquences, les appréciations les plus contradictoires se disputent toujours la prétention d'être la vérité : agitation de surface aux effets aussi vite effacés qu'elle avait surgi ou, au contraire, bouleversement qui aurait transformé irrévocablement le corps social et après lequel rien ne serait plus tout à fait comme avant ?

Les origines
Dans un tel embarras il convient de procéder avec prudence et méthode : reconstituons l'environnement et recherchons les commencements. Sans prétendre établir une échelle hiérarchique, rassemblons tous les éléments dont on peut raisonnablement penser que l'explosion a été la résultante, comme autant de matières inflammables auxquelles il suffisait d'une étincelle pour prendre feu. Le fil conducteur nous est suggéré par l'origine visible du mouvement.
Il a pris naissance dans les universités : plus précisément chez les étudiants... La croissance très rapide du nombre des étudiants, qui a quadruplé en moins de dix ans, transforme complètement les conditions de travail et d'existence des étudiants : ils sont des milliers là où ils étaient des centaines... Leur anxiété ne porte pas sur les débouchés, car à l'époque le plein emploi est à peu près assuré, notamment pour les cadres, et les diplômés n'ont pas de difficulté à se placer. Ce qu'ils craignent, c'est d'être employés à des fins qu'ils réprouvent : ils refusent la logique du marché et de l'entreprise; en particulier les étudiants, fort nombreux en psychologie et sociologie, n'entendent pas devenir les chiens de garde du capital. Quelques-uns de leurs professeurs les entretiennent dans cet état d'esprit et attisent leur inquiétude...
Si la grande majorité des étudiants n'a cependant que des préoccupations immédiates et purement professionnelles, des minorités engagées inscrivent les revendications corporatives dans une perspective générale teintée d'idéologie. Les années 1965-67 connaissent une intense effervescence idéologique qui a préparé l'embrasement de 1968. Cette activité trouve une partie de ses aliments dans des événements extérieurs à l'Hexagone... La révélation en 1956 des crimes de Staline avait commencé de ternir l'image de l'URSS... La répugnance du parti à se déstaliniser et sa lenteur à modifier le mode de direction institué par Maurice Thorez décevait nombre de jeunes étudiants communistes. La crise qui opposait la direction de l'Union des étudiants communistes à l'appareil du parti avait été brutalement tranchée en 1965 par l'éviction des éléments qui aspiraient à un renouvellement... D'où le tour délibérément anti-stalinien du mouvement de 68... La plupart des exclus se tournent vers d'autres formes de marxisme : le trotskisme, qui n'avait jamais touché que des minorités infimes, connaît un succès réel; porté par l'exemple de la Chine qui vient d'entreprendre une révolution culturelle dont on admire de confiance le grand dessein de faire enfin table rase du passé et d'édifier un homme nouveau, le maoïsme fait des adeptes; et même le vieil anarchisme, que tous croyaient mort depuis cinquante ans, connaît un retour de fortune imprévu... (à suivre)

MAI 68, UNE ÉNIGME POUR RENÉ RÉMOND ! (2)

Une énigme
Certes, les deux années précédentes ont été politiquement délicates, mais l'économie poursuit sa progression régulière avec des taux de croissance jamais vus. L'inflation est contenue dans des limites inférieures au taux de croissance. Le niveau de vie s'élève, et toutes les catégories en profitent, même si c'est dans des proportions inégales. Le chômage, avec un taux de 1,5%, ne dépasse guère le seuil de ce que les économistes estiment être la marge incompressible et nécessaire à la flexibilité de l'activité. Le franc est apprécié : le contrôle des changes a pu être totalement supprimé en janvier 1967. Le pouvoir est assuré de la stabilité, les institutions paraissent acceptées, le prestige du général de Gaulle reste grand dans l'opinion, même s'il a été atteint auprès des politiques (c'est moi qui souligne en italique) par ses déclarations de politique étrangère. L'opposition, encore minoritaire, se prépare pour des échéances qu'elle sait encore éloignées : la prochaine n'est pas avant 1972 où prendront fin simultanément le mandat présidentiel et la législature de l'Assemblée; d'ici là, pas de surprise prévisible. Le pays est si paisible qu'il advient à des journalistes de craindre que pareille tranquillité n'engendre l'ennui (ici R. Rémond évoque le célèbre article de P. Viansson-Ponté, dans le Monde "La France s'ennuie").
L'irruption soudaine d'une crise d'une exceptionnelle gravité pose dans toute son ampleur la question de l'explication en histoire : comment donc une agitation des plus réduites à son début a-t-elle bien pu se propager comme un feu de brousse et embraser la société tout entière ? Et, pour user d'une autre image, comment le fleuve a-t-il pu ensuite rentrer aussi vite en son lit ? (à suivre)

MAI 68, UNE ÉNIGME POUR RENÉ RÉMOND ! (1)

René Rémond, né en 1918 (décédé récemment, en 2007) était considéré, selon son éditeur, comme "le maître incontesté de l'histoire politique contemporaine". Dans son ouvrage intitulé "Notre siècle", en sous-titre : de 1918 à 1991, paru en "livre de poche", initialement chez Fayard, il consacre naturellement un long chapitre à Mai 68. Je ne résiste pas au plaisir de le citer car il justifie amplement les recherches de ceux qui, comme moi, souhaitent enfin "comprendre" les événements qu'ils ont vécus. Par deux fois, cet honnête homme a reconnu son ignorance sur des années difficiles, 1947... et 1968 ! Pour un historien, c'est courageux. Les jeunes historiens, tel Patrick Rotman, devraient s'en inspirer. Mais pourquoi René Rémond reste-t-il dans le brouillard ? C'est un catholique bon teint, respecté par ses pairs... qui reste très prudent. Comment se fait-il, alors que la revue Passages, à l'occasion du 20e anniversaire de Mai 68, organise, en 1988, un colloque qui a pour titre " Mai 68 fut-il une révolution juive" ? qu'il n'en fasse même pas état dans son livre qui paraît en 1991 ? En ce 40e anniversaire, j'aurais aimé lui poser la question ! En tout cas, la revue Passages, qui existe toujours, se garde bien - Sarkozy à l'Élysée - d'organiser en 2008, un colloque sur le même thème : on risquerait d'y voir plus clair encore qu'en 1988 !
Voici donc, en guise d'introduction au grand débat sur Mai 68, l'étonnant constat que René Rémond nous propose au chapitre 27 de son livre sous le titre : 68.
" Au moment d'entreprendre le récit de la crise qui secoua la France au printemps 1968 et qui inscrivit ce millésime dans la liste de ceux dont l'énoncé suffit à évoquer un climat et une situation exceptionnels, l'historien se trouble et s'embarrasse : il a le sentiment de perdre pied en présence d'événements que rien n'annonçait et dont l'irrationnalité déconcerte. Éclate alors avec une soudaineté qui n'a d'égal que la violence et l'ampleur une tempête qui bouleverse le paysage politique et idéologique, paralyse l'activité, ébranle le pouvoir, et fut à deux doigts d'emporter le régime et de ruiner les institutions. Or rien ne laissait pressentir l'imminence de la tourmente : d'ordinaire, quelques grondements souterrains ou quelques fumerolles dans le ciel annoncent le réveil proche d'un volcan. En 1968, rien de tel : tout est calme et repose en paix. (à suivre)

COMMUNIQUÉ "ANTI-ROTMAN" DE GABRIEL ENKIRI

A l'occasion du 40e anniversaire de Mai 68, les témoignages et les récits se multiplient. Patrick Rotman nous a donné sa "version" de cet événement historique dans un film-document mystificateur, forcément mystificateur, puisqu'il s'agit d'occulter la véritable signification de ces événements, notamment leur cause et leur origine. Aucun historien, digne de ce nom, n'a encore donné une analyse pertinente et crédible de cet étrange mois de Mai que l'on s'efforce de rendre incompréhensible en le transformant en une sorte de "grande fête printanière pour adolescents boutonneux " surexcités par l'approche des examens et recherchant la "plage" sous les pavés !
Au moment où le minable locataire de l'Élysée, tournant le dos à la politique du Général de Gaulle, tente d'entraîner la France dans une nouvelle guerre coloniale en Asie - sous la houlette de Washington - j'expose sur mon blog ma propre analyse des événements qui jalonnent l'histoire de notre pays depuis la Libération, et qui obéissent à une formidable logique ! Pour en découvrir le "fil rouge" qui les relie les uns aux autres, il fallait venir à la fois de Bretagne et de Palestine... pour se retrouver quelque temps plus tard.... au coeur de la "Fête printanière" du Quartier Latin ! Les internautes peuvent donc enfin découvrir sur mon blog les véritables objectifs de Mai 68 qui n'a jamais été un "mouvement révolutionnaire". Il leur revient d'interpeller les "historiens" en exigeant d'eux une réponse à cette démonstration que les premiers lecteurs (de plus en plus nombreux) estiment fondée et crédible.
Sur mon blog http://wwwkerlegan.blogspot.com/ vous trouverez donc l'essentiel de ma "thèse" que je n'ai cessé d'affiner au fil de mes réflexions et d'une mémoire rétrospective accumulée dans l'action de ce "joyeux" printemps...
L'erreur de de Gaulle
Mai 68, une énigme pour René Rémond ! (4 posts)
Patrick Rotman encore un effort ! (six posts)
Mai 68 l'analyse de Gabriel Enkiri (4 posts + 2 Ps)
Réponse à Gabriel Enkiri à propos des Juifs
Article paru dans Le Monde, à l'occasion du "20e anniversaire" le 12/7/1988 sous le titre "Mai 68 fut-il une révolution juive ?"
Le délire ashkénaze-sépharade en Mai 68 (5 posts).... et bien d'autres articles "éclairants"...
A lire également mon ouvrage paru chez Lulu éditions "Israël-Palestine vers un seul État ?" http://www.lulu.com/content/1883129
Paris, le 11/4/2008

jeudi, avril 10, 2008

PATRICK ROTMAN ENCORE UN EFFORT ! (6der)

Le comportement et l'attitude du PC français, en Mai 68, sont parfaitement révélateurs de sa "prescience" : pour lui le mouvement n'était pas révolutionnaire (il ne pouvait pas l'être puisqu'il n'en était pas l'inspirateur). Et s'il n'en était pas l'inspirateur, le mouvement ne pouvait être dirigé... que contre lui ! En outre, à Moscou, les dirigeants soviétiques comprenaient parfaitement que la chute du Général de Gaulle laisserait la place à un Mitterrand ou à un quelconque partisan de l'alliance atlantique, c'est-à-dire réinstallerait à Paris la IVe République ! Le mouvement ayant démarré chez les étudiants, à Nanterre, Censier ou la Sorbonne, fut aussitôt considéré par les communistes comme un mouvement hostile. Ce sont, en effet, les étudiants communistes, qui avaient été exclus du parti, en 65-66, avec Krivine, Bensaïd et quelques autres, qui en étaient les animateurs. Ceux du 22 mars à Nanterre, avec Cohn-Bendit, ce "juif allemand" (dixit l'Humanité), carrément hostiles au PCF, nourrissaient également leur suspicion, au point que l'on peut se demander aujourd'hui si le PCF n'a pas déclenché, via la CGT alors dirigée par des membres de la direction du parti, le mouvement de grèves (parti de Saint-Nazaire pour remonter rapidement vers la capitale, via Renault-Flins et Billancourt) en vue d'endiguer le mouvement étudiant (qu'il ne contrôlait pas - de même des grèves dites "sauvages", c'est-à-dire hors contrôle des syndicats, y compris de la CGT, s'étaient produites en 1967)... Déjà, en 1947, le PCF, lors de la fameuse grève Renault, déclenchée par des militants trotskistes, fit volte-face... pour l'étendre au pays afin d'en reprendre le contrôle. Stratégie classique au PCF lorsque le mouvement démarrait dans un coin en-dehors de sa sphère d'influence. Je me souviens que, lorsque nous nous rendîmes à Billancourt à la rencontre des ouvriers en grève, le service d'ordre de la CGT nous en empêcha. Toutes les portes de l'immense "forteresse ouvrière" étaient cadenassées ! A coup sûr, "ceux qui venaient de Paris" (des maos, des gauchistes, des trotskistes) étaient des adversaires. Des bagarres éclatèrent. L'ennemi, pour la CGT, c'était bien l'étudiant "gauchiste". Indéniablement, de même que l'on retrouva dans le pays une forte animosité de la province contre la capitale (qui se traduisit par un raz-de-marée pro-gaulliste aux législatives de juin), un antagonisme entre le PCF (à base ouvrière, en province jusqu'en région parisienne) se manifesta contre ces "étudiants" privilégiés, fils de bourgeois, emmenés par des "maoistes" que les militants du PC considéraient (à juste titre) comme des anti-communistes... qui finiraient dans la peau de patrons ! C'est pourquoi l'on évoqua, à ce moment-là, une complicité "objective" entre de Gaulle et le PCF ! Ce qui n'est pas complètement faux, à mes yeux. Des contacts secrets eurent lieu entre le gouvernement (Jacques Chirac, collaborateur du Premier Ministre Georges Pompidou!) et les dirigeants de la CGT (Georges Séguy !). A la demande du Premier Ministre, le patronat fut contraint d'accorder de substantielles hausses de salaires et divers autres avantages. Le travail reprit, et la "disparition" de de Gaulle (à Baden-Baden), puis la dissolution de l'Assemblée prononcée par le Général, fit le reste. Cependant, de Gaulle tombait un an plus tard (en 1969) et le PCF entamait une nouvelle phase de déclin, cette fois définitive. Mai 68 parachève par conséquent la victoire des Anglo-Saxons (on sablait tous les jours le champagne à l'ambassade d'Angleterre, ma raconté un témoin) et à l'ambassade d'Israël, j'imagine que l'on devait savourer tout autant ces moments délicieux. "Mai 68 fut notre revanche contre de Gaulle", a écrit l'un des dirigeants sionistes parisiens. Je ne sais pas si Patrick Rotman nous parle de tout cela dans son film-document (sic). Ne l'ayant pas vu, il m'est difficile d'en parler. Néanmoins, je doute que sa version des événements corresponde à la mienne ! Pourtant, qui sait ?, un juif parisien, qui fut étudiant à la Sorbonne en Mai 68, nous donnera peut-être un jour une version des événements... plus proche de la mienne ? Quarante ans ont passé, les deux forces dominantes sont désormais aux prises avec les masses asiatiques qu'il leur faut intégrer dans "leur monde à eux". D'où cette formidable redistribution des cartes qui agite les places financières, la "crise" n'étant finalement qu'un moyen utilisé pour éliminer des concurrents, et reconstruire des alliances dominantes. Après le Japon, la Chine, le mastodonte, obsède. Pour qui travaillent les agitateurs du Dalaï-Lama ? Ils ne le savent pas eux-mêmes ! Comme nous, nous ne savions pas pour qui "on travaillait" en Mai 68 ! Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que l'on s'écrie :" Bon Dieu, mais c'est bien sûr" !

PATRICK ROTMAN ENCORE UN EFFORT ! (5)

Comme on le voit, deux grandes puissances, toutes deux à prétention hégémonique mondiale, l'anglo-saxonne et la juive, vont se retrouver au coude à coude dans une opposition double, d'une part, contre le "communisme soviétique" qui a fait son temps, et qui doit disparaître pour permettre l'unification du monde juif, d'autre part contre une France gaullienne qui résiste à la domination anglo-américaine. Et c'est donc à Paris que va se concentrer l'offensive - que l'on pourrait qualifier de "lutte finale" - contre les deux archaïsmes (aux yeux de nos "chers alliés") : le "soviétisme" et le "gaullisme". Ce qui nous permet aujourd'hui de tenir Nicolas Sarkozy pour un sinistre crétin, ou pour un agent stipendié de Washington ! On ne voit pas comment ce zozo peut se dire "gaulliste" en se rangeant comme il le fait dans le camp américain : ou bien il n'a rien compris à la politique que menait le général de Gaulle, ou bien son addiction à l'Oncle Sam, digne d'un émigré de l'Est, lui dicte, très consciemment, de réintégrer le bercail atlantique sous la direction de Washington. En tout cas, sa réintégration dans le commandement de l'OTAN, et qui plus est, à l'occasion d'une expédition en Afghanistan (où la France n'a rien à faire) menée par les Américains soi-disant contre le "terrorisme"- quel terrorisme ? L'irlandais ? le basque ? le corse ? le tchéchène ? le tamoul ? le farc ? le FLB ? (on ne voit pas ce que le traité de l'Atlantique-Nord, conclu en 1949 contre le bloc soviétique, vient faire là-dedans) met un terme à la résistance gaullienne de la France, cinquante ans après Mai 58 - l'année où le général commença le redressement de la France. Dix ans plus tard, en Mai 68, quelques mois après la "guerre des Six Jours", l'assaut fut donné à Paris par les deux puissances dominantes en Occident, alliées par une ambition complémentaire, contre les deux "archaïsmes". (à suivre)

PATRICK ROTMAN ENCORE UN EFFORT ! (4)

Quel est l'objectif des Juifs américains en 1967 ? Mettre fin à la guerre du Viet-Nam. Pourquoi ? Parce que cette guerre maintient la division du monde en deux blocs, puisqu'elle permet aux dirigeants soviétiques de mobiliser un formidable mouvement pour la paix anti-américain, ce qui rend difficile, sinon impossible le passage des Juifs soviétiques à l'Ouest. Encore que, nous le savons maintenant, l'ancien dictateur Ceaucescu en Roumanie, servait de passeur, grassement rémunéré, après avoir conclu un accord avec les dirigeants israéliens. Mais la guerre du Viet-Nam n'a plus de raison d'être. Avec le recul, nous voyons bien qu'elle fut une erreur, commise par John Kennedy qui l'a initiée. Sans cette guerre, l'URSS aurait probablement disparu dix ans plus tôt (non pas en 1991, mais en 1981, devant le soulèvement des peuples de l'Est : Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie etc.). Après les Accords de Paris (1973-1974) qui mettent fin à la guerre, les choses vont vite. La glaciation Brejnev n'est que l'ultime étape d'une URSS moribonde. Gorbatchev, en 1985, disposant enfin de tous les pouvoirs, mettra cinq ans à liquider le régime, après l'échec de ses réformes inopérantes. Revenons à de Gaulle qui défie les Anglo-Saxons (NON à l'adhésion de l'Angleterre au Marché Commun, retrait du commandement de l'OTAN, expulsion des bases américaines en France, retour de la France dans le monde arabe, notamment au Proche-Orient). Après la Conférence de presse de juin 1967 dans laquelle il dénonce "un peuple juif, peuple d'élite, sûr de lui et dominateur", et l'embargo sur la vente d'armes aux pays belligérants de la région (y compris Israël) il devient l'homme à abattre, tant pour les Juifs que pour les Anglo-Saxons. Récemment, lors de sa venue à Paris, Shimon Pérès rappelait que "c'était la France qui nous avait aidés le plus" en 47-48, et que c'était elle qui avait permis à Israël de se doter de la bombe atomique... On imagine la fureur (et la colère) du gouvernement de Tel Aviv devant un tel renversement ! Aux États-Unis, sur les campus la lutte contre la guerre du Viet-Nam a pris de l'ampleur, et l'anti-gaullisme atteint son apogée dans le monde anglo-saxon, lors du voyage triomphal de de Gaulle au Québec, en 1967 ! Ici, nous replongeons dans l'histoire de l'Amérique où l'Angleterre expulsa la France du continent américain, à l'issue de la Guerre de Sept Ans, en 1763 : le Canada réveille de "méchants" souvenirs, tant à Londres qu'à New York. Les Français du Québec, on le sait, furent déportés en Louisiane par les Anglais, et le retour de ce Français, remontant le Saint-Laurent, avait de quoi donner des boutons de l'autre côté de la Manche ! Nous voici aux origines de Mai 68, camarade Rotman ! (à suivre).

PATRICK ROTMAN ENCORE UN EFFORT !(3)

Pour ceux qui lisent mon blog, il est évident que c'est la mort de Staline (en 1953), ce tyran idôlatré par les Juifs (Mme Veil n'oubliera jamais que ce sont les armées du "génial" Staline qui nous a "libérés" des camps de la mort) qui va permettre le basculement du monde juif à l'Ouest. (On peut d'ailleurs se demander si Beria, qui était juif, et qui s'est vanté d'avoir assassiné Staline, n'a pas agi "en concertation" avec la diaspora : n'était-il pas à la tête des services secrets "soviétiques" implantés en Occident... et en Israël ? Ne s'est-il pas empressé de libérer les Juifs du Goulag où Staline, après "le complot des blouses blanches", dénoncé en octobre 1952, avait commencé de les déporter ?). En tout cas, le "choix des Juifs" devient désormais américain. Mais aux États-Unis, le mac carthysme, s'alimentant aux sources de la grande amitié "américano-soviétique" de l'époque rooseveltienne, où s'illustrèrent nombre de Juifs américains, fait des ravages. Les époux Rosenberg en sont les victimes... en juin 1953, soit trois mois après la mort du tyran ! Il faut, de toute urgence, briser cela, d'autant qu'en 1956, le nassérisme triomphe sur la canal de Suez ! Le procès Eichmann, à Jérusalem, en 1961, enclenche le grand mouvement de conditionnement des médias occidentaux, notamment américains, où le "génocide des juifs" prendra toute sa place sur le petit écran, avec une série de films toujours plus prégnants (Holocauste, Shoa etc.). A ce sujet, il est particulièrement instructif de comparer les films américains (et français) sur la guerre et l'après-guerre, tournés dans les années 45-50, avec ceux de ces dernières années ! En 1967 donc, la diaspora prend conscience, après la "guerre des Six Jours" que les "lendemains qui chantent" ne sont plus loin, et qu'il reste un obstacle majeur sur la route de la Grande Fête juive : le PC français encore puissant, et ce de Gaulle qui s'est mis en tête de résister au bloc anglo-saxon ! (à suivre)

ENCORE UN EFFORT PATRICK ROTMAN ! (2)

La retentissante victoire de "Tsahal" (l'armée "sacrée" d'Israël !) sur les "méchants arabes" (soutenus par Moscou) a soulevé, je l'ai dit, et ça n'est plus contesté, tout le monde juif, de... Moscou à Los Angeles contre la "séparation" qui leur était encore infligée par l'existence, de moins en moins supportable, de deux blocs antagonistes qui leur interdisaient de "faire la fête" dans les grandes retrouvailles de la mondialisation" qui se dessinait à l'horizon. Ceux de l'Est, les refuzniks, soutenus et financés par ceux de l'Ouest, réclamaient de plus en plus fort les visas de sortie. Le "choix des Juifs" (pour reprendre le titre du livre de Jean-Jacques Servan-Schreiber), c'est-à-dire la rupture avec le "communisme soviétique" date, répétons-le, de 1949 lorsque Ben Gourion, le 1er chef de l'État sioniste, a choisi les USA, après avoir bénéficié de l'aide maximale de Staline pour arracher la terre aux Palestiniens, le despote géorgien s'étant imaginé, depuis l'invasion de l'URSS en 1941, que les Juifs allaient sauver "la patrie du socialisme" (sic), et lui permettre de chasser enfin la Grande-Bretagne du Proche et du Moyen-Orient. Mais, pour construire son État, Ben Gourion avait besoin de plusieurs millions de dollars, et les caisses de Staline étaient vides ! Rétrospectivement, on peut dire que la création d'Israël condamnait l'URSS à mort, puisque les Juifs allaient inévitablement se rallier, assez rapidement, à l'entreprise sioniste ! Ben Gourion, qui était parfaitement informé sur l'Est comme sur l'Ouest, installa, on le sait, son QG, dès 1945, à l'Hôtel Royal-Monceau, près du Parc du même nom, devinant que Paris serait "la capitale à prendre". Du point de vue stratégique, comme en 1968 !, la "politique arabe" de la France, constituait un obstacle majeur, d'autant que le Général de Gaulle ambitionnait de redonner à la France un rôle mondial alors que pour les Juifs la direction du monde était dévolue au bloc anglo-saxon, vainqueur de la "seconde" guerre mondiale. Pour comprendre Mai 68, mon cher Patrick, il faut remonter jusqu'à Yalta, et la création de l'État juif en 1948, suivie de la rupture "finale" avec le "communisme" qui en découla... (à suivre)

ENCORE UN EFFORT PATRICK ROTMAN ! (1)

Je n'ai pas regardé le film de Patrick Rotman sur Mai 68. Trop classique, trop conventionnel, même si, d'après ce que j'ai lu, il a choisi, à juste titre, d'internationaliser le mouvement. Il n'en sort rien, qu'une succession d'images "mondialisées", sans donner la moindre explication. Pourtant, il a tout pour "comprendre" et donner un sens à l'histoire de ce 20e siècle. N'était-il pas, à la Fac, un jeune trotskiste (ashkénaze) membre du groupuscule "kriviniste", en 1968 ? Ses parents n'ont-ils pas été de parfaits résistants, membres du parti communiste (le plus stalinien du monde) ? Bref, nous avons là, ce que j'appelle les "rejetons" de la génération "Kriegel", cette chère Annie qui jouait les "Anna Pauker" à Paris à la Libération, auprès de Maurice et de Jeannette, et ensuite, excluant à tour de bras les "oppositionnels"... avant de rallier Israël, en criant "Israël vaincra" ! Voilà qui devrait donner à Patrick Rotman, un jour, envie de nous raconter une "autre histoire", plus vraisemblable, plus crédible... Je vais essayer de le mettre sur la bonne voie...
Une certitude désormais : Mai 68 est venu des States, des campus universitaires luttant contre la guerre du Viet-Nam. Ce mouvement n'a donc rien de "révolutionnaire". Jamais il n'a été question, aux États-Unis, de "lutter contre le capitalisme" ou de "renverser" le régime américain, pour y substituer un "régime socialiste" ! Si le mouvement n'était pas révolutionnaire, s'il n'avait pas à sa tête un "parti révolutionnaire", qu'était-ce donc ? Qui l'animait et l'impulsait ? Lorsqu'on connaît le nationalisme et le patriotisme des Américains (on le voit aujourd'hui encore à propos de l'Irak où l'armée des "boys" est intouchable) on se doute qu'il en allait de même pour le Viet-Nam, d'autant que là-bas les "boys" luttaient contre le "communisme" ! Qui donc pouvait déclencher un formidable mouvement "anti-guerre du Viet-Nam" sur le sol américain ? Pour le découvrir, il faut naturellement, comme l'a fait Patrick Rotman, donner au mouvement sa dimension internationale... et revenir à Israël qui vient de remporter une victoire triomphale sur les armées arabes (juin 1967) et Nasser, ce champion du nationalisme arabe qui rêvait, de l'autre côté du canal de Suez, d'en "finir avec l'État sioniste" ! (à suivre)

mercredi, avril 02, 2008

LE DÉLIRE ASHKÉNAZE/SÉPHARADE EN MAI 68 (5der)

En Mai 58, de Gaulle revient. Et paradoxalement, ceux qui attendent beaucoup de lui, ce sont les partisans de "l'Algérie française"... et les Israéliens ! Ben Gourion, en personne, vient rencontrer le Général et lui dit :" La France et Israël ont le même adversaire, mon Général : le nationalisme arabe, avec son leader, Nasser, qui nous a infligé, il y a tout juste deux ans, un grave échec à Suez". Les entretiens se déroulent dans un bon climat. Mais très vite, de Gaulle, qui veut redonner à la France son auto-détermination (par rapport aux Américains) comprend qu'il doit se débarrasser du boulet algérien. D'autant qu'Israël est désormais dans "la main des Américains". Dès lors, de Gaulle n'est plus "intéressant". Une fois solutionné le "problème algérien" (1962), on va raccompagner, dès que possible, le Général à Colombey-les-Deux-Eglises. Survient l'attentat (presque réussi) du Petit-Clamart qui va lui donner l'occasion de déjouer le plan de ses adversaires en proposant aux Français l'élection du Président de la République au suffrage universel. La suite coule de source. Charles de Gaulle n'est plus dans le "sens de l'histoire" (à direction américaine). En 1967, il devient "l'homme à abattre". Il a osé défier l'Amérique jusqu'au Québec, jusqu'au Cambodge, et Israël ! Tous les adversaires du Général vont se coaliser en plein Paris contre lui, et c'est dans ce contexte où les Juifs ashkénazes et sépharades vont fusionner dans une sorte de délire collectif anti-gaullien, entre la Sorbonne et Odéon. Jamais il n'a été question de faire la Révolution ! Jamais le mouvement de Mai 68 ne fut un mouvement "marxiste" ! Ni Krivine, ni Cohn-Bendit, ni Geismar, ni Arlette (le masque d'un certain Robert Barcia), ni Lambert n'étaient des "révolutionnaires". Ce sont les deux fractions du monde juif, jusque là contraintes de rester dans l'ombre (de marraner en somme), qui vont, dopées par la guerre des Six-Jours et le Vent d'Ouest venant d'Amérique, vivre leur lune de miel sur le pavé parisien, se muer "en juifs glorieux" comme dit l'autre, prendre leur revanche, en fait, sur le PC français (pour les "trotskystes" ashkénazes), et sur de Gaulle pour les "pieds-noirs" sépharades. La "chienlit" avait deux têtes qui, soudainement, n'en faisaient plus qu'une ! Voilà pourquoi, quarante plus tard, on se retrouve dans les studios de la radio-télévision pour commémorer une "Fête un peu foldingue" dont tous les acteurs ont, par la suite, fait de belles carrières audio-visuelles... et patronales ! (fin ?)

LE DÉLIRE ASHKÉNAZE/SÉPHARADE EN MAI 68 (4)

Pourquoi, en 1955, un ancien militant du PC, à bout d'arguments, et bouillonnant de colère, me traite-t-il de "sale juif" ? Là encore, je n'ai pas compris. Certes, je défendais bêtement, comme on le faisait à l'époque, "la politique du Parti" - mais le débarquement à Belgrade de la troïka soviétique déclarant à Tito :" On s'est trompé, camarade, tu n'étais pas un "fasciste", mais un excellent communiste !" avait de quoi en rendre furieux plus d'un ! Et je suis resté sans voix dans l'atelier, face aux gars qui se marraient doucement, au pied de leur machine. "Le jeunot en a pris plein la gueule, et s'il est juif, ça lui apprendra à nous faire la leçon, à nous répéter que le parti a toujours raison, le parti ne se trompe jamais ! C'est que les anciens, ils en avaient de drôles à raconter... Est-ce aussi le fait qu'un Juif, Pierre Mendès France, trônait à Matignon ? Que dans la cellule de mon quartier, dans le 17e arrdt, nombreux étaient ceux qui le trouvaient "intéressant" ? Le secrétaire de section, un brave type, m'apprit alors que ces camarades (des pinailleurs!) étaient juifs, et que le Parti avait déjà eu des problèmes avec eux, quelques années plus tôt (lors du passage à l'Ouest d'Israël). Peut-être lui aussi trouvait-il, qu'avec un nom pareil, j'en étais un ? Je lui récitai alors ma leçon pour le rassurer :" Mendès France est le représentant du néo-capitalisme, et le journal Le Monde est son porte-parole". (Ce qui d'ailleurs était exact). Je me rends compte, cinquante ans plus tard, avec le risque d'un brouillage de mémoire, que, néanmoins, ce monde juif est souterrain, occulté, marrane pourrait-on dire jusqu'à l'avènement de la Ve République, jusqu'au retour au pouvoir du Général de Gaulle (à suivre)

LE DÉLIRE ASHKÉNAZE/SÉPHARADE EN MAI 68 (3)

Il est bien évident que ces "grandes stratégies" échappèrent à l'opinion plongée, en ce temps-là, dans les difficultés quotidiennes de l'existence et de la reconstruction. Pour en avoir un écho, il fallait bien sûr être membre, soit du parti communiste, soit du parti socialiste. Et plus précisément à Paris, où les Juifs étaient nombreux dans ces deux partis "frères". En province, excepté peut-être dans les grands ports où se déroulaient l'action contre la guerre d'Indochine et la mise en place de "l'opération Exodus" - cette dernière avec le soutien des organes de presse régionaux - on ne les percevait pas. J'en ai eu, personnellement, un écho après coup, lorsque, entré à la SNECMA, en 1955, les anciens du Parti me racontèrent (moi qui étais disposé à les écouter, ce que ne faisaient plus les responsables du PC) les étonnantes années de la Libération et de l'immédiat après guerre, avec les Ministres communistes au gouvernement, dont Charles Tillon, "leur" ministre de l'Air (et de la SNECMA !). L'incompréhension régnait à propos de ces années encore fraiches, épisode conclu (en 1950) par un spectaculaire lock-out de l'usine, et les chars sur le boulevard Kellermann, envoyés par le ministre (socialiste) de l'intérieur Jules Moch ! Souvent j'entendais dans leur bouche "Nous avons été sacrifiés". Ce qui expliquait leur rancoeur. Ils mettaient en cause "la politique de Moscou" et le "suivisme aveugle" du PCF. Je l'ai déjà dit, c'est au parti communiste que j'ai "découvert" l'existence des "juifs". Et cela me semble significatif. Le "communisme", dès le départ, ne pouvait que les attirer. Lorsque Marx disait "les prolétaires n'ont pas de patrie", eux entendirent "les Juifs n'ont pas de patrie", ce qui était vrai du temps de Marx, sauf que les États allemands, unifiés par Bismarck, accouchèrent d'un formidable État national qui devint ipso facto"leur"État. La suite, on la connaît. Ce qui me permet de remonter jusqu'à l'Occupation que j'ai vécue enfant, en Bretagne. Lors d'une discussion assez vive avec des soldats allemands, entrés dans le jardin, j'entendis l'un deux proférer avec un accent teuton :" Juif... pas français !". Pourquoi cette sentence injurieuse balancée devant ma grand-mère dans son tablier breton, et la coiffe ? Je me perds en conjectures... Etait-ce parce qu'ils venaient d'en face, de cette grande villa réquisitionnée par les Allemands, et que l'un d'eux avait eu vent de la "dénonciation", et de l'enquête en cours ? Je ne saurais le dire, et sans doute le saurai-je jamais. Ce n'est que bien plus tard que mon frère aîné m'apprit que nous avions été dénoncés comme juifs ! En tout cas, les "juifs" sont entrés dans ma vie... sous l'Occupation ! (à suivre).

LE DÉLIRE ASHKÉNAZE/SÉPHARADE EN MAI 68 (2)

Au printemps 47, la France et l'Angleterre signent donc à Dunkerque un "traité d'assistance mutuelle". Les deux signataires, Bevin pour l'Angleterre, Bidault pour la France, sont tous deux hostiles à un État juif en Palestine. Le gouvernement britannique (travailliste) compte sur le gouvernement français, dirigé par le parti "frère", le parti socialiste SFIO, et sur le Président de la République française, le socialiste Vincent Auriol, pour faire échec aux sionistes en Palestine. La lutte, comme on le voit, comme en 1968, est "internationale". Lorsque Shimon Pérès parle de l'aide de la France dans ce moment critique, il oublie de mentionner... l'aide soviétique qui fut, celle-là, décisive ! La formidable mobilisation sioniste-communiste se met en branle dès l'annonce par l'Angleterre qu'elle va "confier" à la nouvelle Assemblée internationale, l'ONU, héritière de la SDN, le soin de décider du sort de la Palestine. Il est admis aujourd'hui que les grandes grèves de 1947, dites "insurrectionnelles", qui ont eu lieu tant en France qu'en Italie, déclenchées par les "communistes" n'avaient nullement pour but de prendre le pouvoir en France et en Italie. Staline se méfiait trop des Européens de l'Ouest, avec son Vatican anti-communiste, et qui, intégré dans une Europe "soviétisée" !, aurait pu soulever toute l'Europe contre Moscou, à commencer par la Pologne catholique que le despote oriental était, précisément, en train de "digérer" - avec beaucoup de difficultés malgré, ou peut-être à cause de l'aide que lui apportaient les sionistes dans son entreprise d'annexion à l'Est ! En revanche, au Proche et au Moyen-Orient, le terrain se révélait beaucoup plus favorable aux grandes manoeuvres susceptibles de chasser l'Angleterre d'une région qu'elle dominait depuis des siècles ! C'est pourquoi, Paris est devenue la "plaque tournante" de la stratégie soviétique, avec son puissant PC, accolé au QG sioniste installé par Ben Gourion dans la capitale française dans le but de "séparer" la France de son "allié" britannique. Dans ces conditions, ne valait-il pas mieux être en dehors du gouvernement, que dedans ? Comment soutenir les sionistes et les soviétiques en restant membres d'un gouvernement allié à celui de Londres ? La "solidarité" gouvernementale a volé en éclats, entre "communistes" et "socialistes", en raison de la pression internationale, marquée par l' offensive conjointe de Moscou et de Tel Aviv contre l'impérialisme "franco-britannique" qu'il fallait déloger de la rive sud de la Méditerranée. Ce qui fait dire aujourd'hui à Bertrand Delanoë, qui a plus que jamais besoin des voix bien-pensantes pour conquérir le PS... que les sionistes ont été des "acteurs décisifs" de la lutte contre l'impérialisme ! (sic) (à suivre).

mardi, avril 01, 2008

LE DÉLIRE ASHKÉNAZE/SÉPHARADE EN MAI 68 (1)

A ceux qui doutent encore de l'exceptionnelle participation juive au mouvement de Mai 68 en France, je leur demande de bien réfléchir - avec le recul, c'est saisissant ! - à partir des faits que l'on peut qualifier d'historiques. Shimon Pérès vient de nous rappeler qu'à la fin de la seconde guerre mondiale, "c'est la France qui nous a aidés le plus au moment décisif, en 1947-48". On sait que c'est la politique de Staline, dont le PC français était le plus fidèle exécutant, qui imposa à celui-ci une alliance totale, absolue avec les sionistes contre l'Angleterre qu'il fallait expulser du Proche-Orient, d'où l'incroyable mise en scène de ce bateau, rebaptisé Exodus, que l'on exhiba, de port en port (tous ces ports étant contrôlés par le PC, la CGT des dockers monopolistique... et le smerch, les services de renseignements de l'armée soviétique, ce qui permettait à Moscou d'organiser la lutte contre la guerre d'Indochine dès le sol français !) au nez et à la barbe des Anglais, dénonçés comme d'affreux impérialistes... antisémites, alliés des Français dans la défense de leurs Empires - au point que le général Marshall, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de Truman, alerté par les Britanniques (Churchill et les travaillistes) renversa sa politique en faveur des Arabes qui combattaient (avec la monarchie saoudienne) le projet sioniste ! Lorsque René Rémond nous dit que "1947 fut une année bien étrange, et que les historiens se divisent encore aujourd'hui quant à son interprétation" je me permets d'affirmer en ce début de 21e siècle qu'il y a entre 1947 "cette étrange année", et 1968 "cette non moins étrange année" un point commun... qui s'appelle Israël ! Par deux fois, en moins de vingt ans, le sionisme guerrier s'invite dans l'histoire de France ! (à suivre)

ARTICLE PARU DANS LE MONDE (12/7/1988)

20 ans après, la revue Passages organisait un colloque sur Mai 68 et Le Monde pouvait titrer :
Mai 68 une révolution juive ? Aujourd'hui, 40 ans après les événements, on bavarde, on bavarde, on plaisante, on prend un verre ensemble : "c'était une bonne blague, hein ?"

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